Les télécommunications : Des réseaux tentaculaires

Publié le 24/11/2014 à 06:00

Les télécommunications : Des réseaux tentaculaires

Publié le 24/11/2014 à 06:00

Par Matthieu Charest

L’un des effets tangibles de l’essor de la classe moyenne chinoise se traduit par l’utilisation massive des téléphones intelligents. Considérant la taille estimée de la population en 2013 – 1, 3 milliard de personnes, selon la Banque Mondiale - l’entretien et la construction des infrastructures requises pour les réseaux de télécommunications représentant une mine insondable d’occasion d’affaires. Il s’agit toutefois d’un secteur fort règlementé, qui illustre à la fois la valeur d’une stratégie commerciale à long terme et l’importance de se prémunir contre des attaques à la propriété intellectuelle.

Consultez notre dossier : Des secteurs porteurs pour exporter en Chine

« La Chine est le premier marché mondial de téléphones intelligents, avec un taux de pénétration supérieur à 55 %, signale une note d’information préparée par le ministère de l’Économie, de l’Innovation, et des Exportations du Québec (MÉIE). L’ouverture accrue du secteur [des télécommunications], notamment par l’intermédiaire de la zone de libre-échange de Shanghai […] représente des débouchés importants, en volume, et en [argent]. »

Un instinct fructueux

Cela fait déjà vingt ans qu’Exfo, une entreprise de Québec spécialisée dans le déploiement, l’entretien et l’assurance des réseaux de télécommunications s’est installée en Chine. « On sentait le potentiel, confie Germain Lamonde, le fondateur et président-directeur général. Il y avait très peu d’infrastructures [à l’époque], se souvient-il. Depuis, ils ont beaucoup progressé. Même que dans certains cas, certains aspects de leurs réseaux rivalisent avec les nôtres [Nord-américains]. »

Exfo aussi, a substantiellement progressé dans le marché chinois. Ils y détiennent même une usine et six bureaux de vente, dans six villes différentes. « C’est [la Chine] 10 % de nos revenus et environ 15 % de nos effectifs, soit à peu près 200 employés », souligne M. Lamonde. Leurs relations d’affaires se sont progressivement développées avec tous les grands joueurs nationaux : China Telecom, China Mobile, ZTE, ou Huawei.

« Tout a commencé à très petite échelle, poursuit-il, c’était très exploratoire au départ. Nous avons même eu des discussions sur un possible retrait de ce marché, lors de la crise qui a frappé notre secteur au début des années 2000, avec Nortel et tout… Ce fut une période difficile, mais on a fait le choix stratégique d’y rester, en se disant que si on peut réussir là-bas, on peut réussir partout. C’est un marché extrêmement compétitif. »

Pour une entreprise œuvrant dans un secteur aussi pointu, aussi tributaire des innovations de pointe, le défi de la protection de la propriété intellectuelle est aigu. « On a déjà vu de nos produits copiés intégralement, se rappelle M. Lamonde. C’est enrageant! »

À la suite de quoi ils sont devenus plus craintifs. Dans leur usine chinoise, « la recette n’est pas là au complet, et on s’assure que nos produits sont difficiles à copier. S’ils le sont, nous avons déjà innové. Comme Apple, nous devons toujours nous renouveler. De 40 à 50 % de nos revenus proviennent de produits qui n’existaient pas il y a deux ans. »

Bien sûr, la croissance économique de ce pays est synonyme de croissance pour Exfo. N’empêche que de plus en plus, Germain Lamonde perçoit un changement d’attitude chez la population. « J’ai l’impression qu’ils sont [les Chinois] en train de prendre leur revanche. C’est un peuple fier, et l’Histoire ne leur a pas toujours donné raison. Il y a 20 ans, ils nous déroulaient le “tapis rouge”. Maintenant, c’est plutôt le contraire. »

Une observation partagée par une étude de la firme McKinsey&Company. « Graduellement, le courant de pensée voulant que les entreprises étrangères aient moins de choses à leur apprendre gagne du terrain. Pour y réussir, une entreprise étrangère a avantage à créer un partenariat solide, à long terme, avec une entreprise locale. »

Conseils aux entrepreneurs intéressés par la Chine

« N’y allez pas en pensant générer des bénéfices à court terme. Pour percer ce marché, il faut une stratégie à long terme élaborée très sérieusement avec une analyse du marché très pointue. Il faudra transformer votre entreprise, mais c’est bénéfique. Il faut y mettre les pieds, dans 30 ans, le gros de la croissance mondiale va émaner de l’Asie, surtout de la Chine et de l’Inde. » - Germain Lamonde, président-directeur général et fondateur d’Exfo.

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