Les syndicats n'achètent pas le discours d'O'Toole à l'intention des travailleurs

Publié le 15/09/2021 à 07:54

Les syndicats n'achètent pas le discours d'O'Toole à l'intention des travailleurs

Publié le 15/09/2021 à 07:54

Par La Presse Canadienne

D’autres syndicats s’impliquent activement pour demander à leurs membres de voter stratégiquement dans des circonscriptions où la lutte s’annonce serrée. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Malgré les tentatives d’Erin O’Toole de se présenter comme l’allié des travailleurs, le chef conservateur semble demeurer l’ennemi public numéro 1 des syndicats canadiens.

Certains des plus grands syndicats exhortent leurs membres à voter pour n’importe qui d’autre qu’un conservateur.

D’autres s’impliquent activement pour demander à leurs membres de voter stratégiquement dans des circonscriptions où la lutte s’annonce serrée — que ce soit pour les libéraux ou les néo-démocrates selon la circonscription — pour empêcher les conservateurs de gagner.

D’autres encore, comme le Syndicat des Métallos, appuient carrément le NPD.

Mais Chris Aylward, le président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada, a déclaré qu’il n’était au courant d’aucun syndicat ayant appuyé les conservateurs.

Le parti lui-même n’a pas répondu lorsqu’on lui a demandé s’il avait reçu des appuis de syndicats.

Cela ne signifie pas nécessairement que les flatteries de M. O’Toole n’ont attiré aucun membre d’un syndicat, qui ont montré dans le passé qu’ils ne votent pas en bloc ou ne tiennent pas nécessairement compte des conseils de leurs dirigeants syndicaux.

Dans le but de rejoindre un plus grand nombre d’électeurs, Erin O’Toole a annoncé un changement dans l’approche du parti à l’égard des syndicats dans un discours l’automne dernier, peu de temps après avoir pris la direction du parti. Dans cette allocution, il a souligné la nécessité pour les syndicats de protéger les droits des travailleurs et a déploré la baisse du nombre d’employés syndiqués.

Mais l’AFPC, pour sa part, fait son possible pour dissuader ses membres d’être séduits par ce qu’elle qualifie de pari du «loup déguisé en mouton» d’O’Toole.

«Erin O’Toole se présente comme un ami des travailleurs et un ami des syndicats, mais ses antécédents révèlent quelque chose de complètement différent», a déclaré M. Aylward en entrevue.

«C’est pourquoi nous disons que les conservateurs d’Erin O’Toole seraient désastreux pour la reprise du Canada après la pandémie.»

M. Aylward a souligné que M. O’Toole siégeait au cabinet lorsque les conservateurs de Stephen Harper ont supprimé 26 000 emplois dans la fonction publique fédérale en quatre ans et se sont livrés à des «attaques flagrantes» contre les droits des travailleurs, notamment en imposant deux lois controversées considérées comme antisyndicales et qui ont été abrogées une fois que les libéraux ont pris le pouvoir.

L’AFPC ne dit pas à ses 215 000 membres comment voter, mais elle les exhorte à «s’asseoir et à réfléchir au fait qu’ils n’ont vraiment rien à gagner et tout à perdre en votant conservateur», a déclaré M. Aylward.

Le syndicat cible ce message dans des circonscriptions spécifiques où l’AFPC pense qu’il est possible de défaire un député conservateur ou d’empêcher un candidat conservateur de gagner. Mais il ne recommande pas explicitement le vote stratégique.

De même, la présidente du Congrès du travail du Canada, Bea Bruske, a déclaré que les politiques d’Erin O’Toole «ne résonnent pas vraiment parce qu’elles ne fournissent pas ce que nous recherchons». L’organisation a produit une vidéo rappelant aux électeurs ce qu’elle qualifie de politiques «dangereuses» d’O’Toole pour les travailleurs.

Alors que Mme Bruske fait elle-même campagne pour certains candidats du NPD, elle a déclaré que le Congrès du travail du Canada ne soutenait aucun parti en particulier, car certains de ses syndicats membres sont tenus par leur constitution de rester non partisans. Au contraire, elle a déclaré que l’organisation exhorte les travailleurs à voter pour des candidats qui «vont défendre le travailleur moyen, plutôt que les banques ou les intérêts des grandes entreprises».

Son syndicat ne recommande pas le vote stratégique, a ajouté Mme Bruske, arguant que l’électeur moyen n’a pas suffisamment d’informations sur la dynamique dans les circonscriptions individuelles pour savoir quel parti représente le meilleur moyen d’empêcher une victoire des conservateurs.

Unifor, en revanche, exhorte «à 100%» ses membres à voter de manière stratégique pour produire un résultat «tout sauf conservateur», a déclaré le président national Jerry Dias.

«C’est une question de vote stratégique», a-t-il lancé.

M. Dias a déclaré qu’Unifor a identifié plusieurs dizaines de circonscriptions où les conservateurs ont remporté la victoire avec une marge de moins de 6% des voix en 2019. Et il fournit à ses membres des informations détaillées sur la dynamique des courses dans ces circonscriptions pour leur montrer quel parti est le mieux placé pour vaincre le candidat conservateur cette fois.

«Nous faisons cela depuis des années, a-t-il dit. J’aimerais penser que nous sommes en quelque sorte les maîtres dans ce domaine à présent.»

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