Conjuguer l'économie au féminin à la CDPQ

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Novembre 2018

Conjuguer l'économie au féminin à la CDPQ

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Édition du 10 Novembre 2018

« La moitié des entreprises créées en 2017‑2018 ont été lancées par des femmes. » – Michèle ­Boisvert, première ­vice-présidente, ­Rayonnement des affaires, à la ­Caisse de dépôt et placement du ­Québec

Vecteur de richesse pour la société québécoise, l'entrepreneuriat est une priorité pour la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Une orientation qui se conjugue au féminin pour l'institution qui gère plus de 300 milliards d'actifs et qui a remporté le prix Impact féminin Grande entreprise aux Prix Femmes d'affaires du Québec.

Une question d'équité d'abord, alors que les femmes représentent 50 % de la population, mais aussi de rentabilité, estime Michèle Boisvert, première vice-présidente, Rayonnement des affaires, à la CDPQ. «Plusieurs études montrent que le fait d'accroître la présence des femmes dans l'entrepreneuriat, la haute direction ou au sein des conseils d'administration augmente la performance financière des organisations, amène une plus grande diversité de pensée et une meilleure gouvernance, affirme-t-elle. On voit même que les nouvelles entreprises où il y a une part d'actionnariat féminin sont plus performantes que celles dont l'actionnariat est exclusivement masculin.»

Si c'est pour stimuler les jeunes à se lancer en affaires que la Caisse, en partenariat avec la Banque Nationale et Desjardins, a lancé le programme «Devenir entrepreneur», c'est pour encourager les femmes à plonger aussi dans l'aventure qu'ils ont ajouté un volet féminin au programme, avec une campagne ciblée sur l'entrepreneuriat au féminin en 2018. «Depuis 2015, nous avons publié près de 150 témoignages et comptons plus de 40 000 "mentions J'aime" sur notre page Facebook», précise Mme Boisvert.

Les effets de ce genre de programme sont difficiles à mesurer. Or, les chiffres montrent que la proportion d'entrepreneures à la tête d'une entreprise ne cesse d'évoluer, indique-t-elle. «Actuellement, on compte autour de 40 % de femmes et de 60 % d'hommes. Cela dit, on remarque que la moitié des entreprises créées en 2017-2018 ont été lancées par des femmes.»

S'il existe plusieurs mesures pour inciter les femmes à se lancer en affaires, plus rares sont celles qui accompagnent les entrepreneures établies qui jonglent avec la croissance. Dans cette optique, la Caisse vient tout juste de lancer «Cheffes de file», une initiative qui s'adresse aux dirigeantes de PME ayant un chiffre d'affaires dépassant les 5 millions de dollars. Un véritable cercle d'entraide et de codéveloppement, favorisant le maillage et offrant différents outils pour propulser ces organisations.

Quand l'union fait la force

Pour la Caisse, pas question de faire cavalier seul. L'institution utilise sa force d'influence et travaille de concert avec différents organismes pour s'assurer d'une meilleure représentation des femmes en affaires, en finance ou dans la haute direction des entreprises. Par exemple, la CDPQ a rejoint, l'an dernier, le 30% Club, un mouvement qui compte plusieurs grandes caisses de retraite du Canada.

Ce regroupement, qui a des racines dans une dizaine de pays, milite pour augmenter la proportion de femmes au sein des conseils d'administration et de la haute direction. «Nous avons entre autres signé une déclaration demandant aux sociétés qui forment l'indice composite S&P/TSX d'adopter des mesures efficaces pour que leur conseil d'administration et leur équipe de direction soient composés d'au moins 30 % de femmes d'ici 2022», explique Mme Boisvert. D'ailleurs, l'organisation compte elle-même 39 % de femmes dans ces instances, grâce au mentorat, mais aussi au moins une candidate est reçue en entrevue pour chaque poste à pourvoir.

Une kyrielle de mesures pour favoriser l'équité, mais aussi la richesse et la diversité de l'économie québécoise. «Actuellement, nous tentons de mettre en place les conditions pour qu'il y ait plus d'entreprises à propriété féminine dans lesquelles nous pourrons ensuite investir», assure Mme Boisvert. Une préoccupation constante dans tous les échelons de l'organisation et une priorité pour l'institution qui gère les économies des Québécois et des Québécoises.

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