Traverser l'incertitude économique avec Petit Hurricane


Édition du 06 Septembre 2023

Traverser l'incertitude économique avec Petit Hurricane


Édition du 06 Septembre 2023

Par Dominique Talbot

La réouverture complète de l’économie a évidemment été porteuse de bonnes ventes. L’environnement économique actuel amène toutefois son lot d’incertitudes. (Photo: 123RF)

FOCUS RÉGIONAL. Jennifer Duff avait une carrière « qui allait très bien » et un salaire qui était « très bon ». Mais l’envie de se lancer en affaires et d’ouvrir sa propre boutique était encore plus forte. Alors elle l’a fait. En pleine pandémie, alors que les commerces étaient fermés, et avec un jeune garçon né en 2018.

D’abord, une idée. « Je trouvais qu’il n’y avait pas de boutiques dans le nord pour acheter une poussette, des produits pour bébés. Mais aussi pour relaxer avec une ambiance intéressante. Un endroit où sentir que mon garçon n’était pas de trop. »

Ensuite, l’envie d’être entrepreneuse. « Quand la COVID a commencé, j’étais directrice dans un spa. On a été arrêtés à 100 %. Ça faisait un an que je disais que je voulais ouvrir une boutique, quelque chose à moi. J’avais souvent géré des équipes, mais je n’avais jamais rien eu à moi. » 

Résultat : le 25 août 2020, elle ouvre à Prévost les portes de la boutique Petit Hurricane. À la fin de l’année, elle affiche un chiffre d’affaires de 160 000 $. En 2021, ce chiffre passe à 795 000 $. Puis, en 2022, elle franchit le million. Cette année ? « Nous sommes en route pour un chiffre d’affaires de 1 350 000 $ », dit Jennifer Duff. « Nous avons une croissance de 25 % par année », ajoute-t-elle.

Cette croissance lui a permis d’ouvrir en 2022 une deuxième succursale, à Mirabel, qui est près de quatre fois plus grande que la boutique de Prévost, qui couvre 700 pieds carrés.

Malgré tout, ces bons résultats cachent les difficultés liées au commerce de détail en pleine pandémie. En effet, après avoir déniché le local de Prévost en deux semaines, il fallait bien y placer des produits à vendre. Et donc, trouver des fournisseurs prêts à lui faire confiance dans cette période trouble. « Les fournisseurs qui montraient une certaine ouverture demandaient un paiement avant la livraison. Non pas 30 jours après la livraison, se rappelle Jennifer Duff. On a commencé vraiment petit, mais on a plein d’entreprises qui nous ont fait confiance avec lesquelles nous travaillons encore aujourd’hui. »

 

Faire les bons paris 

La réouverture complète de l’économie a évidemment été porteuse de bonnes ventes. L’environnement économique actuel amène toutefois son lot d’incertitudes, alors que dans la province, les ventes totales dans le secteur du commerce de détail passent du vert au rouge d’un mois à l’autre.

« On essaie de faire des prévisions justes et par rapport à ce qu’on aimerait. On sait qu’une récession s’en vient, analyse Jennifer Duff. Dans le contexte actuel, c’est difficile de faire des prévisions pour six mois. Il faut le faire presque au jour le jour et c’est le plus difficile. On fait alors des prévisions court terme, et on se réajuste », ajoute-t-elle.

Aussi, pour une marque comme Petit Hurricane Co., qui réalise entre 65 % et 70 % de ses ventes en magasin, la gestion des stocks était, et est encore aujourd’hui, une question de survie qui revient constamment. « Un gros stock, qui parfois reste jusqu’à 90 jours, c’est très dur sur les liquidités. On cherche un roulement de 15 à 20 jours. On a une réalité où il faut harmoniser les attentes de notre clientèle avec notre réalité. Et ça, c’est à repenser chaque jour », confie-t-elle.

« Notre top 10 de produits qui sort beaucoup, nous l’avons toujours en magasin. Ensuite, il faut bien gérer les stocks de produits saisonniers. Le plus gros travail, c’est ça. Prendre les bonnes décisions de gestion du stock. »

Pour l’entrepreneuse, au-delà de tous ces paramètres, la survie des petits commerces passe par la qualité de la relation et du service avec sa clientèle. « Qu’un client vienne chez nous pour acheter, c’est un privilège. C’est comme ça que je vois les choses. Alors il faut offrir un service comme si cette personne venait à la maison. » 

« J’avais un désir de créer une expérience client, mais aussi une expérience au travail, par rapport aux membres de mon équipe », ajoute-t-elle. « C’est difficile d’avoir un engagement. Il faut une synergie familiale. Chaque personne qui travaille chez nous, c’est comme si c’était à eux. »

Résultat : « J’ai très peu de roulement d’employé.es. La pénurie de main-d’œuvre, je ne l’ai pas connue. »

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