Il y a du financement pour les PME, à elles de le trouver!

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Janvier 2019

Il y a du financement pour les PME, à elles de le trouver!

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Édition du 26 Janvier 2019

Par Claudine Hébert

[Photo: solmax.com]

Les PME québécoises n’ont jamais eu autant accès à du financement pour leurs projets d’agrandissement, d’acquisitions et autres innovations au sein de leurs activités, que ce soit des gouvernements ou des institutions financières, plus particulièrement des fonds privés.

Alors que les fonds privés représentaient moins de 10% des montants investis au Québec en capital de risque au début des années 2000, ils pèsent aujourd’hui tout près de 40% des investissements, peut-on lire dans «Le capital d’investissement au Québec – Évolution récente et nouveaux défis», un rapport publié par la firme KPMG en avril dernier.

Ce document réalisé à l’intention du ministère de l’Économie et de l’Innovation révèle que cinq des dix plus grands fonds privés les plus actifs du pays sont établis au Québec. Les deux premiers qui trônent à ce classement (Real Ventures et Cycle Capitals) ont même leur siège social à Montréal, indique le rapport.

« Il y a nettement de l’argent sur la table et les conditions d’emprunt n’ont jamais été aussi attrayantes et agressives en faveur des entreprises », soutient François Gilbert, PDG d’Anges Québec. 

Le contexte, poursuit M. Gilbert, est extrêmement favorable au financement des PME; les investisseurs sont très actifs. « À tel point qu’une entreprise a tout intérêt à profiter de cette manne. Autrement dit, même si vous n’avez pas de projet actuellement, trouvez-vous-en un », conseille-t-il.

Profitez de la synergie de l’écosystème

Autre avantage à l’égard des PME : la synergie qui se développe au sein de l’écosystème du financement québécois. « Ce qu’on ne voyait pas il y a dix ans », indique M. Gilbert. Il cite en exemple l’entreprise Solmax, à Varennes, qui est devenue, en décembre 2017, le numéro un mondial dans la production de géomembranes en polyéthylène de qualité supérieure pour des applications industrielles et environnementales. Un coup de maître que cette PME doit essentiellement au soutien financier conjoint du Fonds de solidarité FTQ (qui était déjà un partenaire financier de Solmax depuis 1996) et de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Grâce à ces deux partenaires financiers, le Groupe Solmax a pu faire l’acquisition de GSE Environmental, à Houston, au Texas; un géant mondial dont les revenus étaient trois fois plus élevés que la PME de Varennes.

Lorsque les gestionnaires de GSE Environmental ont répondu à l’invitation de la direction de Solmax, en 2016, ils étaient convaincus que l’entreprise québécoise était à vendre. « Ils ont été pris par surprise. C’est nous qui leur avons plutôt fait une proposition d’achat », raconte Jacques Côté, fondateur et président du conseil de Solmax. 

Sur le coup, le géant texan a refusé et s’est même montré un peu arrogant. Alors, comment Solmax a-t-elle réussi son coup de circuit ? La PME y est allée d’une autre stratégie. Elle a constaté que les actifs d’une usine voisine de GSE Environmental, l’entreprise Brawler, étaient en liquidation. « Nos partenaires financiers nous ont d’abord aidés à effectuer cette acquisition en mars 2017 », raconte M. Côté, qui sera également présent lors de la conférence Financement PME. 

Dès le mois de juin, les lignes de production, qui ont été complètement rénovées, étaient remises en marche. « En démarrant une activité industrielle dans le bastion de GSE, qui tirait la grande partie de ses profits au sein du marché texan, nous avons réussi à changer la dynamique de la négociation. Ce qui a convaincu les détenteurs de GSE Environmental de nous vendre finalement l’entreprise », rapporte le fondateur de Solmax.

Choisir le bon partenaire financier

Il va de soi qu’une bonne connaissance de l’écosystème du financement au Québec permet d’éviter les frustrations et le découragement. « Ça ne sert à rien d’aller frapper à des portes tous azimuts. Une PME a davantage de chance de récolter de l’aide financière si elle aborde des investisseurs qui recherchent le type de projet qu’elle veut faire financer. En somme, la PME augmente ses chances d’obtenir du financement si elle cible des investisseurs qui correspondent à ses activités d’affaires, à sa croissance et à sa situation actuelle », avise fortement François Gilbert. En général, précise-t-il, le nombre de prospects en investissement se situe entre trois et quatre.

Enfin, autre conseil : les entrepreneurs qui veulent garder la mainmise sur leurs décisions et sur les activités de leur PME ont malheureusement tout intérêt à passer leur tour. « Un partenariat financier suppose que l’entrepreneur dilue ses parts de propriété. Ce qui implique que l’investisseur participe aux décisions. Raison d’ailleurs pour laquelle les investisseurs ne cherchent pas qu’à s’associer à une entreprise. Ils recherchent d’abord une relation de confiance avec l’entrepreneur », conclut M. Gilbert.

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