Des hottes de cuisine intelligentes pour diminuer les frais de chauffage

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Janvier 2017

Des hottes de cuisine intelligentes pour diminuer les frais de chauffage

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Janvier 2017

[Photo : 123RF/Kwanchai Khammuean ]

Les restaurants Normandin, qui utilisent les appareils créés par Intellinox Technologies, ont réduit de moitié leur consommation de gaz naturel pour chauffer leur cuisine.


La chaîne se montrait pourtant d'abord sceptique. Au tournant de la décennie 2010, Mario Rousseau, président de la PME de Québec, est venu leur présenter son invention en promettant d'importantes économies d'énergie. Mais la chaîne avait été refroidie par l'essai de quelques technologies qui s'étaient avérées peu concluantes au début des années 2000.


Le concept promettait néanmoins de s'attaquer à l'une des sources les plus importantes de consommation : les hottes. «C'est la chose la plus énergivore», affirme Simon Picard, vice-président construction et entretien chez Normandin. Celles-ci fonctionnaient à plein régime de l'ouverture à la fermeture du restaurant, peu importe le nombre de clients et de plats cuisinés. Comme elles aspirent une quantité massive d'air, le restaurant doit faire entrer l'équivalent depuis l'extérieur pour éviter une trop grande mise sous pression du bâtiment. Chauffer cette entrée d'air équivaut à plus de 40 % de la consommation en gaz naturel du bâtiment.


Contrôler la ventilation


Pour réduire cette dépense d'énergie, Intellinox Technologies a développé un système d'optiques, nommé Iris Bleus, capable de calculer les particules en suspension dans l'air dans l'enceinte d'une hotte. Deux capteurs émettent une lumière bleue dont la longueur d'onde permet de déceler les fines particules comme celles issues de la vapeur, de la graisse et de la fumée. Les optiques prennent aussi en compte les dépôts graisseux s'accumulant sur sa surface au fil des cuissons pour ajuster son calcul. Ces capteurs sont reliés à un système de contrôle de la ventilation, baptisé ecoAzur, qui ajuste de manière automatique le débit d'air évacué selon les informations fournies.


Les deux entreprises ont finalement conclu une entente : la PME a testé gratuitement sa technologie au Normandin Val-Bélair pour l'adapter et prouver sa pertinence. Convaincue par l'expérience, la chaîne a investi plus de 125 000 $ en 2014 pour implanter cette technologie dans cinq autres restaurants en en faisant un projet-pilote. Après douze mois, chacune de ces succursales avait réduit de plus de moitié leur consommation annuelle de gaz naturel pour le chauffage de la cuisine, passant en moyenne de plus de 32 000 mètres cubes à moins de 17 000 mètres cubes. L'entreprise a ainsi épargné entre 6 000 et 8 000 $ pour chacun de ces restaurants. De plus, la diminution de la climatisation et la réduction de la vitesse des moteurs ont permis d'économiser 15 000 kilowattheures d'une valeur de près de 1 200 $. De plus, l'installation a permis de détecter des fuites de gaz extérieur pour deux restaurants en raison de la surconsommation décelée par rapport à l'activité de la cuisine. Avec une aide financière de Gaz Metro variant entre 6 500 $ et 12 500 $ par restaurant, le rendement de l'investissement s'est réalisé en deux ans.


Des données dans l'infonuagique


Après le projet-pilote, Normandin a implanté la solution dans 22 autres restaurants et devrait l'ajouter dans sept succursales d'ici avril prochain. Le principe reste le même, à la différence que ces derniers versent des informations dans l'infonuagique. Intellinox Technologies peut ainsi modifier à distance les paramètres de la gestion de la ventilation pour raffiner le procédé. La base de données confirme l'efficacité énergétique des restaurants selon leur consommation de gaz naturel et d'électricité, leurs heures d'ouverture, les gaz à effet de serre évacués, ainsi que les températures enregistrées à l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment grâce à des sondes. «On est capable de comparer la consommation d'un restaurant par rapport à un autre sur des références comparables», explique Mario Rousseau.


En plus d'exporter son innovation en France, en Espagne et aux États-Unis, Intellinox Technologies l'a implantée dans les restaurants Harveys, Thaïzone, Boston Pizza ainsi que dans celui du Château Frontenac. L'entreprise de 13 employés a doublé son chiffre d'affaires l'an dernier pour atteindre 2,4 millions. Mais sa collaboration avec Restaurant Normandin demeure serrée : la chaîne a de nouveau prêté son Normandin Val-Bélair pour donner la chance à la PME d'y expérimenter une nouvelle technologie en instance de brevet, dont les détails sont pour l'instant gardés secrets. «L'objectif ultime d'Intellinox Technologies est de concevoir une cuisine de restaurant carboneutre, soit avec une empreinte écologique nulle», confie M. Rousseau.


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