Lofts à partager pour PME

Publié le 20/12/2010 à 14:49, mis à jour le 14/12/2010 à 14:49

Lofts à partager pour PME

Publié le 20/12/2010 à 14:49, mis à jour le 14/12/2010 à 14:49

Les dépenses associées au démarrage d’une entreprise sont souvent un obstacle difficile à surmonter pour les nouvelles PME. C’est pourquoi de plus en plus d’entrepreneurs optent pour des espaces partagés, un concept qui fait des petits.

Il y a deux ans, Lorenzo Fasan a choisi de quitter un emploi comme représentant médical pour se lancer en affaires. Après quelques mois, le propriétaire de Meditech-Plus, entreprise spécialisée dans la vente de matériel pour le traitement du psoriasis, en a eu assez de travailler à la maison. « Comme je n’avais pas les moyens de louer seul, j’ai décidé de partager un bureau », raconte-t-il.  

C’est ainsi qu’il a découvert le concept CommunoLoft, qui compte pour le moment deux immeubles à Montréal. Les locataires de ces édifices peuvent occuper des bureaux de petite taille, clés en main et à prix abordables. « La location, les meubles, le chauffage, l’électricité, le téléphone, Internet, même le stationnement sont inclus », indique Lorenzo Fasan.  

Une bonne façon de réduire sa facture, comme en témoigne le Groupe Alphard, une firme de génie qui vient tout juste de s’installer dans le nouvel édifice signé CommunoLoft, rue de l’Esplanade. « Nous sauvons une bonne partie du budget prévu pour notre installation. Plutôt que d’acheter des meubles, nous pourrons investir dans le développement de nos affaires », indique Heba Al Ghouleh, ingénieure et chargée de projet.

Des bureaux partagés dans le Sud-Ouest de Montréal

L’idée originale a été élaborée par Natalie Voland, propriétaire d’un édifice commercial dans le Sud-Ouest de Montréal, le complexe Dompark. Elle s’est ensuite associée à un autre propriétaire immobilier, Bruce Burnett. « Nous offrions toute une série de services pour les locataires, comme un gymnase, une garderie, un restaurant, une imprimerie sur place, raconte-t-elle. Plusieurs entreprises en démarrage nous ont fait connaître leur intérêt pour louer un bureau dans l’édifice, mais nos plus petits locaux comptaient 1600 pieds carrés. »Difficile pour ces PME de supporter un tel bail.

Pour accommoder ces petits entrepreneurs, elle subdivise un espace d’entreposage inoccupé en plusieurs bureaux. « Ainsi, quand ils louent un local, ils ont accès à des espaces partagés, comme une salle de conférence, une cuisinette. Les plus petits espaces comptent 150 pieds carrés et peuvent être loués à court terme, pour des baux de trois mois par exemple, plutôt que de s’engager pour trois ans comme c’est habituellement le cas », soutient Mme Voland.

Une flexibilité que Heba Al Ghouleh apprécie particulièrement. « Nous avons conclu un bail de courte durée. Comme nous travaillons à prendre de l’expansion, il sera éventuellement possible d’aménager dans de plus grands locaux situés dans l’édifice. »

Des services à valeur ajoutée

Natalie Voland a poussé plus loin la notion de colocation : elle s’est associée avec des partenaires comme KPMG, la firme d’avocats Gascon & associés, Wat Media ou encore Desjardins, pour offrir des séances de consultation gratuites ou des rabais aux occupants. « Les locataires peuvent ainsi bénéficier de conseils sur la fiscalité, l’incorporation de l’entreprise ou encore de rabais sur la création de sites Web », illustre-t-elle.

Les entrepreneurs ont également accès à du soutien technique, par exemple pour avoir un accès à leur ordinateur à distance. « Comme je suis seul dans l’entreprise, je ne peux pas me permettre de ne pas répondre à un client quand je suis en voyage. Le fait de pouvoir lire mes courriels et accéder à tous mes documents peu importe où je me trouve me permet de ne rater aucune occasion », indique Lorenzo Fasan.

Un réseau dans un réseau

Natalie Voland prévoit ouvrir une quinzaine de CommunoLoft durant la prochaine année à Montréal. Elle dit avoir déjà des listes d’attente d’entrepreneurs intéressées à s’y installer. De plus, le concept intéresse d’autres provinces, ainsi que les États-Unis et même Londres.

Si l’idée fait boule de neige, comme prévu, les locataires pourront bénéficier de ce réseau élargi. « Si je dois rencontrer un client à Toronto, par exemple, je pourrai réserver une salle de conférence dans un autre édifice CommunoLoft situé dans cette ville pour rencontrer des clients », indique Lorenzo Fasan. Plus professionnel que le café du coin… « Ce sera un peu comme avoir des places d’affaires un peu partout à travers le monde », renchérit  Heba Al Ghouleh.

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