Hélène Demers: traduire la vision des créateurs

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Novembre 2017

Hélène Demers: traduire la vision des créateurs

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Novembre 2017

Hélène Demers, cofondatrice, vice-présidente et directrice générale, Scène Éthique

Lorsqu’elle a fondé Scène Éthique avec son mari Martin Ouellet en 1995, Hélène Demers voulait se créer un emploi sur mesure. Plus de 20 ans plus tard, l’entreprise de 70 employés qui conçoit et fabrique des aménagements scéniques rayonne à l’international grâce à des clients comme le Cirque du Soleil, Robert Lepage et Céline Dion. La PME voyage dans les bagages des artistes sur toute la planète, en plus de collaborer avec des entreprises jusqu’à Dubaï.

Finaliste - Entrepreneure active à l’international, PRIX CAISSE DE DÉPÔT ET PLACEMENT DU QUÉBEC

Quel a été le plus grand défi de votre carrière ?

Les défis sont quotidiens, car notre équipe doit traduire la vision d’un créateur en équipements scéniques. Cela demande une grande dose de créativité. Mais il a fallu bâtir notre crédibilité pas à pas. Parce qu'il ne faut pas se le cacher, dans un créneau aussi précis que le nôtre, obtenir du financement peut être difficile. Pour y arriver, il a fallu s’attaquer à des contrats audacieux, qui nous permettaient de démontrer notre force d’innovation, mais qu’on savait pouvoir réussir.

Par exemple, pour la tournée « Let’s talk about love » de Céline Dion, nous devions créer une scène en forme de cœur, avec cinq élévateurs, qui se monte et se démonte en quelques heures. On avait seulement une équipe de 14 personnes et neuf semaines devant nous pour concrétiser le tout! Mais c’est en poussant toujours un peu plus loin, en livrant des mandats de plus en plus complexes, que nous avons solidifié notre réputation, tant auprès de nos clients que des bailleurs de fonds.

Quelle est la réalisation qui vous rend la plus fière ?

Lorsque nous avons lancé notre entreprise, Martin et moi voulions créer un emploi à notre image qui nous permettrait d’exploiter nos forces. On travaillait tous les deux dans les coulisses du monde du spectacle, mais quand j’ai commencé à avoir des enfants, je ne pouvais plus grimper sur des ponts à 40 pieds dans les airs! La compagnie s’est aussi avérée un canal pour exercer notre créativité et une plate-forme d’apprentissage extraordinaire. J’y ai touché à toutes les facettes de la gestion. Aujourd’hui, c’est un instrument qui permet à mes employés de se développer à leur tour. À tel point que les enfants de certains d’entre eux viennent travailler avec nous l’été et étudient en génie pour se joindre à notre équipe. De voir que notre rêve est maintenant partagé par notre équipe, c’est ce qui me rend le plus fière.

Que signifie l’excellence au féminin pour vous ?

Selon moi, il faut faire acte d’humilité et accepter qu’il est impossible d’être la meilleure dans tout! L'important, c'est de faire du mieux qu’on peut, selon les circonstances, même si ce n’est pas toujours parfait. Par exemple, j’ai eu quatre enfants en cinq ans, en plus de me lancer en affaires. Il a donc fallu que je trouve un équilibre pour que tout arrive. J’ai aussi arrêté de me sentir comme un imposteur quand j’ai réalisé que les risques, c’est moi qui les prenais chaque matin.

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