Lancement du vaccin d'AstraZeneca au Royaume-Uni

Publié le 04/01/2021 à 12:44

Lancement du vaccin d'AstraZeneca au Royaume-Uni

Publié le 04/01/2021 à 12:44

Par AFP
Des gens font la file pour se faire vacciner au Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni est le premier pays à avoir autorisé le vaccin d'AstraZeneca/Oxford. (Photo: Getty Images)

Le Royaume-Uni, où de nouvelles restrictions sont attendues, est devenu lundi le premier pays à administrer à sa population le vaccin du laboratoire britannique AstraZeneca et de l'université d'Oxford contre la COVID-19, tandis que la polémique enfle en France face à la lenteur de la campagne de vaccination.

Brian Pinker, Britannique de 82 ans, a reçu à l'hôpital Churchill de l'université d'Oxford la première injection de ce vaccin, dont 520 000 doses sont prêtes à être distribuées au Royaume-Uni. 

«Je suis très heureux de recevoir aujourd'hui ce vaccin contre la COVID et très fier qu'il ait été inventé à Oxford», a-t-il déclaré. 

Alors que le vaccin Pfizer/BioNTech a déjà été injecté à plus d'un million d'habitants au Royaume-Uni depuis début décembre, les autorités britanniques ont commandé 100 millions de doses de celui d'AstraZeneca/Oxford, moins coûteux, plus facile à stocker et donc plus adapté à une campagne d'immunisation à grande échelle.

Le lancement de ce vaccin constitue «un tournant dans notre combat contre cet horrible virus», s'est félicité le ministre de la Santé, Matt Hancock.

Avec plus de 75 000 morts, le Royaume-Uni est l'un des pays d'Europe les plus endeuillés par le coronavirus. Près de 55 000 personnes supplémentaires ont obtenu un diagnostic positif au virus en 24 heures, selon les données officielles communiquées dimanche.

La rapide expansion de l'épidémie, attribuée à un nouveau variant du virus, a amené le premier ministre britannique, Boris Johnson, à prévoir de nouvelles restrictions, qui seront annoncées lundi soir.

«Le premier ministre est clair sur le fait que de nouvelles mesures doivent désormais être prises. (...) Il va les annoncer ce soir», a indiqué son porte-parole.

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a annoncé lundi que l'Écosse allait de nouveau entrer dans un confinement «similaire à celui de mars» 2020, pour contrôler l'envolée des contaminations.

«À partir de minuit et pour tout le mois de janvier, vous serez légalement tenus de rester à la maison», a-t-elle indiqué.

 

«Fiasco» en France

Si la vaccination s'accélère outre-Manche, en France, la polémique enfle sur la lenteur de la campagne entamée il y a huit jours, qui n'a pour le moment concerné que quelques centaines de personnes.

Au 1er janvier, seules 516 personnes avaient été vaccinées selon le ministère de la Santé, soit bien moins qu'en Allemagne, où plus de 200 000 vaccinations ont été enregistrées.

Le président de la région du Grand Est, où la situation épidémique est particulièrement alarmante, a dénoncé lundi «un scandale d'État».

L'eurodéputé écologiste Yannick Jadot a critiqué le «fiasco» de la stratégie vaccinale française, et plusieurs médecins éminents se sont aussi inquiétés d'un démarrage beaucoup trop lent à leurs yeux.

Signe de la préoccupation, l'Élysée a annoncé la tenue d'une «réunion de travail et de suivi» de la vaccination lundi après-midi avec le président, Emmanuel Macron, le premier ministre, Jean Castex, et plusieurs ministres, et le gouvernement a avancé à ce lundi le début de vaccination pour les soignants.

La campagne de vaccination a commencé le week-end des 26-27 décembre dans la plupart des pays de l'UE, après le feu vert au vaccin Pfizer/BioNTech, mais la lenteur du processus suscite des critiques aussi au niveau européen.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé lundi qu'elle pourrait se prononcer sur le vaccin Moderna dans la journée, au lieu de mercredi comme prévu initialement.

La Commission européenne a, de son côté, indiqué négocier une commande de doses supplémentaires du vaccin Pfizer-BioNTech, en plus des 300 millions déjà agréées, se défendant face aux critiques selon lesquelles l'UE n'aurait pas commandé suffisamment de doses de ce vaccin.

Un porte-parole a fait valoir le choix de Bruxelles de ne pas mettre «tous ses œufs dans le même panier», en concluant des contrats avec six fabricants pharmaceutiques.

 

Vaccination massive à Pékin

Si l'arrivée des vaccins donne l'espoir d'une embellie en ce début d'année, les cadences de production et d'approvisionnement sont encore loin de donner satisfaction.

Aux États-Unis, la campagne de vaccination monte en puissance et pourrait atteindre un million d'injections par jour, ont assuré dimanche des responsables face aux critiques sur son retard initial, dans un pays qui vient de franchir la barre des 350 000 morts.

En Chine, des milliers de Pékinois ont fait la queue lundi pour recevoir un vaccin contre la COVID-19 avant les déplacements du Nouvel an chinois, les autorités cherchant à tout prix à éviter une nouvelle vague épidémique.

Dans la capitale seulement, plus de 73 000 personnes ont reçu une première dose de vaccin entre vendredi et dimanche, a rapporté la presse.

Au Japon, le premier ministre, Yoshihide Suga, a annoncé lundi que son gouvernement «envisageait» un nouvel état d'urgence dans la grande région de Tokyo face à la recrudescence des contaminations.

Qualifiant la situation sanitaire du pays de «très sévère» il a dit espérer que la campagne de vaccination puisse commencer dès la fin février, précisant qu'il serait parmi les premiers à recevoir l'injection.

La pandémie a fait plus de 1,84 million de morts dans le monde et de 85 millions de cas d'infection, selon un bilan établi lundi par l'AFP.

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