Prendre en compte le bien-être sonore des employés


Édition du 20 Avril 2019

Prendre en compte le bien-être sonore des employés


Édition du 20 Avril 2019

(Photo: Courtoisie)

ESPACES DE TRAVAIL. Les espaces de travail totalement ouverts peuvent générer un niveau élevé de bruit, source d’inconfort, de fatigue et de distraction pour les occupants. Afin de remédier à cet inconvénient, certaines entreprises agissent pour améliorer la qualité acoustique de leurs bureaux. 

Lorsque le groupe d’ingénierie ABB a décidé de rassembler dans un même édifice ses 700 employés répartis dans six bureaux dans le Grand Montréal, l’entreprise a placé la réduction du bruit parmi les critères auxquels le nouveau bâtiment de 300 000 pieds carrés devait répondre. 

Étant donné que le son voyage davantage dans un bureau entièrement ouvert, ABB a choisi de recouvrir ses sols de tapis capables d’étouffer le son. Au plafond, des tuiles spéciales ont été installées pour absorber le bruit. « Le son rebondit sur les surfaces lisses comme le béton, alors il vaut mieux privilégier des matériaux qui présentent des aspérités », explique Martine Drolet, associée et designer chargée de projets chez VAD, une firme spécialisée en aménagement de bureaux.  

À chaque besoin sonore, son espace

Inauguré l’an dernier, le nouveau campus d’ABB a été pensé de manière à fournir des espaces adaptés aux différents niveaux de bruit généré par son activité. En plus des 25 salles de conférence existantes, chaque étage dispose d’une aire de collaboration où les salariés peuvent parler librement. Des cabines téléphoniques insonorisées et accessibles sans réservation accueillent les rendez-vous téléphoniques et les discussions en tête-à-tête.

« Nous avons aussi une bibliothèque où le silence total est exigé afin que les employés ayant besoin de se concentrer ou de réfléchir puissent trouver le calme nécessaire », ajoute Mike Golden, directeur de projet en gestion immobilière de l’entreprise. 

Cet agencement de l’espace se double d’un code de vie appliqué aux zones où se trouvent les postes de travail. Téléphones en mode silencieux, casques d’écoute obligatoires pour permettre aux personnes de parler moins fort quand elles sont au téléphone ou encore utilisation du clavardage pour communiquer, tout a été fait pour limiter le temps passé à s’exprimer à voix haute. « Le téléphone est intégré à l’ordinateur, indique M. Golden. Les appels entrants sont donc signalés de manière plus discrète qu’une sonnerie de téléphone traditionnelle.»

 Atténuer le bruit plutôt que l’éliminer

Le bien-être sonore des équipes ne passe pas par un silence parfait. « Ce serait aussi dérangeant que le bruit, car le moindre murmure les ferait sursauter », souligne Mme Drolet. 

Dispositif permettant d’amoindrir les nuisances sonores sans tomber dans un silence lourd, le masquage sonore est de plus en plus prisé, surtout qu’il présente l’avantage de préserver la confidentialité des échanges. L’entreprise de Québec Soft dB a mis au point une technologie de masquage sonore qu’elle vend partout dans le monde. Affichant une croissance annuelle moyenne de 35% depuis six ans, elle compte la BDC, KPMG ou encore Desjardins parmi ses clients. 

Un appareil, inséré dans l’entreplafond, propage un bruit neutre sur le plan sonore équivalent à celui présent dans une bibliothèque. À défaut de supprimer les éclats de voix de ses collègues, ce masquage empêche de comprendre les conversations et donc d’être déconcentré. « C’est un bruit uniforme, doux et enveloppant, qui comble au maximum la bande passante de l’oreille humaine, décrit Jean-François Cauchon, vice-président de Soft dB. Grâce à des capteurs, l’émission du bruit est ajustée selon le niveau sonore de la pièce.» Selon lui, la mise en place d’un masquage sonore coûte entre 1 $ et 4 $ par pied carré. 

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