Comment Paul Maréchal a construit sa grande collection de Warhol

Offert par Les Affaires


Édition du 18 Avril 2015

Comment Paul Maréchal a construit sa grande collection de Warhol

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Édition du 18 Avril 2015

L’artiste Andy Warhol fascine Paul Maréchal. [Photo: Jérôme Lavallée]

Paul Maréchal est une figure notoire du monde de l'art au Québec. Sa passion pour les oeuvres illustrées de l'artiste américain Andrew Warhol (1928-1987), mieux connu sous le nom d'Andy Warhol, en fait un des plus grands spécialistes et collectionneurs de l'artiste.


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Jusqu'au mois dernier, le Musée des beaux-arts de Montréal présentait sa collection sous la thématique Warhol s'affiche ! Une cinquantaine d'affiches et 410 magazines illustrés par l'artiste, qui ont demandé près de 20 ans de travail au collectionneur.


Lorsqu'on lui demande pourquoi il a choisi cet artiste, Paul Maréchal répond sans détour : «Si Pablo Picasso a été l'artiste de la première moitié du 20e siècle, Warhol est sans aucun doute l'artiste le plus important de la seconde moitié du siècle», lance-t-il.


Pour mesurer l'importance d'un artiste, il faut évaluer son influence sur ses contemporains et celle qu'il exerce sur la postérité, dit M. Maréchal. «On peut dire que Picasso a influencé ses pairs pour son travail sur la plasticité des formes. Warhol, lui, traverse la frontière entre les beaux-arts et l'art commercial. Il rend l'art accessible. Rappelons-nous le «less is more» du Bauhaus, un slogan d'après-guerre de l'architecte allemand Mies van der Rohe. Warhol est dans cette continuité : il laisse parler l'image, elle a son propre langage et sa propre symbolique. Pensons à ses oeuvres les plus connues, Campbell's Soup Cans, Diptyque Marilyn ou Liz ; l'image seule est autonome.» Épris de l'oeuvre, Paul Maréchal s'est aussi intéressé à Warhol, l'homme.


Un bourreau de travail, raconte-t-il. Dans son célèbre atelier new-yorkais The Factory, il employait plus de 100 personnes : «Des bouches à nourrir, disait-il sans cesse. Il avait constamment peur de manquer d'argent. Malgré le succès, il ne croyait pas à la durée de son oeuvre, il redoublait d'ardeur et acceptait toutes les propositions.»


Ce qui en a fait un touche-à-tout, un homme-orchestre. Tour à tour cinéaste, auteur, publiciste, plasticien, graveur, sculpteur et illustrateur, il laissera une panoplie d'oeuvres diverses. Aujourd'hui encore, on découvre des créations inédites. «Il me fascine, je le découvre et le redécouvre sans cesse. Un artiste à la fois homme d'affaires qui mène comme un maestro sa propre carrière, un chef d'entreprise hors pair, un homme entreprenant et résolument de son époque», s'enthousiasme Paul Maréchal.


Comment a été montée la collection


C'est en 1996 que M. Maréchal amorce sa collection, avec l'achat d'une pochette de disque de Paul Anka confectionnée par Warhol.


Lentement les trouvailles d'oeuvres s'accumulent. Puis, les choses accélèrent, avec les progrès d'Internet.


Paul Maréchal glane l'ensemble de ses oeuvres dans des sites d'enchères ou de commerce en ligne comme eBay, Amazon et AbeBooks. «Ma collection est purement 21e siècle. L'ensemble des magazines, affiches, pochettes d'albums et ronéos underground provient d'achats effectués dans Internet. C'est un fabuleux outil de recherche. Imaginez monter une pareille collection dans les années 1970. J'aurais mis 40 ans ou plus pour dénicher à peine la moitié de ma collection actuelle !» explique-t-il.


Apprendre du conservateur de Power Corp. et enseignant à l'UQAM à combien s'élève la valeur de sa collection n'est pas chose simple. «À plusieurs centaines de milliers de dollars, dira-t-il finalement. Si vous m'aviez dit il y a 10 ans qu'on avait payé une revue 10 000 $, je vous aurais traité de fou. C'est exactement ce que j'ai fait récemment !»


Sa collection n'a pas qu'une valeur monétaire. Il consacrera six ans à écrire deux catalogues raisonnés sur le sujet des affiches et des magazines. Les ouvrages sont publiés à New York chez Prestel Publishing, une filiale de Random House. Le New York Times lui a consacré une critique élogieuse dans son «Sunday Book Review» de décembre dernier, qualifiant le travail d'essentiel et d'incontournable pour mieux connaître l'oeuvre de Warhol.


Paul Maréchal n'entend pas freiner sa passion pour l'oeuvre illustrée de l'artiste. «Ma passion pour Warhol ne veut pas s'éteindre. Chaque jour, je découvre de nouvelles choses. Ce n'est pas demain que je vais m'arrêter !»


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