Alice & Ambre: recycler la drêche en croustilles

Publié le 25/01/2024 à 14:00

Alice & Ambre: recycler la drêche en croustilles

Publié le 25/01/2024 à 14:00

Par Isabelle Delorme

(Photo: Facebook)

FOCUS RÉGIONAL LANAUDIÈRE. Des changements sont au menu en 2023 pour le Français Patrick Mougin, cofondateur et président de l’entreprise Alice & Ambre, qui a eu un coup de cœur pour la région de Lanaudière lors d’un échange de maisons. Sa jeune pousse, fondée en 2020, fabrique les craquelins — et depuis le mois de mars, les croustilles de tortillas — de la marque Rebon, à partir de résidus de céréales provenant de la production d’alcool.

Patrick Mougin est aussi copropriétaire depuis huit ans de la microbrasserie Malstrom, établie à Notre-Dame-des-Prairies, près de Joliette. « Comme beaucoup de brasseurs en campagne, nous avions l’opportunité de redonner notre drêche [les résidus de brassage de céréales] à des agriculteurs pour nourrir le bétail », explique-t-il. Jusqu’à ce que son associé Jean-David Camus rapporte de France des produits d’apéritif de la marque Résurrection, fabriqués à partir de drêches de brasseurs. L’idée de valoriser ces résidus de la fabrication de bière pour combler les petits creux avec des produits de grignotage sains et gourmands a ainsi germé.

Après avoir fait réaliser une étude de faisabilité économique par l’institut de recherche en agroalimentaire Cintech, Patrick Mougin s’est lancé dans la mise au point de craquelins à base de drêches dans un atelier de transformation alimentaire de La Boîte à start-up, à Berthierville. La pandémie stoppe le développement pendant plusieurs mois, faute d’accès à ces locaux. « Même si tout n’était pas au point, nous avons néanmoins décidé de plonger en créant notre entreprise en octobre 2020 », raconte l’entrepreneur qui emploie actuellement trois personnes, dont deux qui se consacrent à la production dans son atelier situé à Saint-Ambroise de Kildare.

 

Une nouvelle image pour élargir son marché

Les premiers paquets de craquelins Rebon ont été commercialisés à l’automne 2021 et déclinés sous quatre, puis sept saveurs. « Nous avons compris après ce lancement que notre image de marque, volontairement située entre le craquelin et la croustille, n’était pas bonne d’un point de vue marketing, car le consommateur a besoin d’identifier l’un des deux usages », raconte Patrick Mougin, qui a revu les visuels de ses paquets de craquelins, en plus de lancer ses premières croustilles de tortillas.

Alice & Ambre, qui distribue ses produits à une centaine de points de vente, comme certains IGA et Métro, des épiceries fines, des magasins en vrac, boulangeries, fromageries, etc., a lancé au mois de mars sa boutique en ligne. L’entreprise démarche également des hôtels, des restaurants et des institutions de l’éducation et de la santé tels que des hôpitaux et des garderies pour leur proposer des portions individuelles de craquelins. « C’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf, pour qu’une petite entreprise comme nous soit présente dans ces circuits !, lance l’entrepreneur. Il faut avoir un distributeur, mais ces derniers exigent de savoir qui sont nos clients dans ces secteurs avant de nous référencer. » Mais la porte de ces circuits s’ouvre aux produits Rebon, qui seront prochainement distribués dans certains CIIIS et CIUUS et sont en phase de test sur les plateaux-repas de l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal.

 

Automatiser pour assurer des prix compétitifs

Patrick Mougin est d’autant plus enclin à augmenter sa clientèle qu’il termine l’installation d’équipements d’automatisation sur mesure. « Nous effectuons les derniers réglages, qui nous permettront de produire économiquement et quantitativement », se réjouit celui qui avait prévu cette étape avant la création de son entreprise. « Le recyclage de drêche exige de la transformer dès la sortie du brassage pour préserver ses qualités et éviter une dégradation rapide, dit-il. Cela implique d’être capable de la transformer rapidement, et par conséquent d’automatiser la production pour des raisons d’efficience et de compétitivité des prix. »

Pour réduire sa consommation d’énergie et ses coûts, Patrick Mougin collecte et transforme la drêche en pâte à la sortie du système de brassage, sans passer par une opération de séchage. Elle provient de deux brasseries (dont la sienne) et d’une distillerie de la région.

Grâce à sa nouvelle image et à son automatisation, la jeune pousse prévoit de tripler son chiffre d’affaires en 2023, en produisant 23 tonnes de craquelins et en recyclant 15 tonnes de drêche, par rapport en 2022, puis de le doubler en 2024. L’avenir pourrait bien avoir une nouvelle saveur pour l’entrepreneur qui envisage d’explorer des recettes intégrant des « légumes moches » ou une gamme sucrée. « 2023 est pour nous comme une deuxième naissance, dit-il. Quatre années d’efforts seront concrétisées. »

 

Ce texte a initialement été publié dans l'édition papier du 12 avril 2023.

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