Investissez dans vos bureaux pour attirer et retenir les employés


Édition du 24 Janvier 2024

Investissez dans vos bureaux pour attirer et retenir les employés


Édition du 24 Janvier 2024

Par Claudine Hébert

Actuellement, environ 1 % des quelque 100 millions de pieds carrés d’espace de bureaux répond à cette nouvelle tendance. (Photo: 123RF)

ESPACES DE TRAVAIL. Bien avant la pandémie, plusieurs entreprises commençaient déjà à revoir leurs espaces de travail afin d’améliorer leur stratégie d’attraction et de rétention du personnel. Une initiative qu’adoptaient également certains propriétaires d’immeubles pour séduire les locataires. Avec l’ampleur qu’a prise le télétravail, la tendance à vouloir transformer le bureau en une destination attrayante prend nettement racine.

« Que vous soyez propriétaire d’immeuble ou dirigeant d’une entreprise dans un grand centre-ville, mieux vaut investir pour réaménager vos espaces de travail. Autrement, les prochaines années risquent d’être pénibles. »

C’est ce que soutient Pierre-Antoine Fernet, propriétaire de l’immeuble Fabrik8, à Montréal. Le gestionnaire, qui participait en avril dernier à la conférence du Global Coworking Unconference (GCUC USA), à Chicago, rapporte que les espaces de type « destination », c’est-à-dire des espaces modernes où le confort des employés est une priorité, vont représenter plus de 25 % de la superficie totale des bureaux d’ici 2040. « Certains experts avancent que ce chiffre pourrait même atteindre 75 % d’ici 2060 », précise-t-il.

Montréal a du chemin à parcourir. « Actuellement, environ 1 % des quelque 100 millions de pieds carrés d’espace de bureaux répond à cette nouvelle tendance », poursuit le propriétaire d’immeubles commerciaux. Mince consolation, New York, qui a vu naître les WeWork et Industrious, ne fait guère mieux avec près de 3 %. Un sommet en Amérique du Nord.

 

La tendance est entamée

Les gestionnaires d’immeubles peuvent le confirmer. Au Québec, depuis une vingtaine d’années, ce sont surtout les studios de jeux vidéo, les agences de publicité, les entreprises de nouvelles technologies, les salles de presse, les firmes de design, en fait, les entreprises créatives, qui ont été les précurseurs dans ce domaine.

Et voilà que les entreprises aux activités plus traditionnelles emboîtent, elles aussi, le pas. Depuis le printemps 2023, le cabinet d’avocats Davies Ward Phillips & Vineberg procède à un réaménagement complet de ses locaux au 1501, avenue McGill College. L’entreprise, qui occupait 75 000 pieds carrés du 23e au 27e étage, s’établira du 25e au 29e étage de l’immeuble dans un tout nouvel environnement. « Une modernisation qui ne s’était pas produite depuis 1995 », avise l’associé directeur du cabinet, Philippe Johnson.

Toutefois, ne cherchez pas les tables de billard, de ping-pong ou les consoles de jeux vidéo qui meublent les bureaux de plusieurs entreprises de création. La nouvelle signature, qui doit être livrée à l’été 2024, sera plutôt bonifiée d’espaces collectifs. « Il y aura un espace café-cuisine sur chacun de nos cinq étages contrairement à un seul à l’heure actuelle. Le cabinet a aussi fait construire deux douches, une bibliothèque ainsi qu’une quinzaine de petites salles pouvant accueillir quatre personnes. On n’en avait que deux depuis 28 ans », partage l’avocat. En fait, les espaces collectifs, qui représen-taient jusqu’à présent 16 % de la superficie du cabinet, doubleront de volume, ajoute-t-il.

Le cabinet, qui emploie plus de 300 personnes, a conservé des bureaux fermés pour les avocats, mais en réduisant leur taille de 15 % à 50 %. « Des bureaux qui seront tous dotés de murs de verre afin de laisser la lumière naturelle pénétrer au cœur des étages… et permettre à tout le monde de contempler le paysage montréalais », explique ce gestionnaire.

 

L’unique solution ?

Malgré tous ces efforts pour embellir le lieu de travail, le retour des employés en présentiel est loin d’être garanti. Simon De Baene, dirigeant de la société Workleap (anciennement GSoft), peut en témoigner.

En 2019, sa société a investi près de 15 millions de dollars pour aménager de nouveaux bureaux au rez-de-chaussée du Nordelec, dans le secteur Pointe-Saint-Charles. « Notre objectif était de rassembler sur un même plancher de 100 000 pieds carrés l’ensemble de nos 250 employés qui étaient répartis sur trois étages au sein de l’immeuble », raconte le dirigeant.

Or, la pandémie a complètement chamboulé le modèle d’affaires du fabricant de logiciels. Aujourd’hui, moins de 75 employés se présentent au bureau chaque semaine. Et ils viennent principalement le jeudi. « On pensait vraiment que notre avenir allait se jouer dans de grands bureaux. Finalement, c’est tout le contraire qui se produit. Aujourd’hui, notre équipe est dispersée partout au Canada et aux États-Unis. Et ça fonctionne mieux que jamais », avoue Simon De Baene.

À vrai dire, le modèle en mode « distribué » sourit davantage à l’entreprise qui, juste avant les fêtes, a pris de l’expansion au Texas avec l’acquisition de la société Pingboard. « Mon bassin de talents n’est plus limité qu’à Montréal et ses environs. Je peux désormais recruter partout en Amérique du Nord. D’ailleurs, depuis le début de la pandémie, l’entreprise est passée à plus de 450 employés », signale-t-il.

Son seul bémol, Workleap n’a toujours pas trouvé de locataire pour sous-louer les quelque 50 000 pieds carrés qu’elle n’a plus besoin d’utiliser.

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