Fyto: «tout faire de A à Z pour les plantes aquatiques»

Publié le 21/12/2023 à 13:00

Fyto: «tout faire de A à Z pour les plantes aquatiques»

Publié le 21/12/2023 à 13:00

Par Emmanuel Martinez

Fyto lutte contre le myriophylle à épis, une plante aquatique exotique envahissante présente dans près de 200 plans d’eau au ­Québec. (Photo: Facebook)

FOCUS RÉGIONAL LANAUDIÈRE. Un bon moyen de réussir en affaires, c’est d’offrir un produit ou un service qui n’existe pas sur le marché. Cela constitue la clé du succès de Fyto, selon son jeune fondateur Vincent Gagné.

En décembre 2021, l’entrepreneur de 28 ans a lancé sa PME qui lutte contre le myriophylle à épis, une plante aquatique exotique envahissante présente dans près de 200 plans d’eau au Québec. Il venait de terminer une maîtrise qui portait sur les stratégies pour la contrôler.

Dès le premier été de son baccalauréat, il avait participé à un stage au lac des Abénaquis, dans Chaudière-Appalaches, pour combattre cette plante qui supplante les espèces indigènes et nuit à la biodiversité. Il a poursuivi les étés suivants, ce qui lui a mieux permis de réaliser ses répercussions sur la baignade, la pêche et la navigation récréative, ainsi que sur la valeur des propriétés riveraines.

 

Se lancer

Plus Vincent Gagné avançait dans ses études, plus l’idée de fonder sa propre entreprise progressait. « J’ai compris que les municipalités et les associations riveraines avaient besoin de conseils, mais aussi de services techniques sur les lacs pour faire le travail d’éradication, dit-il. J’ai donc lancé Fyto pour répondre à ces besoins. On offre une solution basée sur la recherche scientifique qui est clé en main. On est pas mal les seuls à tout faire de A à Z pour les plantes aquatiques. »

Ses premiers pas dans le monde des affaires se sont bien déroulés, puisque tous ses clients de l’an passé sont de retour pour la prochaine saison estivale. « Leur satisfaction fait en sorte qu’on a un bel avenir, soutient-il. Et ils nous en réfèrent d’autres, donc on n’a aucune sollicitation à faire. »

Fyto avait une équipe sur le terrain l’été dernier. Elle en aura deux cette année afin d’intervenir sur une douzaine de lacs en Outaouais, dans les Laurentides et Lanaudière, ainsi qu’en Estrie.

Les efforts de Vincent Gagné ont été récompensés, car il a obtenu en 2022 le prix Honneur jeune entrepreneur du Défi OSEntreprendre Lanaudière, ainsi qu’un autre pour l’innovation technologique et technique. Il a également mis la main sur le prix du jeune professionnel de l’année de l’organisation canadienne Invasive Species Centre.

 

Protéger l’environnement

Fyto offre des solutions écologiques sans herbicides ni autres traitements avec des produits, note le jeune patron. Deux types d’actions sont effectuées pour combattre cette plante venue d’Eurasie qui a été introduite ici dans les années 1950 ou 1960 pour décorer des aquariums.

La première consiste à installer des toiles au début de l’été dans le fond du lac où des tiges indésirables sont très concentrées. « Quand on les retire à la fin de l’été, le sol est à nu, ce qui favorise le retour des plantes indigènes », affirme-t-il.

L’autre méthode est de les faire arracher manuellement par des plongeurs. Ces derniers sont assistés par un aspirateur sous-marin qui fait remonter la plante à la surface où l’eau est filtrée pour qu’aucun morceau ne s’échappe, car ces végétaux se reproduisent par fragmentation.

 

Montrer l’exemple

Vincent Gagné n’a pas peur de se mouiller pour son entreprise, puisqu’il n’hésite pas à plonger pour faire de l’arrachage.

« Je vois mon rôle comme celui de leader plutôt que d’être un patron directif, mentionne-t-il. Je prêche par l’exemple. C’est comme ça que j’exerce mon autorité. C’est un de mes défis, car c’est nouveau pour moi. »

L’entrepreneur a d’ailleurs participé à une formation intensive de deux jours à l’École d’entrepreneurship de Beauce sur le leadership. « Cela m’a beaucoup aidé, précise-t-il. J’ai appris sur moi-même ainsi que sur les différents types de personnalités afin de mieux savoir communiquer quand on n’a pas le même profil. »

Originaire de Beauce, il a choisi de s’établir à Joliette en raison de la proximité de celle-ci avec de nombreux plans d’eau. Il souligne que le coup de pouce d’organismes, comme la Corporation de développement économique de la MRC de Joliette ou Futurpreneur Canada, a été crucial dans la période d’amorçage.

Puisque le myriophylle à épis prolifère et que les interventions sur les lacs durent de trois à cinq ans, Vincent Gagné voit sa PME grandir dans les prochaines années.

« Dans trois ans, on va avoir plus d’employés, on sera dans plus de régions et on s’attaquera à d’autres espèces envahissantes, déclare-t-il. Je m’attends à avoir du travail pour longtemps, car on commence seulement à réaliser leurs impacts et l’importance de préserver l’eau. »

 

Ce texte a initialement été publié dans l'édition papier du 12 avril 2023.

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