Des recherches par forme clé plutôt que par mot clé

Publié le 05/05/2012 à 00:00, mis à jour le 10/09/2012 à 11:58

Des recherches par forme clé plutôt que par mot clé

Publié le 05/05/2012 à 00:00, mis à jour le 10/09/2012 à 11:58

Fait indéniable : les systèmes de conception et de fabrication assistée par ordinateur (CAO/FAO) ont révolutionné le secteur manufacturier. La plupart des entreprises conçoivent d'abord par ordinateur les pièces qui entrent dans la composition de leurs produits. À tel point que, pour plusieurs, retrouver un modèle numérique 3D particulier dans la base de données revient à chercher une aiguille dans une meule de foin.

Le nombre de ces fichiers excède souvent les centaines de milliers dans les bases de données des grandes entreprises, voire des millions dans les très grandes. Impossible alors de retracer un modèle 3D en tapant simplement des mots clés. Résultat : les concepteurs préfèrent généralement partir d'une feuille blanche pour créer une nouvelle pièce, plutôt que de tenter d'en retrouver une qui pourrait être réutilisée telle quelle ou encore modifiée à peu de frais.

Cette problématique, constatée lors d'une année sabbatique passée chez Bombardier Aéronautique, nous a amené à développer la suite logicielle 3DPartFinder, commercialisée par 3DSemantix. Cet outil permet de retrouver les documents non pas en utilisant des paramètres alphanumériques (nom du fichier, date, auteur, etc.) comme les manufacturiers l'ont fait jusqu'à ce jour, mais en fournissant une géométrie de référence. Ainsi, pour effectuer une recherche, il suffit désormais de modéliser en 3D, dans un système de CAO, une forme approximative de la pièce recherchée.

Sur le plan de la productivité, un tel produit présente des avantages certains. En réutilisant des fichiers et des informations existants, les entreprises évitent de réinventer la roue et de gaspiller ainsi temps et argent. En retrouvant des pièces similaires à celles qu'elles doivent produire, les entreprises peuvent également réutiliser tous les documents qui s'y rapportent, comme les calculs, les certifications, les tests déjà effectués. Enfin, à force de réemployer des pièces qui ont déjà fait leurs preuves, elles finissent aussi par éliminer l'ivraie de leur système et améliorer la qualité de leurs produits.

Faciliter les devis

Le logiciel peut également être utilisé pour effectuer des devis de fabrication. Plutôt que de perdre du temps, chaque fois, à réétudier la pièce et à calculer son coût de fabrication, les manufacturiers n'ont aujourd'hui qu'à rechercher dans leur système des pièces similaires et à consulter leurs archives de facturation ou leur système de gestion de la production. Ils peuvent même vérifier si le projet a été rentable et produire des devis plus justes, plus rapidement.

Les entreprises peuvent aussi utiliser l'outil pour décider à quel sous-traitant confier la conception ou la fabrication d'une pièce. Il suffit de rechercher dans leur système quels concepteurs ou manufacturiers leur ont fourni des pièces similaires par le passé et, du coup, elles obtiennent de bonnes indications pour octroyer le prochain mandat.

Actif depuis plusieurs années au sein du Laboratoire d’ingénierie des produits, procédés et systèmes (LIPPS) de l'École de technologie supérieure (ÉTS), le professeur Roland Maranzana a récemment créé avec des collègues du Département de génie de la production automatisée et de génie des opérations et de la logistique, le laboratoire Numérix dont le domaine de recherche concerne l’entreprise numérique. Partie intégrante du réseau de l’Université du Québec, l’ÉTS forme des ingénieurs et des chercheurs reconnus pour leur approche pratique et innovatrice. www.etsmtl.ca.

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