D'où vient son essor ?

Publié le 07/07/2012 à 00:00, mis à jour le 10/09/2012 à 11:56

D'où vient son essor ?

Publié le 07/07/2012 à 00:00, mis à jour le 10/09/2012 à 11:56

Par Les Affaires

Alors que la commission Charbonneau amorçait ses travaux sur une possible infiltration du crime organisé dans le secteur de la construction au Québec, nous avons voulu comprendre l'incroyable essor qu'a connu cette industrie au cours des années 2000.


Par Robert Gagné


À la lumière de notre étude, la mauvaise réputation dont souffre l'industrie de la construction, notamment en matière de relations de travail et de coûts présumés des travaux, ne peut certainement pas s'appuyer sur les résultats d'une analyse rigoureuse des indicateurs économiques disponibles.


Notre étude montre qu'entre 1997 et 2007, l'industrie québécoise de la construction a fait progresser de 2,69 points de pourcentage la croissance globale de la productivité du travail au Québec, qui s'établissait alors à 14,24 %. À lui seul, ce secteur a donc produit près de 19 % de cette croissance. Et ce, alors que la construction ne représente que 8 % du volume total des heures travaillées. Par ailleurs, l'analyse dévoile que la performance économique du secteur de la construction au Québec dépasse celle de cette industrie en Ontario et dans l'ensemble du Canada.


À notre avis, trois explications peuvent justifier ces constats surprenants :


1) Les coûts de main-d'oeuvre étant plus élevés au Québec qu'ailleurs au Canada au début des années 2000, l'industrie québécoise de la construction s'est vue contrainte de réduire le temps de travail pour accroître son efficacité.


2) La croissance fulgurante des investissements dans les infrastructures de transport au Québec depuis l'an 2000 peut aussi avoir entraîné une augmentation de la productivité du travail dans l'industrie de la construction.


3) Enfin, il est possible que les coûts de main-d'oeuvre plus élevés au Québec qu'ailleurs aient favorisé un plus grand recours au travail au noir. En rapportant moins d'heures travaillées pour un même volume de production, le travail au noir entraîne une surestimation de la productivité du travail et une sous-estimation des coûts unitaires de main-d'oeuvre.


À la lumière de cette étude, la mauvaise réputation dont souffre l’industrie de la construction, notamment en matière de relations de travail et de coûts présumés des travaux, ne peut certainement pas s’appuyer sur les résultats d’une analyse rigoureuse des indicateurs économiques disponibles.



Professeur titulaire à l’Institut d’économie appliquée de HEC Montréal, Robert Gagné est directeur du Centre sur la productivité et la prospérité. Créé en 2009, ce Centre se consacre à la recherche sur la productivité et la prospérité en ayant comme principaux objets d’étude le Québec et le Canada. www.hec.ca/cpp.

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