COP21 : un dispositif de sécurité inédit

Publié le 30/11/2015 à 14:55

COP21 : un dispositif de sécurité inédit

Publié le 30/11/2015 à 14:55

Quelque 150 représentants et chefs d’État sont arrivés ce dimanche pour prendre part aux négociations de la COP21 qui se dérouleront au Bourget. La France, toujours sous le coup de l’état d’urgence décrété à la suite des attentats de Paris ayant fait 130 morts, se prépare à vivre durant 10 jours sous un dispositif de sécurité hors norme. Transports, accueil des visiteurs… Quel est l’impact de ces mesures sur l’arrivée des délégations et des visiteurs étrangers ?


C’est une semaine sous haute tension qui s’ouvre à Paris pour les forces de l’ordre. Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, avait déjà annoncé l’interdiction des rassemblements à la suite des attentats qui ont endeuillé la capitale française le 13 novembre dernier. Il a également pris des mesures drastiques pour sécuriser l’arrivée des délégations étrangères, notamment au niveau des transports.


Dimanche et lundi, plusieurs axes de circulation majeurs tels que l’A106, qui dessert l’aéroport d’Orly, et l’A6A, qui relie le périphérique parisien à l’autoroute du Sud, ont été coupés à la circulation.


Alors que la gratuité des transports publics avait été annoncée, le préfet de police a finalement demandé aux Parisiens de ne pas utiliser leurs voitures et d’éviter les transports en commun durant ces deux journées d’affluence.


«Une recommandation sera également adressée aux employeurs de faciliter les autorisations d’absence ou de départ anticipé des salariés», a indiqué le ministère de l’Intérieur français dans un communiqué. Ces propos ont beaucoup fait réagir les Parisiens sur la Toile. Ces mesures semblent cependant avoir porté fruit, puisqu’à 8h30 lundi, seuls 21 km de bouchons avaient été comptabilisés par le Centre d’information routière (CRICR) sur le réseau francilien, contre 250 km habituellement.


Sur le site du Bourget, qui réunit à la fois la zone bleue ultra sécurisée de la conférence de l’ONU, ainsi que la Galerie des Solutions et l’Espace Générations Climat sur près de 180 000 m2, les voitures sont carrément interdites pour des raisons de sécurité. Un système de navettes gratuites a été mis en place à partir de l’arrêt du RER B Le Bourget et du métro n°7 (Fort d’Aubervilliers).


Pour assurer la sécurité des transports en commun, des patrouilles de 600 policiers et de 500 militaires seront mises en place quotidiennement tandis que la RATP et la SNCF ont déployé en interne 42 équipes de 3 à 4 personnes pour renforcer le dispositif.


Des dispositifs plus poussés


Rien que sur les deux journées de dimanche et lundi, près de 6300 membres des forces de l’ordre ont été mobilisés pour sécuriser les hôtels de dirigeants et les ambassades, tandis que 15 600 policiers et gendarmes seront déployés durant toute la durée de la conférence.


Dans la zone bleue de l’ONU, où près de 22 000 personnes (délégués, observateurs, journalistes, etc.) sont attendues, une quarantaine de portiques de détection des métaux ainsi qu’un balayage des sacs au rayon X ont été mis en place en plus des traditionnels contrôles d’identité. Près d’une centaine de gardes des Nations Unies seront appuyés par 300 agents de sécurité privés.


Sur les différents sites accueillant du public, la sécurité a également été renforcée : c’est par exemple le cas des espaces Générations Climat, qui se trouvent juste à côté du Centre de conférences des Nations Unies. Les objets encombrants et valises dont la dimension est supérieure à 115 cm sont interdits, de même que les boissons, objets tranchants et aérosols tandis que toute entrée devra se faire par un portique de détection.


Du côté des délégations québécoises qui se préparent à s’envoler pour Paris, les préparatifs ont évolué au fil des mises à jour concernant les mesures de sécurité. «On a reçu plusieurs courriels des organisateurs d’événements auxquels on est inscrits, pour nous dire qu’il faudra certainement prévoir plus de temps pour les contrôles à l’entrée», affirme Stéphanie Trudeau, vice-présidente stratégie, communication et développement durable chez Gaz Metro.


«Le contenu des conférences n’a pas changé, mais les gens nous informent qu’il faudra prévoir plus de temps à l’entrée», précise Marie-Hélène Labrie, vice-présidente aux affaires gouvernementales et communications d’Enerkem.


 Des temps d’attente allongés


Les organisateurs de certains événements, comme les conférences Energy For Tomorrow du New York Times, ont fait savoir qu’ils ne prendraient plus aucune inscription quelques jours avant l’ouverture afin de s’assurer d’avoir réalisé l’ensemble des vérifications.


En fin de semaine dernière, le cabinet du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques du Québec n’avait encore aucune confirmation à fournir sur le planning du ministre et affirmait que les mesures de sécurité avaient une nouvelle fois été renforcées.


Même chose du côté des médias. Plusieurs événements n’avaient pas encore validé leurs accréditations vendredi midi, à quelques jours de l’ouverture de la Cop. Après avoir accrédité près de 3000 journalistes, l’ONU a elle aussi fait savoir qu’elle ne pourrait pas élargir ce quota au vu des impératifs de sécurité.


Le Sustainable Innovation Forum, qui se déroulera au Stade de France de Saint-Denis, a même envoyé une note aux participants les enjoignant à préférer le taxi aux transports publics.


Chargée de coordonner la communication de plusieurs sociétés québécoises, la firme


Copticom a constaté que certains acteurs avaient eu tendance à réduire la durée de leur voyage, en raison des récents événements. «J’ai entendu dire que plusieurs personnes avaient décidé de ne pas aller à Paris», ajoute Jean Nolet, président de la Coop Carbone.


Pour autant, le contexte n’a pas découragé l’ensemble des acteurs québécois, qui n’ont jamais été aussi nombreux à assister à une Conférence des Parties. «Au lieu d’être insécurisant, c’est plutôt rassurant de savoir qu’il y a un haut niveau de sécurité», pense Stéphanie Trudeau.


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