Cop21 : Des initiatives locales contre le changement climatique

Publié le 04/12/2015 à 11:28

Cop21 : Des initiatives locales contre le changement climatique

Publié le 04/12/2015 à 11:28

Avec ses 2000 panneaux solaires, la Halle Pajol, un ancien entrepôt de la Société nationale des chemins de fer réhabilité, est la plus grande centrale solaire photovoltaïque de France en milieu urbain. Un exemple en matière de rénovation urbaine et de gestion de l’énergie.

C’est dans ce lieu revêtu de bois et d’acier, situé en plein cœur d’un nouvel écoquartier du 18e arrondissement de Paris, que se sont tenues les rencontres « Initiatives locales et lutte contre le changement climatique », organisées par l’Agence régionale de l'environnement et des nouvelles énergies (ARENE), en marge des rencontres de la Cop21.

Au menu, des thématiques telles que le financement participatif, les énergies renouvelables, le pilotage des villes intelligentes, la coopération décentralisée, ou encore les outils financiers pour accompagner les collectivités.

« C’est une manière d’aborder les différents thèmes sous forme d’ateliers et d’offrir différentes solutions », souligne Anne Garrigou, chef de projet pour l’ARENE, qui présentait notamment deux projets de « smart-grids » mis en place dans le département de la Vendée et l’agglomération de Lorient, en France, lors d’un atelier sur le développement des villes intelligentes.

Le rôle des villes au cœur des évolutions

Les échanges ont rappelé à quel point les villes sont au cœur des développements sur la question des smart-grids : « Les villes sont à la fois propriétaires du réseau et utilisatrices, et elles doivent gérer la question des données recueillies, à savoir à qui appartient ces données et comment on les utilise », résume Anne Garrigou.

À ses côtés, Stefan Olsson, chef de projet à l’agence de l’énergie suédoise Energikontor Sydost, est revenu sur le modèle de son pays, où les énergies éoliennes et solaires ont le vent en poupe. « Nous produisons aujourd’hui plus d’énergie éolienne que le Danemark, mais l’un des défis est de savoir comment on pilote ces énergies. Les grands fournisseurs ne sont pas toujours heureux de ces évolutions, car cela implique aussi pour eux plus d’investissements en vue de fournir davantage de capacité. »

Pour autant, le principal défi des smart-grids n’est pas forcément l’aspect technologique : « C’est plutôt une question de savoir comment on organise et on encadre légalement l’usage de ces nouveaux outils», affirme Stefan Olsson. L’exploitation des réseaux, par des acteurs publics ou privés selon les pays, a en effet une influence sur la question des modèles d’affaires à développer mais aussi sur la manière dont les données récoltées peuvent être utilisées en terme d’éthique.

Pour Waltraud Schmid, représentante du Centre d’énergie indépendant de Vienne en Autriche, il reste encore des progrès à faire. « Les constructeurs ne sont pas forcément ceux qui paient la facture énergétique : or, il faut prendre en compte l’ensemble des coûts associés au cycle de vie des bâtiments pour pouvoir changer la donne ».

Des sources d’inspiration pour le Québec

Philippe Bourke, directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ), s’est intéressé à la table ronde sur la coopération décentralisée dans le cadre des plans climats territoriaux, qui présentait l’exemple de la France et du Sénégal. « C’est le genre de choses que l’on peut retrouver au Québec, mais pas encore sur le plan du climat. Nous sommes plutôt dans une approche «par le bas » alors que la France est plutôt sur un modèle « par le haut », mais il peut être intéressant de fusionner ces pratiques», estime Philippe Bourke.

Il remarque qu’en France, les modes de coopérations découlent souvent d’une loi, tandis qu’au Québec, l’approche demeure moins formelle. « On peut bénéficier de cette façon de faire plus structurée pour voir ce qui a fonctionné ou non, notamment dans le domaine de la transition énergétique, car le défi est toujours dans le champ de l’application », pense-t-il.

Alexandre Turgeon, fondateur et président exécutif de l’organisation québécoise Vivre en Ville, a pour sa part participé à un atelier concernant les outils financiers mis en oeuvre dans différents pays (Irlande, France, Espagne) pour accompagner la rénovation énergétique. « La démarche en Picardie est intéressante, car au lieu d’avoir des incitatifs financiers, c’est le Conseil général qui prend en charge le coût des travaux et se fait rembourser mensuellement par le propriétaire sur les économies réalisées ».

Il remarque que certaines préoccupations, comme la stratégie de formation de la main d’œuvre au sein de l’industrie de la construction, se rejoignent entre les différents pays. « C’était aussi une occasion de développer notre réseau et de voir d’autres expériences, alors que nous tentons d’ouvrir la voie au Québec », affirme-t-il.


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