Issol : Du photovoltaïque haute couture

Publié le 18/11/2015 à 00:01

Issol : Du photovoltaïque haute couture

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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Au-dessus de la gare de Perpignan, un toit avec cellules photovoltaïques intégrées décrit des vagues et rappelle le clavier de piano des Aristochats. Une réalisation signée Issol.

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Par Christine Scharff, L’Écho de Tidj (Belgique)

ÉNERGIES RENOUVELABLES – Le photovoltaïque, ça peut être beau, démontre Issol, une petite entreprise belge qui a déjà équipé le ministère français de la Défense à Paris, l’administration des Finances à Liège ou le nouveau bâtiment du Conseil de l’Union européenne à Bruxelles.

Dans le carnet de commandes d’Issol, les contrats prestigieux s’accumulent. La course contre la montre est lancée pour terminer la façade dorée de l’immeuble de la société de déstockage sur le Web Vente-Privée, situé en face du stade de France et de l’autoroute A1 à Saint-Denis. Une façade conçue par le célèbre architecte, urbaniste et designer français Jean-Michel Wilmotte. La petite entreprise belge vient de décrocher le marché pour équiper d’une voile photovoltaïque de 1 000 mètres carrés la Cité musicale à Paris, dessinée par le Japonais Shigeru Ban. Elle a aussi été retenue pour équiper le palais de Justice de Paris de brise-soleil photovoltaïques en façade et de vitrages actifs en toiture. Un bâtiment signé par un autre architecte de très grand renom, l’Italien Renzo Piano.

« En décembre, avec la Conférence de Paris sur les changements climatiques, le monde entier passera devant notre immeuble. Même si le chantier a un peu de retard, nous faisons tout pour que cette façade technologique inédite soit terminée. Issol a fabriqué pour nous une mosaïque photovoltaïque dorée qui offre une brillance extrême au soleil. Elle ne passera pas inaperçue », confie Eddie Turcon, directeur immobilier du groupe Vente-Privée.

Un créneau de pointe

Issol affiche aussi parmi ses références l’audacieux siège de l’administration bruxelloise de l’environnement, surnommé « le grille-pain », la gare TGV de Perpignan, la toiture du ministère de la Défense à Paris ou la tour des Finances à Liège. Sa spécialité : le solaire « haute couture » qui joue les toitures, les façades ou les pare-soleil tout en produisant de l’électricité. Une niche où une petite poignée d’entreprises seulement sont actives en Europe. Ses principaux concurrents ? Ertex Solar en Autriche, Energy Glass en Italie et Onyx Solar en Espagne.

C’est à Dison, dans l’est de la Belgique, que ses 50 salariés conçoivent et réalisent ces verres actifs hors du commun. Grâce à une technique d’impression céramique, ils peuvent, à la demande, jouer les caméléons et prendre tous les aspects voulus : bois, marbre, végétal… De quoi aussi concevoir des aspects innovants, qui racontent une histoire et communiquent sur l’identité des occupants.

Issol a pour volonté de donner une fonction architecturale au photovoltaïque. « Même si nous fabriquons aussi des panneaux classiques, notre cœur de métier, c’est le photovoltaïque architectural, qui représente désormais 90 % de notre chiffre d’affaires », souligne Laurent Quittre, un ancien banquier qui a fondé la société en 2006, dans une région réputée pour l’excellence de ses ingénieurs et la qualité de ses architectes, mais où les coûts salariaux obligent à se démarquer des fabricants de panneaux à bon marché venus de Chine ou d’ailleurs.

Son premier client significatif ? L’Euro Space Center de Redu, un centre de découverte du spatial installé au cœur des Ardennes belges, où les capteurs d’Issol ont été utilisés pour offrir une nouvelle enveloppe au bâtiment. L’architecte et ingénieur belge Philippe Samyn, qui en a dessiné les plans, cherchait une société capable de réaliser ces vitrages photovoltaïques de différentes formes, très transparents. « Issol fait partie de ces PME qui se caractérisent par leur extraordinaire souplesse et leur écoute, et qui sont à l’avant-garde, dans un secteur où les innovations mettent souvent 25 ans à s’imposer », commente l’architecte. Et quand Philippe Samyn a décroché le gigantesque projet Europa, cette lanterne architecturale au cœur de Bruxelles qui va devenir le siège du Conseil de l’Union européenne, il s’est à nouveau tourné vers Issol pour les vitrages photovoltaïques semi-transparents qui forment la surtoiture de ce bâtiment appelé à être régulièrement sous les feux des médias.
Même si Issol fabrique des panneaux classiques, le photovoltaïque architectural représente le cœur de ses activités, avec 90 % de son chiffre d’affaires.

Les pays nordiques dans la mire

Si Laurent Quittre est fier de faire du beau et de concevoir des matériaux hors du commun avec les plus grands architectes, il se méfie du terme « haute couture ». « Il ne s’agit pas de solutions impayables, mais de matériaux de construction actifs, qui présentent toutes les qualités mécaniques ou de réaction au feu pour former l’enveloppe des bâtiments. » Et avec la chute des prix de la silice, la matière première des cellules photovoltaïques, le surcoût de ces matériaux s’amortit en quelques années grâce à l’électricité produite. « En outre, suite à la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments, la demande ne vient plus seulement des architectes, mais également des investisseurs, de plus en plus soucieux des performances énergétiques du projet », analyse Laurent Quittre. Aujourd’hui essentiellement active en Belgique et en France, l’entreprise compte appuyer sur l’accélérateur, et trouver dans les pays nordiques un nouveau terrain de jeu.

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