Un Vent du Nord souffle sur la SAQ

Publié le 30/01/2020 à 11:01

Un Vent du Nord souffle sur la SAQ

Publié le 30/01/2020 à 11:01

Par Catherine Charron

(Photo: courtoisie)

ENTREPRENEURIAT: L'APPORT DES TPE. Moins d’un mois après avoir écoulé en trois heures ses 800 premières bouteilles, une microdistillerie de Baie-Comeau se prépare à prendre d’assaut les tablettes de la SAQ avec un gin tout ce qu’il y a de plus nord-côtier.

Catherine Blier planche sur cette concoction depuis un peu plus de deux ans déjà. La policière de formation travaillait alors derrière le bar d’un restaurant que fréquentait Paul Blanchard, celui qui deviendra son associé.

«J’y ai monté un bar à gin québécois, et je me suis amusée à faire des sirops de fruits à base de produits de la Côte-Nord. J’ai vu qu’il y avait une demande et un engouement», raconte l’amatrice de produits de la province.

La mixologue a invité le directeur de production, maintenant à la retraite, de Produits forestiers Résolu et chimiste à se joindre à elle.

Pour parvenir à produire les 1200 premières bouteilles commandées par la SAQ, les cofondateurs de la distillerie Vent du Nord ont visité de nombreux maîtres-distilleurs de partout dans la province, comme la Société secrète de Gaspé et la Distillerie du Fjord, qui produit le KM 12.

À travers ces rencontres, Catherine Blier a pu observer une grande solidarité parmi les artisans du gin: «au Québec, la compétition ne se fait pas entre les microdistilleries, mais contre le Bombay Sapphire et le Beefeater».

La microbrasserie St-Pancrace, aussi de Baie-Comeau, a également joué un rôle significatif dans l’épopée de la distillerie Vent du Nord, non seulement d’un point de vue de la production — elle héberge notamment leur équipement —, mais aussi en termes de gestion d’entreprise.

En effet, aucun des deux cofondateurs n’avait d’expérience en commercialisation d’un alcool avant de se lancer en affaires.

Les cofondateurs de la distillerie Vent du Nord, Catherine Blier et Paul Blanchard (Photo: courtoisie)

Chose certaine, ils ne voulaient pas d’investisseur privé. Ils ont obtenu leur financement auprès de Desjardins et d’organismes comme la Société d’aide au développement des collectivités de la Côte-Nord et Innovation et Développement Manicouagan.

Pour parvenir à aller chercher ses fonds, les deux copropriétaires ont dû faire un montage financier très serré dans lequel ils ne se versent aucun salaire. Ils n'ont donc pas de budget pour engager d’autres employés, mais peuvent compter sur l'aide de quelques bénévoles.

«Ce sont les enjeux de démarrage, mais on fait ça avec tellement d’amour pour le projet», raconte celle qui passe toutes ces journées dans ces locaux de la rue Comeau.

Après un an et demi de développement et des investissements de 259 000$, l’équipe du Vent du Nord a dévoilé le Norkōtié, un gin qui rend hommage aux petits fruits méconnus de la région, comme les baies d’aronia et le genévrier nordique québécois.

Les producteurs sont ravis de voir atterrir leurs bouteilles à la SAQ, malgré les incertitudes liées au déploiement de leur marchandise d’ici les 45 prochains jours.

Bien que les cartons soient maintenant envoyés, il leur est difficile de dire quand ce nectar reposera dans les rayons de la société d’État. Impossible même de prévoir dans quelles succursales il se retrouvera: «nous n’avons aucun mot à dire sur la manière avec laquelle la SAQ s’occupe de la distribution», observe Catherine Blier.

Le rôle de la microdistillerie sera donc de courtiser les amateurs de gin de partout dans la province et de générer de l’engouement, pour que les points de vente de ses régions commandent des bouteilles de Norkōtié.

La distillerie Vent du Nord devrait produire entre 29 000 et 52 000 bouteilles en 2020. D’ici les 3 à 5 prochaines années, elle aimerait engager 2 ou 3 nouveaux employés. Mais pas question de développer un whisky ou de la vodka: ce sont les petits fruits indigènes de la Côte-Nord qui font la loi au sein de l’entreprise.

«On veut créer une synergie avec nos producteurs locaux (qui font leur cueillette à la main) pour voir ce qu’ils veulent développer, en fonction des belles récoltes de l’année», prévoit-elle.


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