Le Québec conserve plus de brevets, selon deux responsables de l’innovation

Publié le 20/10/2023 à 12:38

Le Québec conserve plus de brevets, selon deux responsables de l’innovation

Publié le 20/10/2023 à 12:38

Par La Presse Canadienne

Le défi du Québec n’est pas seulement de conserver la propriété intellectuelle dans la province, mais d’en produire davantage. (Photo: 123RF)

Le Québec conserve plus de brevets, selon deux responsables de l’innovation
   
Il est trop tôt pour crier victoire, mais les efforts déployés pour conserver la propriété intellectuelle des chercheurs québécois semblent porter leurs fruits, assurent deux responsables de l’innovation au sein de l’appareil gouvernemental québécois. 
Un rapport récent de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) affirmait que le Québec avait «perdu le contrôle» sur l’aboutissement de ses investissements publics en innovation dans le milieu universitaire.  En 2020, seulement 40% des innovations brevetées conçues par des chercheurs québécois l'ont été pour le compte d'une personne ou d’une organisation de la province, selon une estimation de l’IRÉC.
L’innovateur en chef du Québec, Luc Sirois, et le président-directeur général d’Axelys, Jesse Vincent-Herscovici, ne s’en cachent pas: le Québec a de la difficulté à commercialiser les fruits de la recherche fondamentale. La tendance s’est toutefois améliorée depuis l’année 2020, assurent-ils en entrevue avec La Presse Canadienne. 
Luc Sirois va même plus loin que les constats de l’étude de l’IRÉC. Le défi du Québec n’est pas seulement de conserver la propriété intellectuelle dans la province, mais d’en produire davantage. 
«Je te dirais qu’elle [la situation] était encore pire que ça. Ce n’est pas juste qu'on avait beaucoup de propriétés intellectuelles, à l'époque, qui étaient transférées vers l'international, mais dans les faits, on avait moins de propriétés intellectuelles, point.»
En avril 2021, le gouvernement Legault a créé Axelys, une organisation sans but lucratif dont la mission est d’accélérer le développement et le transfert d’innovations issues de la recherche publique. Autrement dit, aider les chercheurs du milieu universitaire et collégial à trouver des débouchées commerciales à leur recherche fondamentale. 
Les activités d’Axelys auront permis, notamment, à ce qu’un plus grand nombre d’innovations restent entre les mains de propriétaires québécois, affirme M. Vincent-Herscovici. 
Depuis sa création, Axelys a accompagné 67 transferts technologiques, dont 52 l’ont été vers une organisation québécoise. Sur 163 demandes de brevets, 127 ont été faites par une entreprise québécoise. Dans les deux cas, cela représente une proportion de près de 78%. «C'est quand même un volume intéressant, considérant le mode start-up (en démarrage) dans lequel on est», souligne M. Vincent-Herscovici. 
Les efforts d’Axelys s’inscrivent dans la stratégie québécoise de recherche en investissement et en innovation 2022-2027, dévoilée par le gouvernement Legault au printemps 2022. Québec a consacré 2 milliards de dollars (G$) de fonds supplémentaires à cette nouvelle mouture, qui porte le financement total à 7,5G$ sur cinq ans. 
Créer des ponts entre les innovateurs
Axelys veut créer des ponts dans le milieu de la recherche et de l’entrepreneuriat scientifiques. Elle dispose d’un réseau de 39 courtiers en innovation qui ont un co-mandat auprès d’Axelys et de leur institut de recherche. 
«Ils vivent dans les universités, dans les cégeps, dans les établissements de recherche, mais ils ont un co-mandat avec Axelys pour aller trouver des inventions intéressantes, explique Jesse Vincent-Herscovici. Ils discutent avec les chercheurs pour savoir sur quoi ils travaillent.»
Par la suite, Axelys va accompagner les chercheurs pour les aider à évaluer le potentiel commercial de leurs travaux. Son équipe pourra aussi fournir une aide à travers différentes étapes du projet, que ce soit la demande de brevet, la recherche de partenaires ou le lancement d’une entreprise en démarrage.
L’organisme veut aller encore plus loin en travaillant à l’établissement d’une base de données qui recenserait les travaux de recherche en cours dans le secteur public. L’idée serait de pouvoir mieux diriger les entreprises vers les connaissances qu’elles cherchent, mais aussi de regrouper des travaux de différentes institutions québécoises qui sont complémentaires. «On pourrait vous dire: "il y a quelque chose qui se passe à l'UQTR (Université du Québec à Trois-Rivières) qui est intéressant pour toi", mais aussi que leurs travaux pourraient même être jumelés à ceux de l'Université Laval», donne-t-il en exemple.
Le projet sera bien plus qu’une base de données de brevets, mais «une communauté numérique où vous pouvez trouver des solutions aux problèmes de ton organisation», poursuit-il. «Une organisation dit: "moi, j'ai ce problème-là". Puis moi, je veux pouvoir dire: "voici 16 solutions disponibles dans les établissements de recherche publique qui pourraient être intéressantes".»
«Ce n’est pas encore fait, c'est vraiment ambitieux, mais on va le faire, assure le grand patron d’Axelys. On est en train de mettre en place les premières pierres.»
Par Stéphane Rolland

Il est trop tôt pour crier victoire, mais les efforts déployés pour conserver la propriété intellectuelle des chercheurs québécois semblent porter leurs fruits, assurent deux responsables de l’innovation au sein de l’appareil gouvernemental québécois. 

Un rapport récent de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) affirmait que le Québec avait «perdu le contrôle» sur l’aboutissement de ses investissements publics en innovation dans le milieu universitaire.  En 2020, seulement 40% des innovations brevetées conçues par des chercheurs québécois l'ont été pour le compte d'une personne ou d’une organisation de la province, selon une estimation de l’IRÉC.

L’innovateur en chef du Québec, Luc Sirois, et le président-directeur général d’Axelys, Jesse Vincent-Herscovici, ne s’en cachent pas: le Québec a de la difficulté à commercialiser les fruits de la recherche fondamentale. La tendance s’est toutefois améliorée depuis l’année 2020, assurent-ils en entrevue avec La Presse Canadienne. 

Luc Sirois va même plus loin que les constats de l’étude de l’IRÉC. Le défi du Québec n’est pas seulement de conserver la propriété intellectuelle dans la province, mais d’en produire davantage. 

«Je te dirais qu’elle [la situation] était encore pire que ça. Ce n’est pas juste qu'on avait beaucoup de propriétés intellectuelles, à l'époque, qui étaient transférées vers l'international, mais dans les faits, on avait moins de propriétés intellectuelles, point.»

En avril 2021, le gouvernement Legault a créé Axelys, une organisation sans but lucratif dont la mission est d’accélérer le développement et le transfert d’innovations issues de la recherche publique. Autrement dit, aider les chercheurs du milieu universitaire et collégial à trouver des débouchées commerciales à leur recherche fondamentale. 

Les activités d’Axelys auront permis, notamment, à ce qu’un plus grand nombre d’innovations restent entre les mains de propriétaires québécois, affirme M. Vincent-Herscovici. 

Depuis sa création, Axelys a accompagné 67 transferts technologiques, dont 52 l’ont été vers une organisation québécoise. Sur 163 demandes de brevets, 127 ont été faites par une entreprise québécoise. Dans les deux cas, cela représente une proportion de près de 78%. «C'est quand même un volume intéressant, considérant le mode start-up (en démarrage) dans lequel on est», souligne M. Vincent-Herscovici. 

Les efforts d’Axelys s’inscrivent dans la stratégie québécoise de recherche en investissement et en innovation 2022-2027, dévoilée par le gouvernement Legault au printemps 2022. Québec a consacré 2 milliards de dollars (G$) de fonds supplémentaires à cette nouvelle mouture, qui porte le financement total à 7,5G$ sur cinq ans. 

 

Créer des ponts entre les innovateurs

Axelys veut créer des ponts dans le milieu de la recherche et de l’entrepreneuriat scientifiques. Elle dispose d’un réseau de 39 courtiers en innovation qui ont un co-mandat auprès d’Axelys et de leur institut de recherche. 

«Ils vivent dans les universités, dans les cégeps, dans les établissements de recherche, mais ils ont un co-mandat avec Axelys pour aller trouver des inventions intéressantes, explique Jesse Vincent-Herscovici. Ils discutent avec les chercheurs pour savoir sur quoi ils travaillent.»

Par la suite, Axelys va accompagner les chercheurs pour les aider à évaluer le potentiel commercial de leurs travaux. Son équipe pourra aussi fournir une aide à travers différentes étapes du projet, que ce soit la demande de brevet, la recherche de partenaires ou le lancement d’une entreprise en démarrage.

L’organisme veut aller encore plus loin en travaillant à l’établissement d’une base de données qui recenserait les travaux de recherche en cours dans le secteur public. L’idée serait de pouvoir mieux diriger les entreprises vers les connaissances qu’elles cherchent, mais aussi de regrouper des travaux de différentes institutions québécoises qui sont complémentaires. «On pourrait vous dire: "il y a quelque chose qui se passe à l'UQTR (Université du Québec à Trois-Rivières) qui est intéressant pour toi", mais aussi que leurs travaux pourraient même être jumelés à ceux de l'Université Laval», donne-t-il en exemple.

Le projet sera bien plus qu’une base de données de brevets, mais «une communauté numérique où vous pouvez trouver des solutions aux problèmes de ton organisation», poursuit-il. «Une organisation dit: "moi, j'ai ce problème-là". Puis moi, je veux pouvoir dire: "voici 16 solutions disponibles dans les établissements de recherche publique qui pourraient être intéressantes".»

«Ce n’est pas encore fait, c'est vraiment ambitieux, mais on va le faire, assure le grand patron d’Axelys. On est en train de mettre en place les premières pierres.»


Par Stéphane Rolland

 

 

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