ESG: pratiquer ce qu’on prêche


Édition du 09 Novembre 2022

ESG: pratiquer ce qu’on prêche


Édition du 09 Novembre 2022

Geneviève Provost, associée directrice pour le Québec et la région de la Capitale nationale à Deloitte (Photo: courtoisie)

COMPTABILITÉ. Lorsque vient le temps d’intégrer les facteurs ESG de manière stratégique, les cabinets de CPA sont logés à la même enseigne que leurs clients. Ils doivent repenser leurs politiques et leurs pratiques pour atteindre de nouveaux types d’objectifs.

La direction de PwC a décidé de s’éloigner des anciens rapports de responsabilité sociale dans lesquels les entreprises présentaient leurs bons coups, sans offrir un portrait juste de l’ensemble de leurs impacts ESG. « Nous avons plutôt dressé un état de la situation honnête, en détaillant comment nous allons nous améliorer », explique Nochane Rousseau, vice-président et associé directeur de la région du Québec et de l’Est du Canada. 

Le cabinet a développé 12 mesures de performance, assorties d’objectifs sur cinq ans. Il compte par exemple atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. La firme vise donc à plafonner ses émissions annuelles à 9 000 tonnes de CO2 d’ici cinq ans, comparativement à 17 842 tonnes en 2019. 

Certains de ces indicateurs ont révélé des lacunes, que l’organisation n’a pas cherché à cacher. « Par exemple, nous avons constaté une trop faible représentation des personnes autochtones et de celles qui vivent avec des handicaps dans nos effectifs, alors nous nous sommes fixé des objectifs pour corriger cela d’ici cinq ans », illustre Nochane Rousseau. 

Le cabinet a créé des outils pour que les employés puissent changer certains comportements ou limiter leurs impacts environnementaux. Ils ont désormais accès à une allocation de dépense pour payer des titres de transport en commun ou des frais d’autopartage ou de vélopartage, mais aussi pour financer d’autres initiatives comme installer chez eux des systèmes de production d’énergie solaire ou mieux isoler leur résidence.

 

Des pratiques plus durables

En 2020, la firme Deloitte a adopté une stratégie climatique mondiale. « Elle repose sur quatre piliers : réduire nos émissions, intégrer la durabilité dans nos pratiques, responsabiliser notre personnel et engager nos parties prenantes et notre écosystème », résume Geneviève Provost, associée directrice pour le Québec et la région de la Capitale nationale.

Le cabinet promet d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030 et de diminuer de moitié ses émissions de GES générées par les voyages d’affaires par rapport à 2019. Il a d’ailleurs été la première entreprise à participer au nouveau programme « Laissez Moins » d’Air Canada, qui offre des options pour compenser ou réduire les émissions de GES liées aux voyages d’affaires, comme l’achat de carburants durables (CAD) et de crédits de compensation carbone. 

En juillet dernier, ces résolutions se sont traduites par ce que Geneviève Provost qualifie « d’assemblée des associées la plus durable à ce jour ». Un plan de réduction des déchets et des déplacements et d’engagement avec la communauté chapeautait cette rencontre de 1 100 associés à Halifax. Toutes les activités pouvaient se faire à pied et les voyageurs ont dû se contenter de la classe économique dans les avions qui les amenaient en Nouvelle-Écosse. Le cabinet a remis tous les restes de nourriture à l’Armée du Salut locale ou à des agriculteurs qui les ont transformés en compost. Des tasses en verre ont pour leur part permis d’éviter l’usage de 10 000 gobelets de café.

Deloitte a aussi favorisé les fournisseurs locaux en plus de recueillir plus de 500 000 dollars pour l’organisme Shave for the Brave, qui amasse des fonds pour les jeunes atteints du cancer. Une soixantaine de bénévoles ont été prêter main-forte aux travailleurs de Centraide. « Nous voulions que notre événement ait un impact positif sur la communauté, indique Geneviève Provost. La durabilité doit se trouver au cœur de nos politiques internes et de nos décisions. »

 

Élaborer des solutions

De son côté, EY annonçait en 2021 qu’il affichait désormais un bilan carbone négatif. Le cabinet s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2025, en appliquant une stratégie en sept points. Elle prévoit notamment de sabrer de 35 % les émissions de GES liées aux déplacements d’affaires par rapport à 2019, de diminuer la consommation d’électricité dans ses bureaux et de trouver des sources d’énergie entièrement renouvelables. 

Les équipes d’EY ont accès à des outils pour calculer et réduire leur empreinte carbone dans leur travail auprès des clients. Le cabinet s’engage à compenser plus d’émissions de carbone qu’il n’en produit. Il exige que 75 % de ses approvisionnements proviennent d’entreprises qui possèdent des cibles de diminution de leurs émissions de GES pour 2025. 

« Notre plus gros impact vient toutefois de notre capacité à élaborer des solutions et des services pour aider nos clients à décarboner leur entreprise et à améliorer leur bilan global en développement durable », croit Thibaut Millet, associé du groupe canadien de services en changements climatiques et développement durable d’EY.

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