Groupe Peintures Robin Verdello, une peinture toute verte

Publié le 18/11/2015 à 00:01

Groupe Peintures Robin Verdello, une peinture toute verte

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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Gérard Zoller (à droite), directeur du Groupe Peintures Robin, en compagnie de quelques-uns des chimistes qui ont mis au point la peinture écologique Verdello.

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Par Claude Karger, Lëtzebuerger Journal (Luxembourg)


ÉCONOMIE CIRCULAIRE – Pas d’odeur. Rien. Au sein du petit laboratoire du Groupe Peintures Robin, Gérard Zoller, le directeur de la PME, nous invite au test olfactif d’un pot de Verdello que l’entreprise présente comme la « première peinture biosourcée à 100 % ».


Introduite sur le marché il y a un an au bout de trois années de développement au sein de l’usine sur les bords de l’Attert dans la commune d’Useldange, au nord-ouest du Luxembourg, le liant choisi pour cette peinture est l’huile de Tall, une huile issue du traitement des résineux lors de la fabrication de pâte à papier.


« L’ingrédient crucial pour une peinture, c’est toujours le liant, explique Gérard Zoller. Là, nous en avons trouvé un qui répondait idéalement à nos objectifs. »


Aucun compromis


L’huile de Tall est en somme un déchet, découlant de la production d’autres produits fabriqués à partir de sources renouvelables. Les peintures acryliques et glycéros traditionnelles contiennent des résines issues de la pétrochimie dont proviennent aussi des pigments, des solvants, des additifs.


Rien de tout cela dans Verdello, pour laquelle les composants proviennent d’ailleurs exclusivement d’Europe, ce qui réduit fortement la distance de transport et donc l’empreinte CO2 par rapport à d’autres peintures. Si certaines d’entre elles affichent bien un pourcentage de composants biosourcés, jamais un taux de quasiment 100 % n’avait été atteint jusqu’ici.


L’huile de Tall provient en grande partie de France, les pigments minéraux de France, d’Allemagne ou encore de Finlande.


« Nous réduisons ainsi notre dépendance à l’industrie pétrolière et à des producteurs surtout asiatiques, dont l’industrie des peintures est largement tributaire aujourd’hui » explique Gérard Zoller.


Il ajoute qu’en ce qui concerne Verdello, les développeurs n’ont fait « aucun compromis » quant à l’utilisation de composants biosourcés pour cette peinture innovante qui ne laisse de traces ni dans l’air, ni dans l’eau, ni dans le sol. Aucun danger donc ni pour l’environnement ni pour la santé, ce qui a été certifié notamment par le Laboratoire National de Santé du Grand-Duché. Robin est allée jusqu’à l’utilisation exclusive de produits renouvelables dans la campagne marketing pour sa nouvelle peinture.


Pas de compromis non plus au niveau de la qualité technique de Verdello, qui n’est guère en reste sur des peintures acryliques quant à son pouvoir couvrant.


Un compromis quand même : le choix des colorants minéraux réduit le nombre de nuances disponibles. Cependant, le nuancier comporte aujourd’hui pas moins de 33 teintes différentes pour cette peinture intérieure disponible aujourd’hui outre au Luxembourg, en France, en Belgique et en Allemagne, où elle remporte un succès croissant auprès de la clientèle professionnelle et privée.


Un produit primé


« Il y a longtemps que la demande pour des produits “verts” s’affirme et maintenant, elle se renforce, dit Gérard Zoller. Nous avons toujours tenté de réfléchir comment nous pourrions subvenir à cette demande. »


En effet, la PME luxembourgeoise née en 1927 produisant des peintures extérieures et intérieures, des solutions anticorrosion, des laques pour l’industrie automobile et l’industrie du bois et apparaissant comme sous-traitant pour des grands acteurs du marché de la peinture, s’est vue décerner en 2002 déjà le Prix de l’Environnement de la Fédération des Industriels Luxembourgeois pour sa gamme Robinhyd, nouvelle génération de peintures diluables à l’eau.Peintures Robin, du Luxembourg, a mis au point la première peinture biosourcée à 100 %.


En 2013, la société, qui emploie une centaine de collaborateurs aujourd’hui, dont cinq chimistes diplômés, s’est de nouveau vue attribuer ce prix pour Verdello, que Gérard Zoller  définit véritablement comme « un second pilier » pour l’entreprise, d’ailleurs « condamnée » à l’innovation.


« En tant que petit acteur, nous devons absolument nous positionner sur des niches », explique le directeur général.


Marier deux niches


Il y a la niche « verte » bien sûr, que Robin continue de développer, mais aussi celle des peintures fonctionnelles. Il y en a par exemple qui sont capables, grâce à l’oxyde de titane, de catalyser le CO2 contenu dans l’air, de conduire de l’électricité, de repousser les dépôts de certaines substances, voire de « réparer » automatiquement des égratignures grâce à la nanotechnologie.


Des applications qui permettent elles aussi de réduire le besoin d’entretien et donc, les dépenses en argent et en énergie.


Tout bénéfice donc pour la réduction des émissions de gaz de carbone et une plus grande indépendance à l’égard des ressources fossiles  – qui ne sont pas infinies. L’idéal est de marier les deux niches pour obtenir en fin de compte des peintures complètement écologiques. Un objectif qui se rapproche.


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