Innovation: prédire les technologies prometteuses

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Octobre 2017

Innovation: prédire les technologies prometteuses

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Édition du 07 Octobre 2017

DOSSIER INNOVATION - Chaque année, Gartner publie une courbe qui représente le cycle des modes techno : la courbe du hype cycle. Utile pour vous ? Certes, puisqu'elle peut aider votre entreprise à orienter sa stratégie techno. Comment vous en servir ? Et quelles sont les prochaines tendances ?

Pour le savoir, il suffit d'étudier la courbe elle-même. Elle comporte cinq grandes sections. La première, tout à gauche, est l'amorce d'innovation : une nouvelle technologie fait son apparition et suscite de l'intérêt. À cette étape, aucun produit utilisable n'existe encore. La viabilité commerciale reste à démontrer.

Vient ensuite le sommet des attentes exagérées. C'est là que les médias publient des tonnes d'histoires relatant les succès - et les échecs - liés à la nouvelle technologie. Le public se forme des attentes irréalistes. La troisième section du cycle est le creux des désillusions, où l'intérêt s'évapore alors que la technologie subit des échecs et ne parvient pas à satisfaire toutes les attentes. L'avant-dernière étape est la pente de l'illumination, qui représente la période durant laquelle certaines entreprises persistent et développent des produits de deuxième ou troisième génération. Le public comprend également mieux les bénéfices réels de la technologie. Le dernier stade s'appelle le plateau de productivité : la technologie est adoptée par le plus grand nombre et les entreprises récoltent les bénéfices.

Elie Elia, professeur spécialisé en gestion de l'innovation et intelligence d'affaires à l'ESG-UQAM, note que les technologies émergentes ont tendance, à très long terme, à générer des bénéfices qui dépassent ceux qui étaient mis de l'avant durant la phase des attentes exagérées. «Internet, par exemple, a livré des avantages plus grands qu'on l'aurait jamais imaginé dans les années 1980, ne serait-ce qu'en matière de commerce électronique », dit-il.

Selon la courbe de Gartner, ce sont actuellement l'apprentissage-machine, les véhicules autonomes, l'apprentissage profond, les drones et les plateformes liées à l'Internet des objets qui créent des attentes exagérées. À court terme, celles-ci se dégonfleront, croit Elie Elia, même si ces technologies pourraient à long terme avoir des applications qui dépasseront nos attentes actuelles.

Connexion, le salon de la transformation numérique

Bienvenue dans l'avenir

Mike J. Walker, directeur de la recherche chez Gartner, estime que les technologies liées à l'intelligence artificielle seront les plus disruptives d'ici 10 ans. Elie Elia croit que l'impact pourrait même se faire sentir plus tôt en raison du mode accéléré d'innovation dans lequel baigne aujourd'hui le monde des affaires. « Il a fallu 25 ans pour que les entreprises développent des modèles capitalisant sur le Web, dit-il. Dans le cas des technologies liées à l'intelligence artificielle, comme l'apprentissage-machine, ça pourrait prendre cinq ans. »

Ygal Bendavid, responsable de la mise en place du volet Internet des objets au sein du Smart logistics and transportation laboratory de l'ESG-UQAM, remarque d'ailleurs que les médias spécialisés en gestion des opérations, comme MM&D, couvrent de plus en plus le sujet. « On ne parle pas de gadgets ou de robots industriels monotâche. J'ai vu des drones équipés d'un lecteur à radiofréquence faire l'inventaire de centaines de mètres carrés de cours ou d'entrepôts extérieurs en quelques minutes. »

Le pouvoir de prédiction de la courbe n'est cependant pas abs olu. Vincent Sabourin, cofondateur du réseau collaboratif Consortium Innovation, note que Gartner a parfois tendance à recycler sous un autre nom des innovations qui refont surface après avoir coulé complètement il y a quelques années. « Les experts-conseils cognitifs [cognitive expert advisors] qui apparaissent sur la courbe dans le creux des désillusions, ce sont les systèmes-experts des années 1980 », dit-il. Une entreprise réunissait par exemple cinq médecins et développait un logiciel médical en fonction de leurs critères de décision. Sans compter que de nombreuses technologies ne trouvent jamais d'applications commerciales, explique M. Sabourin.

« Quatre innovations sur cinq se soldent par un échec et ne se rendent même pas à la deuxième partie de la courbe, où sont générées des attentes exagérées. »

Investir... ou pas ?

La courbe peut aider les entreprises à prendre des décisions d'investissement stratégiques en fonction de leur appétit pour le risque. Comment ? Lorsque les technologies sont au sommet des attentes exagérées, il est généralement moins coûteux, mais plus risqué, de se lancer. Une grande firme difficile à manoeuvrer voudra donc souvent attendre que la vague soit passée. Elle investira, souvent par acquisition d'une plus petite, lorsque la technologie aura dépassé ce stade et que les tourbillons seront loin derrière : le marché et les applications seront alors confirmés. Les PME, elles, plus petites et plus agiles, doivent se lancer avant cette étape et trouver le capital de risque pour continuer d'opérer.

« Comme un surfeur sur une grande vague, elles doivent essayer de rester debout sur leur planche, dit Vincent Sabourin. C'est en surfant sur la vague que l'on deviendra le prochain grand succès. »

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