Des déchets industriels transformés en carburant

Publié le 03/11/2016 à 14:09

Des déchets industriels transformés en carburant

Publié le 03/11/2016 à 14:09

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LanzaTech installe des fermenteurs dans des usines pour transformer en carburant les gaz résiduels.

Dans les laboratoires de LanzaTech, au siège de la société situé aux abords de Chicago, un liquide laiteux est remué dans un cylindre en acier et en plastique. Il contient des millions de bactéries capables de transformer les gaz résiduels issus de l’activité industrielle en biocarburants pouvant être utilisés par des voitures ou même par des avions.

Par Brandon Smith, Sparknews

Jusqu’à aujourd’hui, l’éthanol et les autres biocarburants étaient principalement produits à base de plantes telles que le maïs ou le soja, qui nécessitaient des terres cultivables précieuses et de l’eau tout en déplaçant les cultures vivrières. En cherchant une source de production alternative, LanzaTech a mis à jour des micro-organismes naturels qui se développent à partir de gaz au lieu de sucres. L’entreprise installe des fermenteurs dans des usines pour recycler les gaz résiduels qui normalement seraient à effet de serre en les transformant en carburant. « Notre premier slogan était : Les déchets, ça n’existe pas », explique Sean Simpson, un biologiste qui a cofondé la société en Nouvelle-Zélande en 2005. Il compare le processus à la reconversion d’une aciérie en une brasserie.

Le carbone est toujours rejeté dans l’atmosphère en aval quand l’éthanol est brûlé sous forme de carburant pour véhicules. Mais Simpson avance qu’en remplaçant le pétrole comme source de carburant, le biocarburant rejette au moins 60 % de CO2 en moins dans l’air que l’essence. La technologie LanzaTech peut même gazéifier les déchets mis en décharge et utiliser le gaz de synthèse ainsi produit pour fabriquer des carburants utilisables par les camions à ordure – l’économie circulaire à l’état pur.

Le pdg de la société, Jennifer Holmgren ajoute qu’« un fermenteur installé dans une aciérie peut produire assez de carburant pour alimenter 100 000 voitures en un an, et les émissions de ce carburant équivaudraient à celles de 20 000 voitures. Appliquer cela à toutes les aciéries de Chine reviendrait à retirer 11 millions de véhicules de la circulation. » Au-delà de la réduction de l’empreinte carbone d’une usine, la technologie LanzaTech permet de diminuer la présence de substances polluantes toxiques recrachées dans l’air telles que les oxydes d’azote et les oxydes de soufre.

Alors que les modes de transport terrestre reposent de plus en plus sur l’électricité, Lanza-Tech développe des technologies permettant de produire du carburant d’aviation à faible teneur en carbone. En 2011, l’entreprise a conclu un partenariat très médiatisé avec la compagnie aérienne Virgin Atlantic pour développer de nouvelles méthodes de production de kérosène à partir de déchets d’aciérie. De plus, la banque britannique HSBC a accepté de contribuer au financement de sa production en 2014. Un vol d’essai avec ce carburant est prévu pour 2017.

Bien que LanzaTech ne soit toujours pas rentable, l’entreprise a levé plus de 200 millions de dollars de capital-risque répartis sur quatre cycles de financement. L’important potentiel de la technologie a été reconnu à Davos où la société a remporté le Young Global Leader Award for Circular Economy Entrepreneur (Prix jeune leader mondial pour l’entrepreneuriat en économie circulaire) lors du programme 2016 des Circulars Awards.

LanzaTech travaille avec les industries rejetant des gaz riches en carbone telles que la production sidérurgique, le raffinage du pétrole et la production chimique. Plutôt que de se rendre propriétaires des fermenteurs dont le coût peut atteindre 50 millions de dollars par unité, la société octroie des licences technologiques et aide les entreprises lors de l’installation. Elle possède plus de 200 brevets internationaux protégeant ses technologies et fournissant une forme de garantie aux investisseurs.

L’entreprise s’est d’abord orientée vers la Chine où 50 % de l’acier mondial est fabriqué, avec des usines commerciales comme Shougang en Chine continentale et China Steel à Taïwan aujourd’hui en pleine croissance. En Belgique, la plus grande entreprise d’acier mondiale ArcelorMittal a investi 87 millions d’euros (98 millions de dollars) dans le système LanzaTech. Plus tôt cette année, la société de biotechnologie industrielle Aemetis est devenue le premier titulaire de la licence en Amérique du Nord, s’assurant 12 ans de droits exclusifs sur la technologie en Californie.

L’entreprise travaille également à développer différents produits chimiques avec la même technologie et a formé un partenariat avec de nombreux fabricants de produits chimiques. Elle a construit un site de démonstration en Chine qui coproduit le 2,3 butanediol, un précurseur du nylon et du caoutchouc. Ceci signifie que les pneus des camions à ordures pourraient aussi être fabriqués à partir d’émissions de carbone.

Holmgren espère que sa société fera bouger les lignes en démontrant que les intérêts économiques et environnementaux ne sont pas nécessairement contradictoires. « En sachant qu’ils peuvent vendre ce qu’ils produisent, peut-être que les gens seront plus enclins à réutiliser ou à capter le carbone ».

 

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