Karine Martin : à l'assaut des écrans mondiaux

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Novembre 2017

Karine Martin : à l'assaut des écrans mondiaux

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Édition du 11 Novembre 2017

Karine Martin, Présidente et chef de la direction, Mediabiz International. Photo: Bénédicte Brocard

Une avocate devenue productrice de cinéma. C'est l'histoire de Karine Martin, qui s'est lancée, en 2002, à la tête de Mediabiz, une maison de production cinématographique et télévisuelle. Depuis, l'entreprise a développé une quarantaine de projets à l'échelle mondiale, dont Magic Beyond Words de l'auteure J.K. Rowling, la série télé Jamillah & Aladdin de la BBC ou encore The Moth Diaries, écrit par la réalisatrice du film American Psycho, Mary Haron. L'Outremontaise, qui a déjà participé à des projets totalisant plus de 3 milliards de dollars d'investissements, vient de cofonder, aux côtés de la femme d'affaires Diane Hendricks, Cirrina Studios.

Lauréate - Cadre, dirigeante ou professionnelle, entreprise privée - PRIX TÉLÉFILM CANADA

Qu'est-ce qui vous a donné l'envie de créer votre entreprise ?

À l'époque du 11 septembre 2001, je travaillais pour une entreprise de production allemande de longs métrages qui avait l'intention d'entrer en Bourse. Les cours se sont toutefois effondrés et mon patron m'a proposé de m'associer avec lui. Au lieu de cela, j'ai choisi de m'associer avec mon mari pour lancer Mediabiz, en nous basant sur nos compétences : lui qui avait fait un MBA en finances, et moi, qui possédait déjà un carnet de contacts.

Quels ont été vos plus grands défis ?

Nous voulions devenir une plateforme mondiale et entrer en compétition avec des acteurs historiques, qui avaient des moyens plus importants. Pour cela, nous devions aller chercher des investisseurs qui auraient confiance en nous pour gérer leurs fonds. Ensuite, le défi a été de gérer une croissance accélérée et de mettre les bouchées doubles, sans faire grossir les équipes.

Vous avez décidé de le faire en restant à Montréal. Pourquoi ?

Nous avons décidé de vivre ici pour des raisons familiales, car nous avons trois enfants. Je passe au moins une semaine par mois à Los Angeles. Comme nous rayonnons à l'international, il nous faut aussi trouver les bonnes équipes sur le terrain et pouvoir en changer si on rencontre un problème, en nous appuyant sur les bonnes personnes.

Que faut-il pour percer dans le cinéma ?

Les compétences sont une chose, mais dans ce domaine, l'expérience vaut encore plus, car il faut aussi développer des relations personnelles avec les artistes, y compris à l'extérieur du Canada, et trouver des niches par rapports aux autres joueurs internationaux historiques.

Quels sont vos objectifs avec Cirrina Studios ?

Nous avons cofondé, en juin dernier, Cirrina Studios avec DHM holdings, au Wisconsin. Grâce à ce nouveau studio, nous avons déjà entamé la production d'un film de 50 millions de dollars et de deux films de 13 M$ et de 28 M$, tandis que les fonds sous gestion disponibles s'élèvent à 200 M$. L'objectif est de financer des longs métrages et des séries télévisées pour un marché international, par un volet financement et production. Mediabiz demeurera le centre névralgique pour les compétences financières, tandis que la production sera gérée davantage par Cirrina.

Comment décririez-vous l'excellence ?

L'excellence, au cinéma, c'est d'abord de raconter des histoires marquantes et qui vous touchent. C'est aussi faire, en tant que leader, que chaque artiste trouve sa place, que l'on voit leur excellence à l'écran. C'est un défi, car sur un plateau, on peut retrouver jusqu'à une centaine de personnes qui ont toutes des compétences spécifiques. Pour créer une oeuvre, il faut arriver à ce que chacun ait une voix, tout en ayant au final un produit harmonisé.

Quelles sont les qualités nécessaires pour réussir dans ce secteur ?

Comme dans beaucoup de secteurs, c'est le fait de travailler fort, de chercher à se dépasser et de donner des exemples aux gens pour qu'ils s'en inspirent. J'ai appris, par exemple, à reconnaître les personnes avec qui travailler. On peut avoir le meilleur scénario du monde, mais si on a le mauvais partenaire, le projet ne sera pas bon.

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