Plus de la moitié des entreprises ont vu leurs revenus baisser, selon une enquête

Publié le 29/04/2020 à 12:15

Plus de la moitié des entreprises ont vu leurs revenus baisser, selon une enquête

Publié le 29/04/2020 à 12:15

Par La Presse Canadienne
Une pancarte sur laquelle il est inscrit «Sorry, we're closed»

Près d’une entreprise sur cinq a mis à pied 80 % ou plus de son personnel. (Photo: Getty images)

Près du tiers des entreprises canadiennes qui ont participé à un sondage de Statistique Canada soutiennent qu’elles ont vu leurs revenus chuter de 40 % dans la foulée de la pandémie de COVID-19.

Un cinquième des entreprises a déclaré une baisse des revenus d’entre 20 % et 40 %, ce qui suggère que plus de la moitié des entreprises canadiennes ont vu leurs revenus baisser depuis le début de la crise sanitaire en mars.

Cette crise économique a entraîné des mises à pied et des licenciements : les résultats de l’enquête, à laquelle ont participé plus de 12 600 entreprises, laissent croire que près d’une entreprise sur cinq a mis à pied 80 % ou plus de son personnel.

C’est dans le secteur de l’hébergement et des services de restauration, ainsi que dans le commerce de détail, que se trouvait la proportion la plus élevée d’entreprises ayant déclaré de lourdes pertes et des mises à pied importantes. Toutefois, 62,3 % des entreprises qui ont participé à l’enquête déclarent qu’elles pourraient rouvrir ou reprendre leurs activités normales moins d’un mois après la suppression des restrictions sanitaires, comme la distanciation sociale.

Les résultats proviennent d’un sondage en ligne réalisé ce mois-ci en collaboration avec la Chambre de commerce du Canada. Statistique Canada affirme que l’étude ne peut être appliquée à l’ensemble de l’économie canadienne, car le sondage volontaire ne représente pas un échantillon aléatoire.

Dans un communiqué, le statisticien en chef, Anil Arora, affirme tout de même que les résultats de l’enquête « brossent un tableau précis des véritables répercussions de la pandémie de COVID-19 sur l’économie canadienne et ils éclaireront la prise de décisions dans les secteurs public et privé au pays ».

Impact immédiat

Cela fait environ six semaines que les responsables de la santé publique demandent aux Canadiens de rester chez eux et que les gouvernements ont ordonné la fermeture d’entreprises non essentielles pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus.

L’impact sur l’économie canadienne a été immédiat : plus d’un million de travailleurs ont perdu leur emploi au début du grand confinement et plus de deux millions ont vu leurs heures réduites. Depuis la mi-mars, plus de sept millions de personnes ont demandé l’aide fédérale d’urgence.

Les chiffres les plus récents sur la Prestation canadienne d’urgence (PCU), publiés mercredi, montrent une légère baisse du nombre total de demandeurs pour la prestation de 2000 $ par mois — passé de 7,28 millions à 7,26 millions. David Macdonald, économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives, suggère que cette baisse pourrait signifier que les pertes d’emplois au pays ont atteint un plateau. Jusqu’à présent, le programme fédéral de 35 milliards $ a versé 25,63 milliards $ de prestations aux Canadiens qui ont vu leurs revenus baisser en dessous de 1000 $ depuis le début de la crise à la mi-mars.

« Trop tard pour certaines entreprises »

Au début de la pandémie, 42,2 % des entreprises qui ont répondu au sondage estimaient qu’elles ne pourraient poursuivre leurs activités plus de 60 jours sans aucune source de revenus, indique la Chambre de commerce du Canada dans un communiqué.

L’économiste en chef de la chambre, Trevin Stratton, a soutenu dans un communiqué qu’à la sixième semaine de fermeture sanitaire, « les données indiquent clairement que des milliers d’entreprises se dirigent rapidement vers une fermeture permanente ».

« Il est déjà trop tard pour de nombreuses entreprises, mais d’innombrables autres peuvent encore être sauvées si nous agissons assez vite pour les aider, estime M. Stratton. Les mesures stratégiques comme les subventions salariales et le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes aideront sûrement de nombreuses entreprises, mais le temps presse pour soutenir financièrement toutes les entreprises qui ont besoin d’aide. »

 


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