Du nouveau du côté des institutions bancaires


Édition du 27 Janvier 2018

Du nouveau du côté des institutions bancaires


Édition du 27 Janvier 2018

Un des évolutions en cours dans le secteur bancaire est l’automatisation des démarches en ligne, à commencer par l’obtention des marges de crédit.

Numérisation de l'offre, émergence de nouveaux produits de financement destinés à l'industrie des services, nouveaux partenariats entre acteurs privés et institutionnels... Si elles demeurent positionnées sur des activités qui présentent un niveau de risque modéré, les institutions bancaires innovent pour répondre aux nouveaux besoins qu'elles décèlent auprès des entreprises.

« Dans un monde en constante évolution, les entreprises s'attendent à ce que nous puissions nous adapter aussi à leurs besoins. Tout l'enjeu repose sur le fait de les écouter et de comprendre leurs problèmes », fait valoir Isabelle Ménard, vice-présidente des services bancaires commerciaux de la Banque TD. Une nécessité qui a poussé aussi les banques à numériser de plus en plus leur offre, en commençant par offrir des services numériques, tels que les dépôts de chèques. « Nous sommes partis d'un besoin concret, à savoir des entreprises qui avaient besoin de sauver du temps, pour développer une plateforme en ligne leur permettant de déposer les chèques à partir de leur bureau, grâce à un numériseur que nous leur fournissons », explique Mme Ménard. Une innovation qui a nécessité aussi de revoir le processus de développement afin de recueillir les impressions des utilisateurs dès la phase pilote. « Cela nous a permis de recevoir des commentaires et d'adapter le service, ce qui fait qu'aujourd'hui, le taux de rétention des clients sur ce produit est très élevé », explique Mme Ménard.

Vers le crédit en ligne ?

Autre évolution en cours dans le secteur bancaire, l'automatisation des démarches en ligne, à commencer par l'obtention des marges de crédit. Éric Grondin, associé audit et certification et leader des services-conseils chez Deloitte Québec, rappelle que la majorité des banques conventionnelles ont désormais automatisé l'octroi de marges de crédit à destination des entreprises en démarrage jusqu'à 100 000 $ au moyen d'un formulaire en ligne. « L'historique du dossier de crédit personnel de l'entrepreneur compte pour 50 % de la décision, en partant du principe que s'il possède un mauvais historique personnel, cela veut dire qu'il pourrait gérer de la même façon son entreprise », détaille M. Grondin.

Les entreprises en démarrage peuvent également avoir accès à des programmes de prêt : à la Banque de développement du Canada (BDC), par exemple, une plateforme web permet de souscrire des prêts allant jusqu'à 100 000 $, le tout basé sur les paramètres du projet et l'entrepreneur. « Investissement Québec et la FTQ le font également, mais pour les entreprises qui sont déjà à un stade plus avancé », complète-t-il.

Et les montants accessibles pourraient encore grimper. « Si notre centre d'affaires en ligne permet déjà d'ouvrir un compte, de demander un crédit et de transiger en ligne, il est clair que les offres vont encore évoluer vers une hausse du niveau de financement accessible en ligne », croit Robert Bastien, vice-président des services aux entreprises de Desjardins : « lorsqu'une entreprise fait affaire avec l'un de nos directeurs de comptes pour des besoins inférieurs à 500 000 $, on a déjà un système automatique qui octroie ce type de prêts. Il s'agit d'un outil d'aide à la décision automatisé qui permet un retour plus rapide au membre quant à sa demande de financement. » Avec un avantage : grâce aux données recueillies et analysées par leurs systèmes informatiques, les banques ont une connaissance de plus en plus poussée de leurs utilisateurs, et peuvent même comparer des indicateurs au sein d'une même industrie pour mieux éclairer la trajectoire d'un client. « Les systèmes numériques permettent d'aller beaucoup plus loin par rapport aux statistiques comportementales ainsi qu'à l'historique d'une entreprise et d'un secteur, avec une collecte et un traitement d'information plus efficace », illustre Robert Bastien.

Financer l'industrie des services

Toutefois, l'innovation ne se résume pas uniquement aux outils technologiques. Après avoir longtemps misé sur les actifs pour garantir leur dette, les institutions financières travaillent aussi à développer de nouveaux produits adaptés aux entreprises de services, ayant souvent peu d'actifs à placer en garantie. « Il existe aujourd'hui des entreprises technologiques qui vendent uniquement des services. Pour elles, l'enjeu est souvent de devoir embaucher les ressources avant d'avoir des clients, ce qui génère une période de flottement qui exige une certaine flexibilité en matière de financement », observe Étienne Drouin, directeur général en capital de croissance et transfert d'entreprise à la BDC.

Pour répondre à cette évolution, les banques ont créé de nouveaux produits « qui se basent notamment sur un historique de quatre à cinq ans en matière de profitabilité », complète Frédéric Bouchard, associé en Transactions chez PwC. Chez Desjardins, par exemple, les financements d'actifs plus « softs » ont été facilités, au cours des dernières années, grâce à des prêts basés sur la stabilité de l'encaisse des entreprises. « Cela nous permet d'embarquer même avec un faible niveau de garantie, explique Robert Bastien, pour accompagner des entreprises qui ont des flux de trésorerie très stables et qui génèrent de bons profits. »

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