Kebony : Un bon petit bois de Norvège

Publié le 18/11/2015 à 00:01

Kebony : Un bon petit bois de Norvège

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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SOMMAIRE DU DOSSIER

Par Lars Bevanger, Sparknews

ÉCOCONSTRUCTION – Ceux qui empruntent la promenade du Hunter Point South Waterfront Park de New York pourraient penser qu’ils marchent sur du bois tropical. Mais les matériaux utilisés pour ce nouveau projet réalisé sur les berges de ce quartier du Queens sont, en réalité, fabriqués à partir de pins de Norvège.

Le bois a été produit par Kebony, d’Oslo, grâce à une méthode brevetée visant à donner au bois la durabilité, l’apparence et le toucher du bois dur tropical.

Les constructeurs de yachts de luxe, les architectes et les promoteurs immobiliers ont toujours utilisé les bois durs tropicaux comme le teck et l’acajou pour leur solidité et leur qualité esthétique. Mais la majeure partie de la production de bois tropical dans le monde est non durable.

La déforestation constitue un problème environnemental majeur et la demande globale pour les bois tropicaux est un facteur contributif important. Les restrictions à l’importation et l’utilisation de nombreux bois tropicaux ainsi que la nécessité croissante de favoriser la protection écologique ont conduit architectes et développeurs à rechercher des alternatives durables de qualité similaire.

Une technologie mise au point au Canada

L’option écologique est ce qui a, depuis sa création en 1997, motivé l’entreprise Kebony. La technologie consistant à modifier le bois d’une manière qui soit respectueuse de l’environnement a été inventée par le Canadien Marc Schneider, professeur de sciences forestières à l’Université du Nouveau Brunswick. Après la visite de Marc Schneider à l’université agricole d’Oslo, ses confrères norvégiens se sont intéressés à son invention et ont créé Kebony afin de développer et commercialiser la technologie. La production pilote a débuté en 2003.

« Dès le premier jour, le facteur environnemental a toujours été le plus important », explique Christian Jebsen, pdg de Kebony depuis 2008 et ancien banquier d’affaires. « L’imprégnation traditionnelle du bois utilise de nombreux produits chimiques. Nous voulions employer une technologie basée sur les biodéchets. »

Kebony utilise un pin norvégien issu d’un aménagement forestier durable traité sous pression avec un liquide dérivé de la production de sucre ou de maïs (ces ingrédients naturels signifient également qu’il peut être éliminé comme du bois ordinaire à la fin de son cycle de vie). Le bois est ensuite fumé et séché afin d’amplifier de façon permanente l’épaisseur de ses cellules, lui procurant ainsi stabilité, résistance accrue et durée de vie plus longue.

Sa durabilité est l’une des raisons pour lesquelles Kebony a été choisi pour Hunter Point, car ce bois peut supporter des conditions climatiques extrêmes, comme celles de l’ouragan Sandy.

« Il se comporte exactement comme du bois tropical, précise Christian Jebsen. Neuf, il est brun foncé. Exposé au soleil, il se couvre d’une patine gris argent comme tous les bois tropicaux. Vous pouvez l’huiler ou faire ce qui est nécessaire pour conserver sa couleur mais je pense qu’un des meilleurs arguments pour Kebony est qu’il n’a pas besoin d’entretien. »

Aussi beau que le bois tropical

Le produit fini est tellement convaincant qu’il a même eu certaines conséquences inattendues. Quand Kebony a été utilisé dans le revêtement mural d’une nouvelle station de métro d’Oslo, des passagers pensant qu’il s’agissait d’un bois tropical illégal se sont plaints aux autorités des transports.

Dès le début, Kebony a fait appel aux architectes de Norvège et du monde entier. Même le plus petit des projets a gagné une attention internationale, comme le hangar à bateaux d’Aure sur la côte sauvage de Norvège occidentale ou la station hydroélectrique d’Øvre Forsland. Les deux bâtiments sont magnifiquement conçus et l’apparence vieillie du bois de Kebony leur permet de se fondre dans leur environnement naturel.

« Nous travaillons aujourd’hui avec les plus grandes chaînes d’hôtel, de grands promoteurs immobiliers et même des entreprises comme Starbucks », explique Christian Jebsen. Des projets majeurs comme la promenade de Hunter Point font connaître Kebony à un public bien plus important.

Vendus dans 22 pays

Mais le marché du bois de haute qualité n’est pas facile à pénétrer. Pour Christian Jebsen, il s’agit d’une industrie extrêmement traditionaliste qui n’a jamais cherché à innover.

Bien qu’il pense que le produit devrait être facile à vendre (Kebony est également vendu à un prix concurrentiel, comparé aux bois tropicaux), il est impossible, selon lui, d’intéresser les distributeurs avant d’établir un portefeuille d’utilisateurs haut de gamme qui pourront attester de la durabilité de ce bois alternatif.« Nous travaillons avec les plus grandes chaînes d’hôtel, de grands promoteurs immobiliers et même des entreprises comme Starbucks. » – Christian Jebsen, pdg de KebonyMalgré ces défis, la croissance annuelle moyenne de Kebony s’élève à 36 % depuis l’ouverture de la première usine pour une production à grande échelle dans la ville norvégienne de Skien en 2009. L’entreprise espère maintenir ce taux de croissance au cours des cinq prochaines années et agrandir ses installations, tout en construisant une deuxième usine qui devrait être opérationnelle début 2017.

Kebony a cinq investisseurs majeurs dans différents pays d’Europe et commercialise actuellement dans 22 pays avec une attention particulière sur la Scandinavie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. L’entreprise considère les États-Unis comme un marché important pour l’avenir.

Mais pour Christian Jebsen, il est très clair que Kebony ne parviendra pas à remplacer tous les bois tropicaux. Selon lui, « le marché du bois en général est immense. Le haut de gamme, dont nous faisons partie, ne représente qu’une petite partie de ce marché. Même aujourd’hui, avec un chiffre d’affaires de 20 à 25 millions d’euros (22 à 27 M$ US), notre part de marché est insignifiante. »

« Pour moi, le plus important est que nous sommes à même de fournir une autre solution au bois tropical. »

À voir sur le Web :
Apprenez-en plus sur le procédé de fabrication de Kebony dans une vidéo à l’adresse suivante : www.sparknews.com/en/video/kebony-when-norwegian-pine-saves-tropical-hardwoods

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