Des réseaux optiques plus performants

Publié le 08/09/2012 à 00:00, mis à jour le 11/09/2012 à 09:18

Des réseaux optiques plus performants

Publié le 08/09/2012 à 00:00, mis à jour le 11/09/2012 à 09:18

Le volume de données dans les réseaux optiques croît de manière fulgurante, et le risque de congestion guette les opérateurs de télécoms. De plus, il s'agit là d'un véritable casse-tête pour quiconque aspire à de plus grandes vitesses de communication.

À titre de chercheurs, notre défi consiste à concevoir de nouveaux réseaux optiques permettant de transmettre la plus grande quantité de données par seconde, et ce, à moindre coût. Sur le plan technologique, nous maîtrisons assez bien les techniques de transmission par fibre optique jusqu'à 10 Gb/s. C'est lorsqu'on excède cette vitesse que le défi se corse.

Bien que les systèmes à 40 Gb/s soient encore très rares au Canada, on les retrouve de plus en plus chez les grands opérateurs et les nouveaux acteurs de l'univers des télécoms (Google, iTunes, Facebook, institutions financières, etc.) qui, pour combler leurs besoins toujours plus gourmands en matière de bande passante (vidéo, données) et de nouvelles exigences de performance, déploient aujourd'hui des réseaux spécifiquement conçus pour leurs applications.

Pour rendre les réseaux à 40 Gb/s plus performants, moins coûteux et plus flexibles, mon équipe et moi avons créé, en collaboration avec Ciena (autrefois Nortel), une toute nouvelle architecture de réseau appelée « sans filtre ». Grâce à cette architecture, qui mise essentiellement sur la capacité de syntonisation des récepteurs optiques cohérents de toute dernière génération, comme dans l'univers de la radio, nous n'avons plus besoin de commutateurs complexes et coûteux. Les liaisons optiques entre les villes s'en trouvent extraordinairement simplifiées. Précisons que, dans de vastes pays comme le Canada et les États-Unis, le coût et la simplicité architecturale des réseaux sont des enjeux majeurs.

Flexibilité et économies

Grâce aux récepteurs cohérents, un réseau sans filtre ni commutateur peut ainsi évoluer en capacité et en vitesse de 10 Gb/s à plus de 40 Gb/s sans devoir passer par une réingénierie. Cette grande flexibilité représente des économies considérables pour les opérateurs fortement préoccupés par les nouvelles exigences liées au déploiement massif de la télévision et de la vidéo sur Internet.

Mais il n'y a pas que cette flexibilité accrue qui les séduit : comme cette architecture nécessite moins d'éléments à déployer sur la ligne, les coûts en technologies (commutateurs, amplificateurs), mais aussi en électricité (climatisation, espace, systèmes informatiques), s'en trouvent considérablement réduits et la fiabilité du réseau, améliorée.

Enfin, maintenant que nous avons trouvé des solutions pour concevoir des réseaux simples, flexibles et performants à 40 Gb/s, notre défi consiste à tester notre idée sur des réseaux de capacités et de dimensions encore plus grandes et à vérifier que notre solution architecturale tient vraiment la route. Nous travaillons aussi à faire migrer une architecture traditionnelle de réseau en architecture sans filtre.

Fondatrice et directrice du Laboratoire de technologies de réseaux de l’École de technologie supérieure, Christine Tremblay y est également professeure au Département de génie électrique.

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