Les déchets, une extraordinaire source d’énergie

Publié le 18/11/2015 à 00:01

Les déchets, une extraordinaire source d’énergie

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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SOMMAIRE DU DOSSIER

Par Hugo Cox, Sparknews

BIOMASSE – Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le bétail (particulièrement les bovins), est responsable de près de 15 % des émissions de gaz à effet de serre. Au sein d’un petit parc industriel de Southampton, sur la côte sud-est de l’Angleterre, il est possible qu’un couple permette bientôt à ces ongulés involontaires de réparer leur vandalisme environnemental.

Après cinq ans de développement, leur entreprise, SEaB Energy, est sur le point de mettre en œuvre deux modèles différents de digesteurs anaérobiques autonomes. (Les prototypes ont déjà été testés au Southampton Science Park, au Lancaster Brewery et dans une ferme du Hampshire.)

Ces microcentrales électriques mobiles utilisent un processus naturel afin de transformer les déchets en énergie renouvelable. Les bactéries anaérobiques digèrent les matières organiques comme les déjections animales ou les déchets alimentaires pour produire du biogaz, un mélange composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone. Le combustible est utilisé pour la chaleur et l’électricité et les matières organiques restantes peuvent être utilisées comme engrais agricole.

Produire l’énergie là où elle est utilisée

L’idée est née dans l’esprit de la pdg de l’entreprise, Sandra Sassow, entrepreneure née aux États-Unis et forte d’une expérience dans les domaines de la haute technologie et du codage. C’est avec son mari, qui est également l’inventeur de la technologie, qu’elle a trouvé l’inspiration. Associé fondateur de PricewaterhouseCoopers, Nick Sassow a passé une grande partie de sa carrière à aider les plus grands producteurs d’énergie au monde à se placer à l’avant-garde de la révolution énergétique alternative depuis ses débuts il y a 20 ans.

Sandra Sassow a rapidement remarqué que le facteur limitant dans tous les projets sur lesquels travaillaient Nick et ses clients était le problème de la distribution. « Ils ne voulaient savoir qu’une chose, comment intégrer l’alimentation au réseau », se souvient-elle.

Selon elle, si la distribution représentait un tel obstacle, pourquoi ne pas entièrement éliminer le réseau et générer l’énergie là où elle sera consommée, sur place, dans une petite centrale électrique locale.

Ainsi, Sandra et Nick Sassow commencèrent à réfléchir au problème suivant : quelle source d’énergie pourrait être utilisée par la centrale. La technologie solaire évolutive était déjà bien trop avancée pour ouvrir le marché à d’autres intervenants. Les énergies marines et éoliennes se sont avérées prometteuses (l’énergie éolienne fera certainement partie de leurs projets), mais ils décidèrent de s’attaquer à la digestion anaérobique.

Une bonne solution pour les pays en développement

Le digesteur Flexibuster de SEaB Energy, installé dans un conteneur, convertit les déchets organiques en biogaz.

Le Muckbuster gère les déjections animales mais traite également les résidus végétaux et certains types de déchets alimentaires. La deuxième unité de l’entreprise, le Flexibuster, est conçue pour traiter essentiellement les déchets alimentaires et autres déchets organiques, la digestion anaérobique fonctionnant bien mieux avec des déchets alimentaires, largement disponibles, particulièrement dans les villes, et en grande quantité.

Pour les Nations Unies, environ un tiers des aliments produits pour la consommation humaine dans le monde, soit 1,3 milliard de tonnes, est soit perdu soit gaspillé.

La grande disponibilité des déchets alimentaires fait également de ce système un outil extraordinaire permettant de fournir de l’électricité à des millions de personnes ayant peu ou pas d’accès au réseau d’alimentation dans les pays en développement.

Au Nigéria, par exemple, Sandra souhaiterait installer des Flexibuster dans des stations de distribution d’essence pour que les habitants puissent échanger leurs déchets alimentaires contre du biogaz et remplir les réservoirs de gaz qu’ils utilisent pour cuisiner.

Les deux unités de digesteurs sont des systèmes portables clés en main logeant dans des conteneurs d’expédition de six mètres de long faciles à déplacer et à installer. Ils sont conçus pour les sites générant entre 200 et 1 000 tonnes de déchets par an, comme les villages, les immeubles de bureaux et les sites militaires. Chacun devrait finir par s’amortir grâce aux économies réalisées sur les frais d’énergie et même parvenir à générer davantage de revenus pour leurs propriétaires grâce à l’électricité qu’ils produisent.

En Afrique, les unités remplaceraient les générateurs diesel avec des solutions plus économiques et écologiques. Sandra Sassow espère qu’ils pourront transformer la production électrique pour les communautés rurales de la même manière que les téléphones mobiles ont transformé la communication.

Dans de nombreux pays africains, l’adoption à grande échelle des téléphones portables a rendu inutile la mise en place d’un réseau de lignes fixes. Ainsi, des centrales électriques locales efficaces pourraient éliminer le besoin de réseaux électriques nationaux.

En quête de fonds

Il s’agit d’une perspective fascinante. Mais apporter de l’électricité aux plus pauvres d’entre nous en utilisant des déchets animaux et alimentaires peut être considéré comme illusoire pour les investisseurs. C’est en raison de ce facteur et de la date de création de l’entreprise qu’il a été difficile de trouver du financement.

En 2009, demander à des investisseurs d’engager de grosses sommes dans un projet d’énergie alternative nécessitant plus de cinq ans avant commercialisation était, comme l’admet Sandra, « beaucoup demander ».

C’est grâce à leurs amis et à leur famille qu’elle et son mari sont parvenus à lever 4 millions de £ (8 M$ CA). Mais au début de cette année, la plateforme Novia a commencé à mettre sur le marché une Obligation d’énergie verte TTC entièrement sécurisée pour déployer les unités Flexibuster de SEaB Energy,  et dont l’objectif est d’obtenir de la part d’investisseurs institutionnels 10 M £ (20,1 M$ CA) à un rendement intéressant de 11 %.

Au cours des dernières années, SEaB Energy a obtenu de nombreux prix et distinctions. En attendant, Sandra Sassow remplit son carnet de commandes. Elle ne souhaite pas révéler le nombre d’unités vendues jusqu’à présent, mais deux Flexibusters ont été livrés cet automne au Southampton General Hospital et à un développeur d’Irlande du Nord.

À la fin de l’année, l’entreprise aura également l’occasion de piloter une unité au Canary Wharf de Londres. Sandra Sassow promet « d’excellentes nouvelles » à venir et les investisseurs font confiance au projet.

À voir sur le Web :
Voyez en vidéo les explications de Sandra Sassow, de SEaB Energy : www.sparknews.com/en/video/seab-energy-power-box

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