Quand la divulgation volontaire améliore la valeur des firmes

Publié le 20/09/2011 à 14:53, mis à jour le 10/09/2012 à 13:58

Quand la divulgation volontaire améliore la valeur des firmes

Publié le 20/09/2011 à 14:53, mis à jour le 10/09/2012 à 13:58

Par Les Affaires

Dans la dynamique actuelle des marchés, la nécessité pour les investisseurs de maximiser leurs avoirs et l’obsession des créanciers de minimiser leurs risques, suscitent chez ceux-ci un besoin croissant d’informations, pour parvenir à une meilleure allocation de leurs ressources. Un besoin que les entreprises tentent de combler en divulguant volontairement, en plus des états financiers légalement exigés, des informations non financières au sujet de leur potentiel économique et leur performance organisationnelle. Ceci dans le but avéré d’assurer non seulement une meilleure compréhension de leurs activités par les investisseurs et créanciers, mais aussi une évaluation et une estimation plus précises de leurs perspectives par des analystes financiers qui fournissent des recommandations à ceux-ci.

Par Félix Zogning

Les données comptables de moins en moins cotées

Par ailleurs, dans leurs activités d’évaluation d’entreprises et de recommandations aux investisseurs, les analystes financiers accordent une importance grandissante à ces données non financières portant sur la performance organisationnelle, notamment celles qui donnent une idée du potentiel latent de l’entreprise et de ses possibilités de croissance; à tel point que l’on note une tendance de décrochage à l’égard de l’information comptable traditionnelle. Les informations non financières qui ont la cote auprès des analystes financiers, et qui affectent significativement leurs recommandations d’investissement à l’égard d’un titre, sont par ordre d’importance, celles qui concernent l’innovation, la satisfaction de la clientèle, les parts de marché, la responsabilité sociale de l’entreprise, la stratégie et le modèle de gouvernance.

Si la performance financière d’une entreprise justifie dans 43% des cas sa recommandation par un analyste financier ou un gestionnaire de portefeuille, les facteurs macroéconomiques liés au secteur d’activités et au pays conditionnent 32% de ces recommandations, alors que la performance organisationnelle non financière (Innovation, satisfaction de la clientèle, parts de marché, responsabilité sociale de l’entreprise, stratégie et gouvernance) justifie 25 % des recommandations. Ainsi, seulement un peu plus de quatre recommandations sur dix s’appuient sur des informations fournies par les états financiers, lesquels sont obligatoires pour toutes les entreprises. Les analystes financiers, tout comme les gestionnaires de portefeuille, consultent alors d’autres sources d’informations pour se faire une idée de la rentabilité, mais surtout du potentiel global et de la viabilité des entreprises à plus long terme. Les paramètres macroéconomiques étant en général hors du contrôle de l’entreprise, la divulgation volontaire d’informations non financières portant sur sa performance organisationnelle reste le levier dont elle dispose pour séduire les analystes financiers et ipso facto, les investisseurs qu’ils conseillent ; étant donné qu’une recommandation sur quatre s’appuie sur ces données.

Une nouvelle stratégie de communication

Il ressort que l’information financière qui est déjà difficilement compréhensible par des acteurs des marchés financiers et certaines parties prenantes aux activités de l’entreprise, a montré des limites quant à sa capacité à refléter toutes les dimensions des entreprises et à conférer une précision aux prévisions de cours boursiers. Les acteurs de marché, les analystes financiers en particuliers, montrent un intérêt certain pour des informations non financières et plus précisément celles qui donnent une idée de la performance organisationnelle des entreprises. La connaissance de la portée de ces informations et leur impact sur le jugement et les recommandations des analystes financiers et des autres acteurs économiques aide à la mise en place d’une politique de communication d’entreprise apte à réduire l’asymétrie d’information sur les marchés et à conduire vers une certaine efficience de ceux-ci.

L'augmentation de la divulgation volontaire d'informations non financières par les entreprises via divers supports (rapports annuels, rapports de responsabilité sociale et de développement durable, communiqués de presse et sites web corporatifs), vise à réduire l'écart entre le besoin d'information du marché et les informations fournies par les dirigeants d'entreprise. Ce qui pourrait inciter les sociétés cotées à continuer d’améliorer leurs stratégies de divulgation, et pousser les entreprises candidates à la cotation à essayer d’intéresser les analystes, qui pourront à leur tour améliorer l’efficience de marché de ces nouveaux titres.

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Félix Zogning est chargé de cours à l’École des Sciences de la Gestion de l’UQAM, et chercheur à la chaire d’information financière et organisationnelle.

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