Des agences gouvernementales plus productives

Publié le 14/04/2012 à 00:00, mis à jour le 10/09/2012 à 13:47

Des agences gouvernementales plus productives

Publié le 14/04/2012 à 00:00, mis à jour le 10/09/2012 à 13:47

Par Les Affaires

Les nouvelles mesures de décentralisation adoptées par le gouvernement du Québec au début des années 2000 semblent porter leurs fruits. En prenant ce virage, les agences ont augmenté leur productivité de 2,9 % en moyenne au cours de la dernière décennie. Tels sont les principaux constats d'une étude que nous venons d'effectuer sur la performance des agences gouvernementales québécoises.

Par Claude Laurin

Rappelons qu'en 2000 le gouvernement du Québec a implanté de nouvelles pratiques de gestion axées sur les résultats, afin d'améliorer l'efficience de certaines de ses agences. Inspirées du secteur privé, ces mesures contraignent depuis les agences à élaborer des plans stratégiques et des plans annuels de gestion des dépenses, et à identifier des indicateurs pour faciliter la reddition de comptes. Les directeurs d'agence sont également tenus de présenter aux parlementaires un rapport annuel faisant état du degré d'atteinte de leurs objectifs liés à leurs plans stratégiques.

En contrepartie, ces organisations pouvaient bénéficier d'une plus grande autonomie, certaines ayant même la liberté de gérer les surplus budgétaires et la main-d'oeuvre. Au moment de l'étude, 23 organismes, qui oeuvraient aussi bien dans la collecte des taxes et des impôts non payés que dans la gestion des prêts et bourses, avaient déjà obtenu le statut d'agence gouvernementale décentralisée.

Première observation : ces réformes ont valu le coup. Une très forte proportion des agences ont enregistré une progression de leurs revenus, de leurs extrants et de leur productivité au cours des 10 dernières années, faisant la preuve que la décentralisation peut influer positivement sur la performance.

Des performances variables

Deux agences se sont particulièrement démarquées en améliorant considérablement leur performance à l'égard de tous les aspects sur lesquels a porté l'étude. Ainsi, le Bureau des infractions et amendes et le Centre de perception fiscale ont vu leur productivité augmenter de 3,39 et 2,82 % respectivement depuis 2000, en plus d'accroître leurs revenus et de diminuer leur coût moyen.

À l'opposé, le taux de productivité de l'Aide financière aux études a chuté de près de 5 % depuis la création de cette agence. Ainsi, le nombre de demandes de prêts et bourses traitées a diminué de 0,30 %, alors que le nombre d'employés à temps plein a crû de 6,62 %. En outre, la baisse de la satisfaction de la clientèle s'est accompagnée d'une augmentation des délais et d'une forte baisse de la formation des employés.

À la lumière de ces constats encourageants dans l'ensemble, nous recommandons au gouvernement du Québec de persister dans les efforts qu'il déploie pour implanter un mode de gestion axé sur les résultats et d'étendre à d'autres organisations publiques québécoises le modèle des agences analysées dans le cadre de cette étude.

Le Bureau des infractions et amendes et le Centre de perception fiscale ont vu leur productivité augmenter de 3,39 et 2,82 % respectivement depuis 2000. À l'opposé, celle de l'Aide financière aux études a reculé de 5 % depuis sa création.

Pour en savoir plus : téléchargez l’étude « Gestion axée sur les résultats et performance des agences gouvernementales québécoises » sur le site du CPP.

Professeur titulaire à HEC Montréal, Claude Laurin est chercheur associé au Centre sur la productivité et la prospérité. Créé en 2009, ce Centre se consacre à la recherche sur la productivité et la prospérité en ayant comme principaux objets d’étude le Québec et le Canada. www.hec.ca/cpp.


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