Conjuguer jeune famille, maison et retraite

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Février 2016

Conjuguer jeune famille, maison et retraite

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Édition du 13 Février 2016

[Photo : Shutterstock]

N.D.L.R. Êtes-vous en voie d'atteindre l'indépendance financière à votre retraite ? Chaque semaine, nous vous présentons la situation de lecteurs qui se sont posé la question. Un planificateur financier a étudié leur dossier et rend jugement.

Retour au dossier spécial sur les REER

Le cas

Il est rare que des jeunes au tournant de la trentaine songent à leur plan de retraite. C'est pourtant le cas de notre lecteur et de sa conjointe, âgés respectivement de 30 et 27 ans.

La situation du jeune couple est complexe, car il doit jongler avec des objectifs à court, à moyen et à long terme. Nous avons confié leur cas au planificateur financier indépendant Martin Dupras.

Voici donc leur situation. Monsieur travaille dans le milieu de la santé depuis 2008 et gagne un salaire annuel de 60 000 $. Il possède un condo largement hypothéqué. La valeur nette est de 30 000 $. Il a déposé 17 000 $ dans un CELI et accumulé un fonds d'urgence de 3 000 $. Son REER contient 28 000 $ presque totalement investis dans les fonds de travailleurs. Le jeune travailleur de la santé est discipliné. Il continue d'alimenter son coussin en cas d'imprévu à hauteur de 200 $ par mois. Deux fois par mois, il dépose 75 $ dans un compte réservé aux projets de voyage. Chaque année, il injecte 5 000 $ dans le REER par l'intermédiaire de Fondaction, de la CSN.

Ses obligations financières sont lourdes. Outre le remboursement de l'hypothèque (650 $/mois sur 26 ans), notre lecteur paie 1 200 $ par mois pour les cotisations au fonds de prévoyance, les assurances, les taxes, l'électricité, Internet et le câble. Il rembourse ses dettes d'étudiant à raison de 250 $ par mois, et son prêt-auto représente une dépense mensuelle de 300 $.

Madame termine un congé de maternité. Employée dans le secteur de la santé, son salaire était de 35 000 $ l'année dernière, avant la naissance du premier enfant du couple. Elle n'a aucune dette et paie un loyer à son conjoint. Grâce à un héritage, elle a pu injecter 25 000 $ dans un CELI et dispose d'un fonds d'urgence de 9 000 $. Le régime d'épargne-études (REEE) de leur nouveau-né contient 1 000 $.

Tous les deux participent au Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP). Le jeune couple désire un autre enfant et se marier. C'est pourquoi il veut rapidement vendre la copropriété pour acheter une maison.

Leur objectif à long terme : prendre leur retraite à 55 ans chacun.

Martin Dupras se penche d'abord sur l'objectif le plus pressant : l'acquisition d'une résidence. «On recommande souvent d'utiliser le REER par l'intermédiaire du régime d'accession à la propriété [RAP], mais c'est impossible dans leur cas», note-t-il. En effet, le RAP est destiné seulement aux acheteurs d'une première maison.

Martin Dupras recommande l'arrêt des contributions au REER au profit du CELI. Ces fonds serviront à l'achat de la maison. Par le fait même, il conseille d'éviter les fonds de travailleurs qui imposent des restrictions sur le décaissement.

L'arrivée d'un second enfant implique un autre congé de maternité, ce qui pèsera sur les finances du ménage. «Cela rend d'autant plus pertinent l'arrêt des contributions au REER en faveur du CELI, qui servira de coussin en cas de problème», note le planificateur financier. M. Dupras conseille également de suspendre les contributions au REEE.

Le spécialiste exprime ses doutes quant à la capacité du couple de se retirer à 55 ans, «un objectif ambitieux», dit-il. Les deux conjoints participent au RREGOP et prévoient rester dans le secteur de la santé jusqu'à la retraite.

Ce régime de retraite est généreux, mais les prestataires sont pénalisés en cas de retraite précoce. Selon les calculs de Martin Dupras, la pleine pension du régime de retraite parvient à combler 64 % du revenu de monsieur et 60 % du revenu de madame. Cette pleine pension sera accessible à 61 ans à compter de 2019. Elle restera intacte à 60 ans, à condition d'avoir accumulé 30 ans de service. Or, s'ils quittent leur emploi à 55 ans, leur rente sera amputée de 30 %. Elle ne couvrira alors que 45 % du salaire pour lui et 42 % pour elle. «Seuls les REER peuvent combler la différence, la rente de la Régie des rentes du Québec ne pouvant pas être retirée avant l'âge de 60 ans», dit le planificateur financier.

«Ce serait plus réaliste de reporter le projet à 60 ans», note Martin Dupras. Il signale que les congés de maternité de madame devraient faire l'objet d'un rachat de service passé pour maximiser sa rente de retraite. Il faudra également mettre les bouchées doubles dans les REER une fois que la résidence aura été acquise.

Un portrait de notre couple

Actifs / Total

CELI / 42 000 $

REER / 28 000 $

REEE / 1 000 $

Épargne non enregistrée / 12 000 $

Les deux conjoints participent au RREGOP

Actifs financiers / 83 000 $

Copropriété / 160 000 $

Hypothèque / 130 000 $

Actifs non financiers / 30 000 $

Valeur nette totale / 113 000 $

EXPERT INVITÉ

Martin Dupras est planificateur financier indépendant.

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