Le premier véhicule autonome québécois pourrait être... une tondeuse!

Publié le 23/06/2016 à 09:36

Le premier véhicule autonome québécois pourrait être... une tondeuse!

Publié le 23/06/2016 à 09:36

Tout le monde rêve à la voiture qui se conduit toute seule. Pourtant, le premier véhicule autonome conçu au Québec pourrait voir le jour dans le domaine agricole. C’est du moins ce que croit Jean-Marc Pittet. À 61 ans, cet entrepreneur qui roule déjà dans une Tesla autonome est à la tête d’Elmec, une PME de Québec qui conçoit et fabrique des unités de recharge électrique résidentielles.


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Avec l’Institut du véhicule innovant (IVI), Elmec travaille sur un programme de recherche visant à mettre au point un véhicule agricole autonome. Le volet principal du programme Arion consiste à concevoir, d’ici deux ans, un prototype de tondeuse commerciale, qui pourrait désherber, voire tondre, toute seule.


« L’IVI s’est lancé dans ce projet, car l’automatisation des transports devait être un axe stratégique du développement de l’Institut étant donné que l’électrification a le vent dans les voiles et que l’automatisation en est la suite naturelle », explique Marc-Antoine Legault, gestionnaire du programme Arion à l’IVI.


L’agriculture est le secteur qui a été privilégié, car « elle absorbe toujours les nouvelles technologies en premier. En raison de ses tâches harassantes et répétitives, elle est constamment en recherche de productivité. De plus, comme les véhicules ne circulent pas sur les routes, c’est moins complexe d’un point de vue réglementaire», énumère l’entrepreneur, qui participe à hauteur de 20 % au coût de la recherche.


L’agriculture en premier


L’IVI a obtenu un financement de 3,2 millions sur 5 ans, dont 2,3 millions viennent du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), 220 000 $ d’InnovÉÉ, un regroupement sectoriel pour les projets de recherche industrielle et collaborative dans le domaine de l’électrification des transports et du réseau électrique, et le reste de partenaires industriels. Le but du projet : « Rendre le véhicule autonome en réduisant l’intervention humaine dans le pilotage», précise Marc-Antoine Legault.


Le premier volet du programme Arion est dévolu au domaine agricole, mais s’ouvrira bientôt à d’autres secteurs, qui pourraient être la manutention industrielle ou encore le transport de personnes hors route (dans les parcs d’attraction, les aéroports ou les parcs nationaux par exemple). Si l’objectif ultime est de concevoir un tracteur électrique et autonome d’ici deux ans, au préalable, le projet actuel consiste en la mise au point, d’un prototype de tondeuse commerciale, qui permet notamment de tester le système de navigation. Les essais en conditions réelles auront lieu cet été.


Transfert de technologie


Les principaux défis du projet touchent à la complexité de la conception et à l’acceptabilité sociale liée aux soucis de sécurité. «Si on enlève l’intervention humaine dans la conduite, il faut prévoir toutes les situations qui peuvent se produire pour permettre au véhicule de réagir en conséquence, affirme Marc-Antoine Legault. La responsabilité –qui est responsable en cas d’accident s’il n’y a pas de conducteur ?- et la sécurité rendent encore difficile l’acceptabilité sociale des véhicules autonomes. Par ailleurs, l’automatisation est un processus techniquement très complexe, car elle exige de prendre en compte de nombreux paramètres. « Il est très difficile de tester tous les cas de figure qui peuvent arriver dans la réalité : par exemple, s’il fait nuit ou si le ciel est couvert, la caméra pourra-t-elle distinguer les obstacles correctement et ainsi enclencher la réaction adéquate du véhicule ?» s’interroge Marc-Antoine Legault.


L’objectif du programme Arion est collé sur les besoins du milieu des affaires. C’est pourquoi l’IVI travaille en partenariat avec les industriels. Jean-Marc Pittet reconnaît que son entreprise, créée en 1998 et qui compte une vingtaine d’employés, «n’a pas les moyens de la faire de la R-D à cette échelle». «On permet aux entreprises partenaires d’absorber le risque puis on leur transfère la technologie progressivement», indique Marc-Antoine Legault.


Les résultats de la recherche permettront à Elmec, qui a toujours été dans l’innovation, de prendre une longueur d’avance dans le domaine de l’automatisation, selon son pdg, qui compte bien faire lui-même les essais d’un tracteur autonome un jour.


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