Démarrage d'entreprise: un financement toujours plus adapté

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Janvier 2021

Démarrage d'entreprise: un financement toujours plus adapté

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Édition du 20 Janvier 2021

Par Camille Foisy
Entreprise technologique

Plusieurs secteurs ont «des besoins spécifiques» qui nécessitent une expertise financière et un accompagnement particuliers. (Photo: ThisisEngineering RAEng pour Unsplash)

FINANCEMENT D'ENTREPRISES. Pour toute entreprise, la recherche de financement n’est pas chose simple. L’une des clés se trouve sans doute dans les spécificités de chaque organisation, grâce auxquelles il est possible d’obtenir du financement.

Certains secteurs ont «des besoins spécifiques»qui nécessitent une expertise financière et un accompagnement particuliers, explique Sophie Bazinet, directrice du Centre d’entrepreneurship de Montréal de la Banque de développement du Canada (BDC). L’institution a donc créé des fonds propres à 10 secteurs d’activité, dont celui des technologies. «Ce sont des entreprises qui ont des croissances très rapides, explique-t-elle. Il faut bien comprendre ce milieu-là pour être à l’aise d’octroyer du financement.»

Une réflexion qui trouve écho à Investissement Québec (IQ), partenaire de 70 fonds spécialisés répartis dans quatre secteurs — les sciences de la vie, les technologies de l’information et de la communication, les technologies propres et le manufacturier— avec des acteurs de chacun des écosystèmes d’affaires.

Les fonds ciblés sont appelés à évoluer au fil du temps, précise Sophie Bazinet. «En fonction des tendances et des forces de notre économie nationale, la BDC va mettre en place des équipes spécialisées et des approches destinées à appuyer des groupes précis d’entrepreneurs.»

C’est également ce qu’a fait IQ quand il a constaté que la démarche vers la transition numérique mettait un certain temps avant de permettre d’obtenir des bénéfices en productivité. L’organisation a donc lancé, en septembre dernier, l’initiative Productivité innovation, destinée aux entreprises qui «souhaitent augmenter leur compétitivité par la productivité et l’innovation». Les bénéficiaires obtiennent un prêt minimal de 50 000 $— il n’y a pas de montant maximal— avec un moratoire de remboursement de capital allant jusqu’à quatre ans.

 

Utiles au démarrage

Selon Sylvie Pinsonnault, première vice-présidente aux stratégies et aux solutions d’affaires à IQ , la pertinence des fonds sectoriels se trouve notamment aux stades d’amorçage et de démarrage. Ces étapes requièrent en effet «beaucoup de mentorat, beaucoup d’accompagnement, beaucoup de gestionnaires de fonds qui sont habilités à ouvrir des réseaux de contacts»pour aider les entrepreneurs à développer leur marché.

Elle ajoute qu’à ces stades, IQ a plus tendance à investir dans des fonds ciblés partenaires, comme l’expertise y existe déjà, plutôt que d’investir directement dans les entreprises. Si des fonds sectoriels n’existent pas pour le domaine visé, IQ tend à co-investir «avec des anges financiers ou des investisseurs stratégiques», précise Sylvie Pinsonnault.

Au démarrage, le financement peut être essentiel pour bâtir la crédibilité de son projet auprès des autres institutions financières, renchérit Maryse Gingras, vice-présidente de Futurpreneur Canada, un partenaire de la BDC. D’où l’importance d’avoir des fonds qui y sont alloués, note celle dont l’organisation offre des prêts non garantis pouvant aller jusqu’à 60 000 $à des entrepreneurs de 18 à 39 ans qui ont moins d’un an de «ventes significatives»à leur actif.

«On prend tellement de risque au démarrage que lorsqu’on octroie un financement, la crédibilité qu’on a dans l’écosystème financier fait que parfois, notre prêt va agir à titre de levier», souligne-t-elle. Que ce soit du côté du financement général ou des fonds ciblés, l’entrepreneur en démarrage fait souvent face à plusieurs barrières pour avoir accès à du soutien.

Maryse Gingras donne l’exemple du prêt en ligne de la BDC pouvant aller jusqu’à 100 000 $, dont la demande nécessite de fournir ses états financiers. «Pour avoir des états financiers, il faut avoir fait des ventes», rappelle-t-elle. À son avis, il est donc nécessaire de pouvoir se tourner vers des organisations qui sont prêtes à faire le premier pas avec les entrepreneurs avant même leur première facture.

Cependant, note la vice-présidente, les critères des fonds sectoriels sont souvent plus serrés et ils exigent parfois une certaine stabilité financière. Elle conseille donc de se tourner vers une organisation plus généraliste — telle Futurpreneur Canada — au balbutiement d’une entreprise, étant donné que les critères de financement sont moins limitatifs.

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