Des «objets incendiaires» sous de la machinerie sur le site de Northvolt

Publié le 06/05/2024 à 13:49, mis à jour le 06/05/2024 à 15:27

Des «objets incendiaires» sous de la machinerie sur le site de Northvolt

Publié le 06/05/2024 à 13:49, mis à jour le 06/05/2024 à 15:27

Par La Presse Canadienne

Paolo Cerruti, président de Northvolt Amérique du Nord (Photo: La Presse Canadienne)

Des objets incendiaires auraient été placés sous de la machinerie sur le site de la future usine de batteries de Northvolt, en Montérégie, mettant sérieusement en danger les employés, selon l'entreprise.

Le président-directeur général de Northvolt Amérique du Nord, Paolo Cerruti, a dénoncé, lundi, des actes de vandalisme qui se seraient déroulés durant le week-end.

Le terme «bombe artisanale» a d'abord été utilisé par l'entreprise qui a ensuite indiqué à La Presse Canadienne qu'il s'agirait plutôt «d'objet incendiaire».

Ces objets auraient été placés cette fin de semaine sous de la machinerie, «dans l'intention manifeste de blesser nos travailleurs et présumément de ralentir nos activités», a expliqué Paolo Cerruti lors d'une brève allocution aux médias lundi après-midi.

Paolo Cerruti a fait état de plusieurs engins retrouvés sous des pneus de véhicules, en précisant qu'il s'agissait «de bouteilles remplies de liquide inflammable» reliées à des mécanismes «assez rudimentaires» de mise à feu.

Ces dispositifs n'ont toutefois pas fonctionné, a-t-il ajouté.

En faisant référence aux auteurs de cette tentative de sabotage, le PDG de Northvolt Amérique du Nord a parlé «d'une poignée d’irresponsables qui sont en train de violer les principes de la société civile» et qui «créent de la distraction, mais à un niveau microscopique».

Le chantier de Northvolt «est sur pause», mais «je pense que c’est une question d’heures» avant que celui-ci ne reprenne, a précisé Paolo Cerruti.

Northvolt compte accroître la sécurité de son chantier de McMasterville, mais en raison de sa vaste étendue, «on ne pourrait pas sécuriser le site en permanence».

Le PDG a également tenu à indiquer que «ses premières pensées sont allées vers les employés de Northvolt» et de tous les travailleurs du chantier. 

L'agente Chantal Graveline, de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent, a confirmé que les policiers avaient trouvé des objets incendiaires sous un véhicule et qu'une enquête est en cours. 

Northvolt condamne «vigoureusement cette lâche tentative qui vise à effrayer nos équipes et à nous forcer à interrompre notre projet qui consiste, nous tenons à le rappeler, à construire un campus technologique permettant l'accélération de la transition énergétique et la fabrication de batteries essentielles à la décarbonation», peut-on lire dans un communiqué de l'entreprise. 

Dans un message sur le réseau social X, le ministre Pierre Fitzgibbon a dénoncé ce qu'il a qualifié de tactiques «totalement inacceptables» et invité «tous les groupes à les dénoncer sans ambiguïté et sans réserve».

«On a la chance de vivre dans une des plus belles sociétés démocratiques et pacifistes au monde. Il faut la défendre. Le débat toujours, la violence jamais», a ajouté le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.

 

Sabotage à répétition 

Ce n’est pas la première fois que des actes de sabotage sont commis sur le site de la future usine de batteries.

À la fin du mois de février, la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent avait ouvert une enquête après que des individus eurent posé des tapis à clous sur le site. Un véhicule avait aussi été endommagé, selon la police.

Un mois plus tôt, des personnes avaient également planté des clous dans des arbres que l'entreprise suédoise comptait abattre.

Le 23 janvier, les auteurs anonymes de ce sabotage avaient publié une revendication sur Montréal Contre-information, un site qui aspire à fournir aux anarchistes de Montréal un espace pour diffuser leurs idées et leurs actions à travers des réseaux et tendances qui se recoupent.

La revendication contenait un appel à «une mobilisation large contre le projet destructeur que constitue la méga-usine de Northvolt» et demandait à «s'en prendre à cette machine à broyer le vivant en visant ses points faibles».

Insérer des clous dans les arbres permettait, selon les revendicateurs, de saboter l'équipement et de rendre la déforestation plus coûteuse et dangereuse, car si une tronçonneuse heurte un clou, celui-ci va abîmer ou briser la chaîne, et ainsi ralentir les activités de Northvolt. 

«Sabotons l'équipement, bloquons les chantiers et harcelons les élus à la solde de l'industrie», pouvait-on lire dans le communiqué.

 

 

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