Une «cyberarmée» canadienne pour défendre les entreprises d'ici?

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Octobre 2018

Une «cyberarmée» canadienne pour défendre les entreprises d'ici?

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Octobre 2018

Par Alain McKenna

[Photo: 123RF]

Si le Canada compte se positionner comme un leader en cybersécurité, il doit considérer l’éventualité de se doter d’outils qui lui permettraient, sinon d’être actif dans la cyberguerre, du moins de représenter une menace pour les autres États de la planète qui, eux, sont activement engagés dans cet univers.

«Sur Internet, le Canada ne possède pas de capacité offensive proprement dite. En même temps, beaucoup de propriété intellectuelle a été soutirée, tant au gouvernement qu’au sein d’entreprises canadiennes, au profit de certains États, dont la Chine», résume Steve Waterhouse, ex-officier de sécurité informatique du ministère de la Défense nationale aujourd’hui à son compte. 

Une attaque réussie par semaine cible le Canada

Les cyberattaques ciblant le Canada surviennent donc dans une relative impunité. Le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), un organisme relevant du ministère de la Défense, révélait à la fin de l’an dernier qu’entre 2013 et 2015, le réseau informatique du gouvernement fédéral était la cible d’attaques informatiques commanditées par d’autres États au moins une cinquantaine de fois toutes les semaines.

Pis encore, environ 2% de ces attaques parviennent à percer les barrières protégeant les données du gouvernement. En d’autres mots, un pirate informatique par semaine parvient à percer la sécurité informatique du Canada. Le CST ne mentionne pas d’État en particulier, mais des cas d’attaques en provenance de Chine ont déjà été largement documentés. «La Sécurité publique a pris plusieurs mesures pour protéger les Canadiens sur Internet, mais il n’est pas clair à quel point ces mesures les protègent vraiment», conclut l’organisme fédéral. 

S’armer, une mesure dissuasive efficace?

Pour se protéger des cyberattaques, le Canada incite essentiellement les entreprises et les particuliers à être prudents sur les réseaux. C’est sensiblement plus modeste, comme geste, que ce que propose le Cyber Deterrence and Response Act of 2018, que les États-Unis sont en train d’adopter. 

À travers cet «ensemble de mesures qui permettront de combattre et de répliquer aux attaques», Washington souhaite créer une liste des noms de tous les individus, groupes et États associés au cyberespionnage étranger, afin de les surveiller et d’établir des mesures pour contrer leurs efforts. 

Le Canada gagnerait-il à adopter une posture similaire, en créant sa propre unité de «contre-cyberespionnage», afin de dissuader le reste de la planète de le cibler sur Internet? Les experts hésitent à répondre par l’affirmative.

«Le Canada devrait-il avoir sa propre cyberarmée? C’est très délicat de répondre par l’affirmative, car il est généralement difficile de prouver quels États sont derrière les attaques qui le ciblent», et donc, de déterminer à qui il faudra éventuellement s’en prendre, , nuance Steve Waterhouse. «D’une fois à l’autre, ça peut être aussi bien la Chine, que la Russie ou la Corée du Nord.» 

C’est pourquoi, contrairement aux États-Unis, le Canada préfère parler de cybersécurité comme d’un secteur d’activité économique en croissance que comme un champ de bataille militaire (voir autre texte). Mais plus il y a d’États qui considèrent Internet comme un outil d’espionnage efficace, tant militaire qu’industriel, moins le Canada pourra éviter d’avoir à défendre son «cyberterritoire» des menaces extérieures.

CLIQUEZ ICI POUR CONSULTER LE DOSSIER «CYBERSÉCURITÉ 2018»


image

DevOps

Mercredi 11 septembre


image

Gestion du changement

Mardi 17 septembre


image

Usine 4.0

Mardi 24 septembre


image

Marché du cannabis

Mercredi 23 octobre


image

Service à la clientèle

Mercredi 23 octobre


image

Communication interne

Mardi 26 novembre


image

Marché de l'habitation

Mercredi 04 décembre


image

Gestion de la formation

Jeudi 05 décembre

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

Des tomates au cannabis: feu (complètement) vert à Mirabel!

Édition du 06 Avril 2019 | Les Affaires

AGRI-AGRO. La dernière serre de 190 000 pieds carrés de Vert Mirabel a obtenu sa licence.

La lutte contre le gaspillage alimentaire continue

Édition du 06 Avril 2019 | Jean-François Venne

Au Canada, 35,5 millions de tonnes d'aliments prennent le chemin de la poubelle chaque année.

OPINION Les marchés de proximité : une occasion à saisir
Édition du 06 Avril 2019 | Jean-François Venne
«Blockchain», l'avenir de la traçabilité alimentaire?
Édition du 06 Avril 2019 | Jean-François Venne
Nouveau Guide alimentaire: quels impacts pour les producteurs?
Édition du 06 Avril 2019 | Jean-François Venne

À la une

Pourquoi le risque d'une guerre avec l'Iran est faible

22/06/2019 | François Normand

ANALYSE - Les tensions sont vives, mais ni Washington ni Téhéran ont intérêt à déclencher une guerre. Voici pourquoi.

Bourse: les années nous enseignent ce que les jours ignorent

21/06/2019 | Philippe Leblanc

BLOGUE INVITÉ. Depuis combien de temps investissez-vous en Bourse?

Bourse: les gagnants et perdants de la semaine

21/06/2019 | Martin Jolicoeur

BILAN. Quels sont les titres d'entreprises qui ont le plus marqué l'actualité boursière de la dernière semaine?