Entrée en Bourse : le jeu en vaut-il la chandelle ?

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Janvier 2019

Entrée en Bourse : le jeu en vaut-il la chandelle ?

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Édition du 26 Janvier 2019

L’entrée en ­Bourse peut permettre d’accéder à des volumes de financement plus importants ou encore contribuer à accroître la notoriété et la crédibilité de l’entreprise.

Si entrer en Bourse comporte toujours un certain côté «glamour», le nombre d'entreprises devenues publiques au cours des deux dernières années se compte sur les doigts de la main dans la province. Il n'en reste pas moins que certaines entrées récentes telles Stingray, Marché Goodfood ou Ecolomondo montrent que l'intérêt demeure pour une portion des entrepreneurs. Mais à quelles conditions ?


Accéder à des volumes de financement plus importants, contribuer à accroître la notoriété et la crédibilité de l'entreprise, ou encore s'offrir une monnaie d'échange qui permettra, dans un second temps, de réaliser des acquisitions directement sur le marché... Les promesses de la Bourse sont nombreuses. Pour autant, on recense peu d'entreprises québécoises qui ont fait le saut au cours des dernières années. «Les entreprises restent privées plus longtemps, car il existe présentement beaucoup de liquidités disponibles sur le marché, entre les institutions financières, les prêteurs privés et les partenaires institutionnels, ainsi que des taux d'intérêt eux aussi favorables», constate Isabelle Ménard, vice-présidente des services bancaires commerciaux de la Banque TD. Pour Robert Bastien, vice-président Finances réseau des Caisses et services aux particuliers chez Mouvement Desjardins, «la réglementation et l'émergence des fonds d'investissement privé ont créé un contexte compétitif défavorable à l'entrée en Bourse des sociétés».


Pourquoi choisir la Bourse ?


À partir de quel moment le jeu en vaut-il la chandelle ? La PME montréalaise Marché Goodfood, spécialisée dans la vente de repas prêts à cuisiner, a décidé d'aller sur les marchés publics en 2017 pour accompagner sa pénétration dans l'Ouest canadien. «Après avoir atteint 150 employés et multiplié par dix le nombre de nos abonnés en douze mois, nous avons réalisé que l'entreprise était prête à aller sur les marchés pour lever plus de capital», explique Jonathan Ferrari, chef de la direction.


Le patron de l'entreprise a confié, en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires, avoir envisagé de vendre l'entreprise avant de décider d'aller en Bourse. L'entreprise, qui enregistrait alors un chiffre d'affaires de 3 millions de dollars en 2016, s'était fixé l'objectif de lever 20 M$ d'investissements institutionnels en Bourse pour financer son déploiement à l'échelle du pays. «Beaucoup d'investisseurs cherchent à investir dans une société canadienne et nous étions la première entreprise québécoise à être cotée en Bourse, après le fournisseur de services musicaux Stingray en 2015.» Autre avantage ? Permettre à la société de proposer des actions à ses salariés, en vue d'attirer et de retenir les jeunes talents. Une stratégie payante, puisque depuis son entrée en Bourse, le nombre d'employés est passé de 300 à 1 300. Selon lui, l'entreprise n'aurait pas pu suivre la même stratégie sans entrer en Bourse : «Cela nous a aussi permis d'acquérir une belle visibilité et une crédibilité supplémentaire auprès de nos clients».


Bien baliser son entrée


Ainsi, pour que l'entrée en Bourse soit profitable pour une entreprise, «il faut qu'elle ait atteint une certaine taille ainsi qu'un niveau de bénéfice assez solide», estime Brian King, à HEC Montréal. «Auquel cas, il existe des solutions de financement moins chères, avec une structure de gouvernance et des règles moins formelles», reprend-il.


Les entreprises candidates doivent notamment prendre la mesure des coûts que suppose une déclaration trimestrielle des résultats et doivent évaluer l’impact sur la stratégie de l’entreprise. Une étude réalisée par ­Danny ­Miller et ­Isabelle ­Lebreton-Miller de HEC Montréal démontre que les ­PME familiales, dirigées par un fondateur fort, performent souvent mieux que les sociétés publiques. « D’autres études (comme celles de ­BCG et de ­Crédit suisse) soutiennent que les ­PME familiales brillent grâce à une vision plus axée sur le long terme, tandis que les entreprises publiques auraient plutôt la réputation de penser à court terme », ­ajoute-t-il.


« ­Il est certain que gérer une entreprise publique prend plus de temps et de ressources ­», accorde M. ­Ferrari, qui estime que les coûts liés au fait d’être une entreprise publique s’élèvent à près de 1 M$ par année.


« ­Il faut aussi être prêt à jouer avec un environnement qui a ses propres règles et posséder une équipe de direction solide alors que toutes les décisions seront scrutées par des analystes », résume ­Micheline ­Renault à l’ESG ­UQAM. La stratégie de communication peut également devenir un défi, car tout en s’assurant de partager des informations nécessaires aux actionnaires pour qu’ils comprennent bien les performances de l’entreprise, « il faut déterminer quelles sont les informations confidentielles que l’on ne souhaite pas divulguer à ses compétiteurs », affirme M. ­Ferrari. Marché ­Goodfood a par exemple choisi de ne rien communiquer sur la structure des coûts liée à la conception d’un panier (livraison, packaging, main-d’œuvre), au motif qu’elle fait partie des points de différenciation de l’entreprise.


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