Des anses en carton plutôt qu'en plastique pour les paniers de Norampac

Publié le 30/03/2015 à 12:04

Des anses en carton plutôt qu'en plastique pour les paniers de Norampac

Publié le 30/03/2015 à 12:04

En 2012, les maraichers québécois arrivaient difficilement à se procurer les anses de plastique à brocher sur les paniers à fruits en carton ondulé de Norampac. Le coordonnateur innovation de l’entreprise, Luc Lefebvre, a donc décidé d’affecter une équipe de concepteurs à la recherche d’une solution de rechange.


Environ une semaine plus tard, le panier à fruits avec poignée intégrée surgissait de leurs planches à dessin. Son anse de carton est découpée à même le fond du panier, où a été ajoutée une pièce du papier déjà utilisé sur sa surface en vue de combler le vide créé en la détachant. «Les deux composantes ont la même fibre 100 % recyclable», note M. Lefevbre. Les tâches de fruits ne diminuent en rien la recyclabilité du panier, lui-même constitué de 84 à 100 % de fibres recyclées.


«L’innovation est souvent l’effet d’un hasard, poursuit-il. Dans ce cas, c’est d’avoir pensé à utiliser une de nos machines – qui ne nous servait qu’à coller les fenêtres en plastique dans les boîtes de papiers-mouchoirs – pour coller le papier d’emballage supplémentaire.»


La suite relève d’essais-erreurs. «Parce que le carton est malléable, les anses font que le panier a tendance à s’évaser», explique Murielle Laflamme, représentante des ventes chez Norampac. «Il a donc fallu s’assurer de le limiter au bon volume pour que les producteurs ne perdent pas d’argent en le remplissant.» Elle confie avoir «passé des semaines à aller acheter des fraises au Marché central» pour atteindre le résultat voulu pour le format de 1,5 litre.


Des clients «enthousiastes»


Les premiers tests sur le terrain ont eu lieu à l’été 2014 en collaboration avec des clients de longue date de Norampac, dont Fraisebec. «Il y a une belle coopération pour arriver à sortir le produit à grande échelle, note Mme Laflamme. Ils sont enthousiastes et nous aident beaucoup.»


Leur sollicitude s’explique peut-être par le fait qu’ils en ressortent gagnants : ne plus avoir à acheter de poignées de plastique ni à les brocher leur fait économiser temps et argent. «Certains clients demandaient à ce que nous brochions les poignées à l’usine; dans ces cas-là, nous augmentons d’environ 40 % le nombre de paniers livrés par camion», ajoute Luc Lefevbre.


Le grand défi demeure la production à grande échelle du nouveau contenant, qui subira cet été sa deuxième phase de test. «Nous ajustons encore plusieurs détails sur le panier, mais il faut surtout s’assurer que nos équipements nous permettront de produire de manière efficace et constante des millions d’unités», rappelle M. Lefevbre. Un panier d’un litre est aussi en développement.


Effet boule de neige chez Cascades


Toujours en instance de brevet, le panier avec poignée intégrée a déjà eu plusieurs impacts positifs pour Norampac. «On s’en fait parler tout le temps, affirme Murielle Laflamme. Tout le monde a hâte que nous soyons prêts à le mettre sur le marché.» Il faut dire que le produit a bénéficié d’une grande visibilité en 2013 en remportant trois prix Gaïa, destinés à récompenser les entreprises du secteur agroalimentaire pour l’excellence de leurs nouveaux emballages.


L’un deux, le prix spécial «Vers l'écoconception», incluait des services d’accompagnement d’experts «afin de pousser encore plus loin la démarche d'optimisation d'emballage». Luc Lefebvre a toutefois choisi d’en faire profiter une autre division de Cascades, dont Norampac fait partie. «Notre réussite a eu un impact positif sur toute l’entreprise, car elle a permis d’avoir une vision plus critique de l’écoconception et de l’innovation, fait-il remarquer. Elle a généré des projets dans d’autres usines et aidé à convaincre nos de collègues en design à faire cet effort, souvent supplémentaire, mais payant en bout de ligne.»

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