Quels incitatifs gouvernementaux au design industriel?

Publié le 18/09/2019 à 12:09

Quels incitatifs gouvernementaux au design industriel?

Publié le 18/09/2019 à 12:09

Caroline Gagnon

Caroline Gagnon, professeure agrégée à l’École de design de l’Université Laval et directrice du baccalauréat en design de produits. (Photo: courtoisie)

DESIGN INDUSTRIEL. Pour inciter les entreprises québécoises à avoir recours au design industriel afin d’améliorer leur compétitivité, le gouvernement provincial dispose d’un programme de crédit d’impôt. Ce dernier s’adresse aux entreprises qui possèdent un établissement au Québec et dont les revenus bruts annuels sont d’au moins 150 000$.

Ce crédit remboursable peut aller jusqu’à 24% des dépenses engagées. Que ce soit en salaires – lorsque les activités de design sont faites à l’interne, alors limité à 60 000$ par designer admissible –, ou en honoraires lorsqu’elles sont réalisées par un consultant à l’externe, jusqu’à 65% du montant total.

«Ça fait plus de 10 ans que je recommande ce programme à mes clients, et la moitié d’entre eux ne sont pas au courant de son existence, témoigne Daniel Tassé, président de Tak Design Industriel. En plus, le formulaire est simple, pas besoin de comptable pour le remplir.»

Les start-up en démarrage non éligibles

Ce programme est effectivement salué par les professionnels du design industriel. Même s’il comporte quelques lacunes, selon certains d’entre eux. Dont Caroline Gagnon, professeure agrégée à l’École de design de l’Université Laval et directrice du baccalauréat en design de produits, qui regrette qu’il ne soit «pas ouvert aux start-up qui n’atteignent pas le chiffre d’affaires minimal». «Je trouve déplorable qu’aucun programme ne facilite l’intégration du design au sein des start-up, alors que la performance du premier produit est sans contredit capitale pour elle», renchérit David Mitchell, vice-président de GENIAdesign.

Un enjeu que Mme Gagnon perçoit fréquemment au contact de jeunes entrepreneurs en design. «Le développement de produits demande des investissements de départ importants, rappelle-t-elle. Les manufactures ne vont pas toujours accepter de faire des petites quantités d’un nouveau produit.»

M. Mitchell pointe du doigt un autre aspect négatif. «Il faut prouver qu’il y a des déboursés. Ça coupe donc l’herbe sous le pied des entrepreneurs ou innovateurs qui investissent leur temps dans un projet quand ils n’ont pas de capital.»

Le président de Morelli Designers, Jonathan Côté, recommanderait pour sa part aux instances gouvernementales de reconnaître davantage le large spectre d’action du design industriel. «On l’associe souvent à des activités de développement ou de commercialisation, mais pas à des activités de validation ou de recherche sur le terrain», fait-il valoir. D’après M. Côté, une réflexion est toutefois en cours à ce sujet.

David Mitchell ajoute que le design industriel devrait aussi être plus facilement appuyé et intégré dans les programmes d’aide gouvernementale à l’innovation. «Malheureusement, on réduit encore trop souvent l’intervention design à l’habillage et au cosmétique alors qu’il doit être placé au cœur du processus de R et D.»

 

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