Sanimax transforme les carcasses en énergie

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Janvier 2016

Sanimax transforme les carcasses en énergie

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Édition du 23 Janvier 2016

En 2013, Sanimax a inauguré à son usine de Lévis une chaudière à biomasse capable d’incinérer des protéines issues de matières à risque spécifiées.

Sanimax, une entreprise de récupération de sous-produits agroalimentaires, mettra en place en 2016 un projet de 1,5 million de dollars de récupération des gaz à combustion relâchés par son usine de Montréal.

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À l'aide d'un échangeur de chaleur, elle abaissera la température des gaz de combustion évacués par les cheminées à l'extérieur. L'énergie récupérée permettra de produire de la vapeur basse pression, nécessaire au procédé d'évaporation de certains sous-produits de protéines animales, tout en réduisant la quantité de gaz naturel actuellement utilisée pour cette tâche.

La nouvelle installation devrait aussi aider à réduire la consommation de diesel par l'entreprise, puisque celle-ci sera en mesure de diminuer ses coûts de transport. L'acheminement des sous-produits agroalimentaires depuis la métropole vers les autres usines de l'entreprise dans la région de Québec nécessitera moins de camionnage, puisque le procédé d'évaporation réduira leur masse avant même qu'ils ne prennent la route. Ces mesures permettront à l'entreprise de réaliser des économies de 350 000 $ par an, selon Serge Morin, directeur des services d'ingénierie de Sanimax.

Chaudière à biomasse

En 2013, l'entreprise, qui récupère le gras, les protéines et la peau d'animaux abattus, avait réalisé un premier grand coup en inaugurant à son usine de Lévis une chaudière à biomasse capable d'incinérer des protéines issues de matières à risque spécifiées, potentiellement porteuses de l'encéphalopathie spongiforme bovine, également appelée «maladie de la vache folle». Après l'épidémie et l'adoption de règlements par le gouvernement fédéral pour l'enrayer en 2007, Sanimax avait dû séparer de ses lignes de production les restes de ruminants. Elle a toutefois continué à récupérer les parties sans danger de contamination. Quant à celles plus à risque, elle en a d'abord envoyé 12 000 tonnes par année dans un site d'enfouissement spécialisé. Les coûts s'avéraient «exorbitants», puisque les frais pour les enfouir oscillaient entre 80 $ et 100 $ la tonne.

Pour se débarrasser de ces matières, l'entreprise a misé sur l'incinération. Avec l'aide de la firme-conseil GCI Experts en énergie, de Sherbrooke, Sanimax s'est tournée vers l'Europe, où l'industrie semblait plus sensibilisée aux risques associés à la maladie de la vache folle. Elle a déniché une technologie danoise qui lui permettait d'incinérer ses déchets. Cette dernière était à la fois flexible et présentait le meilleur potentiel de destruction des protéines à risque, dans un laps de temps et à une température qui respectaient les critères de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. «Nous avons fait un test pour nous assurer que notre produit pouvait bien être brûlé dans cet équipement», précise M. Morin. La chaudière transforme désormais les résidus bovins à risque en cendre inerte pour ensuite engendrer la vapeur nécessaire à la cuisson de sous-produits agroalimentaires.

Près de 55 % de cette vapeur est aujourd'hui créée par la chaudière à biomasse, alors qu'elle était auparavant complètement produite à l'aide de gaz naturel. Cette technologie engendre des économies en énergie fossile de 115 000 mètres cubes par semaine, soit près de 6 millions de m3 par année. Le coût global de ce projet a avoisiné les 16 millions de dollars.

Le rendement de l'investissement a d'abord été estimé à huit ans, mais M. Morin reconnaît qu'il sera plus long que prévu à obtenir. Cela tient à la faiblesse du prix du gaz naturel et à la diminution de la matière première en raison de la fermeture d'abattoirs fournissant les résidus d'animaux. Des discussions ont été amorcées avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec afin de trouver des carburants de rechange, comme le bois contaminé.

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