La révolution de l’énergie solaire est à son apogée en Inde

Publié le 18/11/2015 à 00:01

La révolution de l’énergie solaire est à son apogée en Inde

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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Quelque 300 millions d’Indiens n’ont pas accès à de l’électricité de base. L’une des solutions : l’installation de microréseaux d’énergie solaire dans les zones rurales.

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Par Ramesh Matham, Hindu Business Line

ÉNERGIES RENOUVELABLES – Dans le vaste arrière-pays de l’Inde, la vie s’active et s’endort avec la montée et le coucher du soleil. Si l’énergie solaire peut être envisagée pour combler les faiblesses d’approvisionnement en électricité par le réseau, alors les avantages seront évidents et nombreux : les enfants pourront bien étudier, les femmes seront capables de mieux organiser leurs activités et les gens pourront éviter de s’étouffer avec les fumées du kérosène.

Il y a d’autres avantages moins visibles, mais néanmoins fondamentaux : les gens pourront voir, et éviter les scorpions et les serpents, ou bien un petit réfrigérateur pourra être utilisé pour stocker des médicaments vitaux, notamment des antidotes contre les morsures de serpent. Après tout, les morsures des serpents constituent la cause d’une perte considérable en vies humaines, estimée à 50 000 personnes par an, principalement dans l’arrière-pays de l’Inde.

La révolution de l’énergie solaire est à son apogée en Inde, et ce, grâce à l’appui vigoureux qu’elle reçoit des gouvernements fédéraux et des États, sans oublier la réponse enthousiaste du secteur privé.

Dur travail de défrichage

Nikhil Jaisinghania, un entrepreneur américain, a commencé à doter les villages en énergie solaire dans l’Uttar Pradesh, la plus grande province de l’Inde, en août 2010. Son modèle était simple : il s’agissait d’implanter des panneaux solaires dans un village, puis procéder à l’installation de câbles dans les maisons, facturant aux ménages des frais hebdomadaires qui ne coûteraient pas plus cher que ce qu’ils auraient payé en pétrole pour allumer des lampes, et qui lui assureraient un surplus raisonnable.

Bien que le modèle était facilement reproductible, cela n’inquiétait pas Nikhil Jaisinghania, car il y a 300 millions de personnes dans le pays toujours dépourvu d’accès à l’électricité de base. Ce n’est pas étonnant qu’il ait déclaré à The Guardian qu’il espérait apporter l’énergie solaire à une centaine de milliers de foyers d’ici 2016.

Nikhil Jaisinghania fait des progrès, mais à un rythme lent. Ce mois de septembre, son entreprise, MeraGao Power – qui se traduit par « Électricité de mon village » –, couvre 20 000 ménages dans 1 500 villages au nord de l’Inde. L’écart entre l’objectif ambitieux de Nikhil Jaisinghania et la réalisation s’explique par les coûts d’exploitation en Inde.

Incontestablement, Nikhil Jaisinghania, élevé aux États-Unis, a sous-estimé la difficulté du terrain d’affaires où il s’aventurait, même si l’idée elle-même reste solide. Ayant appris les ficelles du métier, MeraGao Power devrait commencer à faire de l’argent.

Bel avenir pour les microréseaux

Un microréseau d’énergie solaire constitue de toute évidence une solution d’affaires intelligente à un problème climatique et économique. Chaque année, l’Inde rurale débourse des milliards de dollars (selon une estimation, cette dépense atteint 60 G$ US) pour brûler du pétrole et émettre du dioxyde de carbone, provoquant des maladies et des décès – un point que les villageois ne perdent pas de vue.

Quelques mois plus tôt, un cercle de réflexion vert basé à New Delhi, le Conseil de l’énergie, de l’environnement et de l’eau, a étudié l’accès à l’électricité dans six États de l’Inde, et a conclu à des réflexions surprenantes.

Interrogés à savoir s’ils préféraient des réseaux publics « réguliers » ou des microréseaux, en supposant tous les deux au même coût, 34 % des répondants ont opté pour la seconde solution. « Il s’agit d’une découverte prometteuse pour les partisans des énergies renouvelables », affirme le rapport.

Au cours des quatre années suivant son lancement, l’entreprise MOC a mis en place 60 centrales solaires desservant 1 800 villages, soit 100  000 personnes. Ces conclusions, en plus de l’appui du gouvernement au secteur des énergies renouvelables,  ont provoqué  un certain nombre de démarrages d’affaires, tels que celui de MeraGao Power. Certains ont affiné l’idée de rendre le modèle viable – ce qui est crucial pour soutenir l’intérêt des entrepreneurs.

Par exemple, une société nommée MOC a repéré un segment du marché qu’elle croit être plus rémunérateur – des mini-réseaux avec des capacités variant entre 100 kW et 1 MW, contrairement à la taille de la centrale typique de moins de 100 kW. Au cours des quatre années suivant son lancement, MOC a mis en place 60 centrales solaires desservant 1 800 villages, soit 100 000 personnes.

Évoluant dans des villages  considérés un peu plus grands et qui sont connectés au réseau national, mais avec des fournitures peu fiables, MOC vend la plus grande partie de son électricité à un gros client, généralement une tour de télécommunications, lequel facture à la clientèle des frais qui lui assurent une économie de 20 % sur ses coûts actuels. MOC vend le « surplus » d’électricité aux ménages du village pour une redevance mensuelle.

En quoi le gouvernement peut-il être utile dans ce processus ? Tout d’abord, il pourrait affecter quelques zones aux microréseaux solaires pour éviter que les entrepreneurs et financiers craignent qu’éventuellement, le gouvernement fournisse une électricité moins chère dans ces villages.

Il pourrait aussi mettre en place des systèmes de garantie des prêts pour faciliter l’octroi de crédits aux entreprises de microréseaux.

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