La facture salée des bureaux tendance


Édition du 24 Janvier 2024

La facture salée des bureaux tendance


Édition du 24 Janvier 2024

Par Claudine Hébert

Dès que l’entreprise de location de bureaux BuroLoft achète un local, elle investit pour le moderniser. (Photo: courtoisie)

ESPACES DE TRAVAIL. Avant la pandémie, les travaux liés à des aménagements de bureau de type « destination » pouvaient coûter moins de 150 $ le pied carré. Or, voilà, avec la hausse des coûts de matériaux et de main-d’œuvre, la facture a explosé.

« Aujourd’hui, il n’est pas rare que la facture grimpe à plus de 250 $, voire à près de 300 $ le pied carré », soutient l’architecte Sonkham Khamlong, de la firme DKA. Notamment si les nouveaux espaces bénéficient de la domotique et d’autres technologies qui réduisent la facture des coûts énergétiques, précise le professionnel qui parle en connaissance de cause. Son entreprise vient d’investir 2,5 millions de dollars (M $) pour l’aménagement de son nouvel espace de travail de 8700 pieds carrés situé sur le boulevard Curé-Labelle, à Sainte-Thérèse. L’équivalent de 290 $ le pied carré.

Philippe Johnson, associé directeur au cabinet Davies Ward Phillips & Vineberg, ne souhaite pas communiquer les menus détails de la facture des nouveaux aménagements dont font l’objet les cinq étages qu’occupe son entreprise au centre-ville de Montréal. Néanmoins, il concède que le coût du pied carré se calcule effectivement en plusieurs centaines de dollars.

« Certes, les panneaux de verre à la grandeur du bureau ainsi que l’installation des technologies audiovisuelles dans toutes les salles de rencontre contribuent à hausser le coût de la facture. Mais les travaux de construction qui se déroulent principalement le soir et la nuit le font aussi », signale l’avocat qui supervise la modernisation des 75 000 pieds carrés du cabinet. Des travaux qui prendront fin au cours de l’été 2024.

 

Les solutions clé en main

Pour minimiser les coûts de la facture, certaines entreprises peuvent toujours opter pour les nouveaux centres d’affaires et immeubles à location flexible qui favorisent la formule communautaire. « En partageant la terrasse, les salles de conférences, la salle de sport et autres espaces communautaires, cela permet à de petites PME de bénéficier de ce type d’environnement de travail sans qu’ils en fassent les gros frais », soutient Pierre-Antoine Fernet, propriétaire de l’immeuble Fabrik8. Inauguré en mai dernier, l’immeuble de 125 000 pieds carrés, situé à l’angle des rues Jean-Talon et Waverly, a coûté tout près de 30 M $, soit l’équivalent d’un peu plus de 240 $ le pied carré.

Emménager dans un espace clé en main déjà modernisé par le propriétaire de l’immeuble constitue aussi une solution pour minimiser les frais liés au bureau « destination ». Une formule que propose notamment le Groupe Redbourne pour certains de ces immeubles du centre-ville. Le gestionnaire utilise d’ailleurs une section du 9e étage du 1801, avenue McGill College, comme salle de démonstration. Différents motifs de tapis, types d’éclairage ainsi que pièces de mobilier sont suggérés aux futurs locataires qui veulent bénéficier de la formule.

Il n’y a pas si longtemps, les frais d’amélioration locative alloués par les gestionnaires pour revoir la signature des espaces de bureaux au centre-ville correspondaient à une quarantaine de dollars le pied carré. Pas plus de 50 $. Aujourd’hui, alors que le bureau de type « destination » s’incruste dans plusieurs immeubles, ces frais ont littéralement doublé. Et même plus. Une contribution que le propriétaire refile généralement aux locataires au fil des années que dure le bail.

 

Le faire pour les autres… et pour soi

La division immobilière de l’entreprise Mon Technicien, BuroLoft, propose, elle aussi, la formule « clé en main », mais pour des motifs différents. Depuis une douzaine d’années, l’entreprise accumule les espaces commerciaux de copropriétés sur le territoire lavallois. « BuroLoft détient aujourd’hui quelque 20 000 pieds carrés de superficie qui sont tous loués à 100 % », soutient son PDG, Sylvain Dion.

Certes, l’entreprise Mon Technicien occupe le quart de ces espaces, mais le reste est loué à une cinquantaine de PME qui varient de 1 à 25 employés. Une performance que le dirigeant de BuroLoft attribue, entre autres, à sa stratégie d’aménagement.

« Dès que nous achetons un nouveau local, nous investissons massivement pour le moderniser de fond en comble. Tous nos espaces sont ainsi équipés d’un espace lounge, d’un bar, d’une cuisine et même de BBQ à l’extérieur. Un investissement qui frôle aisément les 300 $ le pied carré », indique Sylvain Dion.

Bien sûr, l’objectif est de rendre l’espace de travail attrayant afin d’en faciliter la location. Mais, l’entreprise le fait aussi pour elle, insiste-t-il. « Chaque fois que nous rénovons, nous le faisons en prévision de nos éventuelles expansions. Lorsque le bail d’un locataire prend fin, il nous suffit d’évaluer nos besoins du moment pour décider si nous récupérons ou non l’espace », explique Sylvain Dion. Au cours des dix dernières années, le nombre d’employés de Mon Technicien a justement doublé pour atteindre la quarantaine, dit-il. Et l’entreprise continue d’embaucher du personnel.

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