Les trois piliers d'Orckestra

Publié le 31/03/2016 à 07:13

Les trois piliers d'Orckestra

Publié le 31/03/2016 à 07:13

Orckestra compte sur trois partenaires fidèles, l’ayant déjà soutenu lors de deux rondes de financement. Mais passer à l’étape supérieure pourrait l’obliger à chercher des appuis à l’extérieur du Québec.

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Fondé en 2006, Orckestra fournit des solutions de commerce électronique personnalisables et tournées vers l’omnicanal et l’infonuagique. Après avoir autofinancé son démarrage, l’entreprise procède à une première ronde de financement en 2014. Fondaction CSN, W Investments et le Fonds de solidarité FTQ deviennent actionnaires et engagent 8 millions de dollars dans l’aventure.

« L’objectif était de financer la R-D et de bonifier notre force de vente, confie le pdg et co-fondateur Louis Fournier. Nous avons aussi mis l’accent sur l’infonuagique, ce qui a eu un impact sur nos finances. Avec des services offerts par abonnements, les revenus sont récurrents, mais plus échelonnés dans le temps. Cela augmente la valorisation de l’entreprise, mais pose un défi sur le plan des capitaux, puisqu’il y a un gros investissement à faire en amont auprès d’un nouveau client, puis un revenu plus étalé. »

Plus que de l’argent

Avec des services de plus en plus reconnus, adoptés notamment par Sobeys et Mondou, Orckestra entame une phase d’expansion et d’internationalisation. Elle acquiert Composite AS en juin 2015. L’intégration de cette société danoise de logiciels de gestion de contenu (CMS) lui permet d’entrer en Europe. Elle sera financée en partie par une ronde de série B lui permettant d’obtenir 12 M$ des trois mêmes investisseurs. Orckestra en profite pour augmenter sa force de vente aux États-Unis et ouvrir un bureau à Austin, au Texas.

Le rôle des trois investisseurs ne se limite pas à l’argent. « Le Fonds de solidarité de la FTQ et Fondaction CSN sont plus patients qu’un fonds de capital de risque, juge Louis Fournier. Leur objectif est de construire les entreprises québécoises de demain. Ils ont de bons réseaux et nous aident, par exemple, à constituer un conseil d’administration, sans être intrusifs. »

W Investments, quant à lui, est un fonds d’investissement à l’esprit très entrepreneurial, spécialisé dans le financement d’entreprises en croissance. « Ils connaissent la réalité des entrepreneurs, car ils l’ont été », apprécie Louis Fournier.

« J’ai moi-même été pdg pendant 13 ans, et je comprends ce qu’ils vivent, confirme Nicolas Bélanger, associé principal de W Investments. Tu es tout seul comme entrepreneur. Tu as besoin d’avoir des gens près de toi qui te soutiennent, te comprennent et ne te jugent pas. Au-delà de l’argent, mon rôle est d’être près du pdg. Je suis un financier, mais au fond je suis un grand défenseur de l’entrepreneuriat. Je ne crains pas l’échec. Donc quand ça va moins bien, je n’hésite pas à défendre la direction de l’entreprise. Du moins, tant que je crois en elle. »

Cette confiance dans les entrepreneurs est d’ailleurs ce qui a décidé W Investments à placer ses billes dans Orckestra. « En bout de ligne, c’est sur les gens qu’on mise, note Nicolas Bélanger. Le pdg et le cofondateur d’Orckestra ont une grande connaissance du commerce électronique et de leur marché, ils proviennent de compagnies importantes comme CGI et Accenture. Leur plateforme est très intéressante, mais surtout, ils ont les compétences pour faire évoluer leur compagnie. »

Financer l’envol

Restera à financer la prochaine étape de croissance d’Orckestra. Selon Louis Fournier, il manque au Québec de fonds de capital de risque pour des rondes de financement de Série C de 30 à 50 M$. Des sommes nécessaires pour réussir l’internationalisation d’une entreprise comme la sienne. Aux États-Unis, non seulement il y a plus d’argent disponible, mais il règne aussi une culture différente, plus ouverte au risque et à l’innovation.

« Cela oblige nombre d’entreprises nées ici à se financer à l’extérieur du pays, et donc à se diluer avec des investisseurs étrangers, souvent américains, déplore Louis Fournier. À terme, ce sont des compagnies dont la propriété bascule vers les États-Unis. C’est dommage parce que ce sont les créateurs des emplois de demain. Ils ne faut pas les céder si facilement. »

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