La course aux meilleures pratiques environnementales

Publié le 19/05/2014 à 00:09

La course aux meilleures pratiques environnementales

Publié le 19/05/2014 à 00:09

Même si certains incidents viennent ternir le bilan environnemental de l’exploration minière, l’industrie estime que l’impact environnemental de ses activités est « très faible », car les projets ont une emprise au sol restreinte et que les quantités de contaminants potentiels manipulées sont minimes.

« Nous avons toujours un impact sur le territoire, admet Denis Bois, directeur de l’Unité de recherche et de service en technologie à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Mais les firmes sont de plus en plus conscientes de l’importance de laisser le moins de traces possible de leur passage. »

Les normes gouvernementales strictes y sont sûrement pour beaucoup. « Être capable de se prouver à l’interne que nous respectons la réglementation, c’est déjà quelque chose », souligne Martin Demers, directeur général exploration d’Hécla Québec.

« L’industrie est bien au-devant des lois, nuance toutefois le président de Forages Rouillier, Mario Rouillier. Nous voulons nous différencier de la compétition et être les meilleurs. »

Les défis du Grand Nord

« Tout le monde a à cœur d’être proactif dans ce domaine », poursuit Mario Bouchard, président et chef de la direction de Ressources minières Radisson. Il cite l’exemple d’un consortium d’entreprises actives dans le Grand Nord québécois qui, à chaque passage, ramène des barils vides laissés sur place par d’autres minières au siècle dernier.

La végétation et le climat particuliers des territoires nordiques amènent par ailleurs les minières à adapter leurs pratiques. En été, les employés de Mines Agnico Eagle demeurent dans les hélicoptères pour ne pas abimer la toundra. « L’hiver, nous récupérons nos boues de forage, parce que si nous les laissons sur la glace, elle pourrait entraîner les sédiments dans les lacs en fondant », précise Louise Grondin, vice-présidente principale environnement et développement durable de l’entreprise.

Les foreuses signées Forages Rouillier sont quant à elles montées sur chenilles plutôt que sur skis pour laisser moins de traces au sol. Et la majorité fonctionne à l’huile hydraulique biologique. « Depuis deux ans, nous avons investi et fait beaucoup de recherche, explique Mario Rouillier. Cette année, nous sommes montés encore plus au nord : l’hiver a été très rude et le froid nous a causé d’énormes difficultés, mais je pense que nous avons atteint les objectifs que nous nous étions fixés. »

Parallèlement, les deux entreprises travaillent à être aussi économes que possible en eau. « Il doit y avoir un débit constant qui arrive à la couronne de forage, donc nous avons développé un système de recirculation pour pomper moins d’eau, détaille M. Rouillier. Sauf que pour être en mesure de la recycler, il nous faut un système de séparation des boues pour ne pas remettre de sédiments dans le trou de forage. »

Aider la nature à reprendre ses droits

La restauration des sites d’exploration est une autre pratique volontaire en vogue. « L’ensemble du site est végétalisé et nous recouvrons notre bassin de rétention des sédiments de manière à nous assurer qu’ils n’atteignent pas les cours d’eau, explique Pierre-Philippe Dupont, directeur du développement durable de Royal Nickel. Chaque année, nous retournons aussi vers nos anciens sites pour nous assurer que la restauration a été efficace et y retravailler au besoin. »

Chez Hécla Québec, une attention particulière est accordée au design du site. « Les travaux de terrassement sont faits de manière à protéger la surface végétale et à minimiser l’écoulement des particules en suspension, détaille Martin Demers. Nous nous arrangeons pour que la nature puisse reprendre ses droits facilement. »

« En Abitibi, nos équipes sont un peu comme celles des travaux publics, poursuit le géologue, car on gravelle nos chemins. Au lieu de laisser des sentiers boueux avec des ornières, elles replantent des arbres et des graminées qui donnent emprise durable sur le territoire. » M. Demers souligne qu’à 15 $ le mètre de chemin aménagé, « c’est un petit investissement supplémentaire, mais ce n’est pas la mer à boire ».

Pour le projet Fayolle, qu’elle développe dans le quartier Mont-Brun de Rouyn-Noranda avec Exploration Typhon, Hécla prévoit tenter l’expérience du micro-mining, une façon de faire plus artisanale et moins mécanisé. « C’est un projet qui va avoir une empreinte au sol minimisée, soit l’équivalent de deux Walmart, résume Martin Demers. Ce sera plus facile de réagir rapidement. » Une flexibilité qui pourrait s’avérer très utile, considérant que la moitié du projet se situe des terres publiques adjacentes au parc national d’Aiguebelle.

« Du point de vue environnemental, les 10 dernières années ont apporté beaucoup, parce que les nombreuses critiques ont créé un mouvement de masse au sein des compagnies d’exploration, constate finalement Louise Grondin. Les minières se sont demandées comment mieux faire les choses… Et quand on nous met au défi, et bien on trouve des solutions! »

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