Une étude canadienne tend à confirmer la plus grande virulence du variant Delta

Publié le 05/10/2021 à 11:51

Une étude canadienne tend à confirmer la plus grande virulence du variant Delta

Publié le 05/10/2021 à 11:51

Par La Presse Canadienne

La vaccination réduit considérablement les risques associés au variant Delta. (Photo: La Presse Canadienne)

Toronto — Une nouvelle étude utilisant des données canadiennes tend à confirmer que le variant Delta provoque une maladie plus grave et est associé à un risque accru de décès par rapport aux souches précédentes — des risques qui sont aussi considérablement réduits avec la vaccination.

L’étude, menée par des chercheurs de l’Université de Toronto et publiée mardi dans le Journal de l’Association médicale canadienne, a analysé plus de 212 000 cas de COVID-19 signalés en Ontario entre le 7 février et le 27 juin 2021. 

Les chercheurs ont découvert que les personnes infectées par le variant Alpha, grand responsable de la troisième vague en Ontario au début du printemps, ou par les variants Beta ou Gamma du coronavirus étaient 52% plus susceptibles d’être hospitalisées, 89% plus susceptibles d’avoir besoin de soins intensifs et 51% plus susceptibles de mourir de l’infection que ceux qui ont attrapé la «version Wuhan» du début de 2020.

Or, pour ce qui est du variant Delta, ils ont constaté un risque accru de 108% d’une hospitalisation, de 235% d’une admission aux soins intensifs et de 133% de décès par rapport à la souche d’origine.

Certains des résultats font écho à ceux d’articles de recherche antérieurs publiés à travers le monde, mais le coauteur David Fisman souligne que cette étude est la première analyse à grande échelle à inclure des données canadiennes.

Le professeur d’épidémiologie de l’Université de Toronto croit que cela pourrait être un facteur important pour que certains considèrent plus sérieusement la vaccination.

Ces résultats «correspondent à ce que les intensivistes nous disent: les gens arrivent à l’hôpital beaucoup plus malades maintenant qu’il y a un an», déclare le docteur Fisman. «J’espère qu’en voyant qu’il s’agit vraiment d’un virus plus dangereux qu’il ne l’était il y a un an, cela motivera certaines personnes qui résistent encore à se faire vacciner.»

 

Des malades plus jeunes 

L’étude a révélé que les personnes infectées par des variants préoccupants étaient significativement plus jeunes et moins susceptibles d’avoir des comorbidités que les personnes atteintes d’infections qui ne sont pas liées aux variants. Par ailleurs, le risque accru de résultats indésirables persistait même après que les chercheurs aient ajusté l’âge, le sexe, les comorbidités et d’autres facteurs.

Les chercheurs ont également examiné l’efficacité des vaccins, qui ont atténué la gravité des variants en réduisant le risque de maladies graves et de décès chez les personnes partiellement et complètement vaccinées.

Selon le docteur Fisman, l’une des principales raisons pour lesquelles le Delta n’a pas fait autant de ravages au Canada qu’en Inde, par exemple, est que ce variant est apparu ici au moment où la vaccination s’intensifiait.

Pourtant, le spécialiste rappelle que le Delta présente un risque énorme, en particulier pour les non-vaccinés, qui constituent désormais la grande majorité des cas de COVID-19, des hospitalisations et des décès au Canada et ailleurs dans le monde. Un peu plus de 80% des Canadiens admissibles étaient complètement vaccinés au 25 septembre, selon Santé Canada.

Le docteur Fisman rappelle aussi que les rassemblements lors du long congé de l’Action de grâces, en fin de semaine, peuvent être risqués s’ils impliquent un mélange d’adultes vaccinés et non vaccinés. Mais le danger peut être atténué en se réunissant à l’extérieur, si le temps le permet, en gardant les fenêtres ouvertes ou en utilisant des systèmes de filtration d’air comme «prochaine ligne de défense».

«Les adultes non vaccinés créent potentiellement un risque pour leur entourage», a-t-il souligné. «Nous nous attendons en quelque sorte à voir une légère augmentation du nombre de cas après l’Action de grâces.»

Le professeur Fisman n’a pas été étonné de la rapidité avec laquelle le Delta a dépassé les autres variants, qui ont «pour la plupart disparu» en Ontario. «Il s’agit essentiellement d’une sélection naturelle accélérée», a-t-il expliqué. «Nous savons que l’Alpha, le Beta, le Gamma étaient environ une fois et demie plus infectieux que le variant de Wuhan, puis le Delta a encore environ doublé ce taux.

«C’est une souche beaucoup plus infectieuse et on la voit en quelque sorte chasser les variants précédents.»

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