Le privé aussi est allumé

Offert par Les Affaires


Édition du 09 Septembre 2020

Le privé aussi est allumé

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Édition du 09 Septembre 2020

Par François Normand

(Photo: 123RF)

ÉNERGIE. Le Québec est une terre d’innovation en matière électricité. À lui seul, l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ) a obtenu quelque 850 brevets dans 7 axes d’innovation, allant des réseaux intelligents à l’efficacité énergétique, depuis sa fondation, en 1967. Des entreprises privées innovent aussi dans plusieurs secteurs, dont la production d’énergie, la domotique et, plus surprenant, l’épuration des eaux.

Oui, vous avez bien lu : l’épuration des eaux. Le courant électrique peut en effet servir à assainir de manière durable les eaux usées produites par les municipalités, tout en réduisant grandement le phosphore et l’azote ammoniacal rejetés dans l’environnement. Ces deux produits sont en grande partie responsables de la prolifération des algues toxiques dans les cours d’eau, qui font mourir la vie marine en raison d’un manque d’oxygène.

C’est la start-up Kourant Technologies qui s’apprête à commercialiser ce procédé après l’avoir testé pendant deux ans avec succès à L’Assomption, dans la région de Lanaudière.

« Notre technologie permet d’assainir les eaux grâce à un courant électrique de faible ampérage et intermittent », précise Richard Painchaud, qui a lancé auparavant trois autres entreprises dans le secteur des technologies propres. Le Fonds Ecofuel, un capital-risqueur québécois, est l’autre actionnaire de Kourant Technologies, fondée en 2010.

Selon Richard Painchaud, son procédé EBR (pour Electro-Bioreactor, que son entreprise a breveté au Canada, aux États-Unis et en Europe) permet de détruire le phosphore et de réduire de 96 % les rejets d’azote ammoniacal. Le procédé EBR élimine aussi deux fois plus les boues usées que les procédés utilisés habituellement dans les municipalités.

Cette innovation est le fruit de la collaboration de deux équipes de chercheurs spécialisés dans le traitement biologique des eaux, basées à l’Université Concordia, à Montréal, et à l’Université du Manitoba, à Winnipeg. 

Des PME se démarquent

Denis Leclerc, président et chef de la direction d’Écotech Québec, la grappe provinciale des technologies propres, souligne que bien d’autres entreprises québécoises ont mis au point des innovations intéressantes dans le domaine de l’électricité renouvelable.

Il donne l’exemple de Rackam, une PME de Valcourt, en Estrie, spécialisée dans le design, la fabrication et la réalisation de projets solaires dans les secteurs municipal, industriel et agricole.

« Leurs produits vont bien au-delà de panneaux solaires », affirme Denis Leclerc.

Dans le secteur industriel, les équipements de Rackam permettent par exemple à des entreprises de produire de l’eau bouillante et de la vapeur saturée, réduisant ainsi l’utilisation d’hydrocarbures, largement répandue dans ce type de procédés.

En agriculture, les solutions thermosolaires de la PME alimentent les systèmes de nettoyage dans les fermes laitières ou les porcheries. Dans les villes, ses équipements permettent d’alimenter les unités de séchage utilisées dans la gestion des boues municipales.

Le Québec abrite aussi des PME qui innovent dans le domaine de l’éolien, telles que la montréalaise Eocycle Technologies, dans laquelle Investissement Québec a une participation.

Cette entreprise conçoit et fabrique de petites éoliennes, qu’elle vend à des fermes, à des PME et à des municipalités. Eocycle commercialise deux modèles : la E025 (25 kilowatts) et la série XANT (de 100 à 300 kilowatts), qu’elle offre grâce à son partenariat avec le manufacturier belge d’éoliennes XANT.

L’éolienne E-25 a été reconnue par la Solar Impulse Foundation comme l’une des 1 000 meilleures solutions élaborées dans le monde afin de protéger l’environnement de manière rentable. Elle génère 50 % plus de kilowattheures que ses concurrentes de taille similaire. 

Des technologies pour économiser l’énergie

Le Québec se démarque aussi en matière de domotique résidentielle et commerciale, qui permet de maximiser la consommation d’électricité.

Le 19 août, Hilo, la dernière-née des divisions d’Hydro-Québec, a lancé son service de maison intelligente dans les principales villes de la province. Pour offrir ce service permettant d’économiser de l’électricité, la société d’État s’appuie sur la technologie conçue par Stelpro, une PME de Saint-Bruno-de-Montarville qui fabrique des thermostats intelligents.

« Notre thermostat adapté pour le service Hilo offre plus de flexibilité et s’adapte au rythme de vie réel des gens », explique Stéphane Lettre, directeur du marketing stratégique chez Stelpro.

Les thermostats intelligents de la PME permettent aux utilisateurs de réduire jusqu’à 25 % leur consommation d’énergie par rapport aux thermostats programmables, soit « non intelligents ».

Dans l’immobilier non résidentiel, l’entreprise ACCS, de Terrebonne, offre des solutions d’intelligence du bâtiment pour le chauffage et l’air climatisé.

Ses équipements sont non seulement automatisés, mais ils s’appuient aussi sur l’intelligence artificielle, ce qui permet de maximiser la consommation d’énergie et le confort des gens dans un bâtiment.

« Notre technologie permet à nos clients de réaliser des gains d’efficacité énergétique de 10 % à 15 % en fonction du type de bâtiment », explique le président d’ACSS, Simon Fournier.


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