Espagne : Des entreprises se mobilisent pour la croissance verte

Publié le 18/11/2015 à 00:01

Espagne : Des entreprises se mobilisent pour la croissance verte

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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Malgré le recul de la politique de soutien aux énergies renouvelables, l’Espagne attire des initiatives publiques et privées qui défendent le passage à un modèle économique fondé sur la durabilité.

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Par Carlos Otiniano Pulido, Cinco Dias (Espagne)


POLITIQUES DURABLES – Pendant un certain temps, l’Espagne a fait figure de référence internationale dans la promotion des énergies renouvelables. Les généreuses subventions et les crédits à faible taux ont peuplé ses paysages de parcs éoliens et de fermes solaires. Mais tout a changé lorsque la crise a considérablement accru le risque de défaut de paiement du Trésor public espagnol.


En effet, la pression de ses créanciers et partenaires européens a forcé le gouvernement à prendre des mesures radicales et polémiques pour équilibrer les comptes publics. Celles-ci ont consisté entre autres à abaisser les pensions de retraite, à repousser l’âge de départ à la retraite, à alléger le coût des licenciements et mettre un terme aux dispositifs de soutien aux énergies renouvelables.


Les coupes dans ces aides, y compris pour des projets déjà en cours, ont déçu les investisseurs et asséné un coup dur aux fabricants de turbines et aux promoteurs de parcs, qui ont dû tourner leurs activités vers l’étranger. Malgré ce recul de la politique de soutien aux énergies renouvelables, le pays attire des initiatives publiques et privées qui défendent le passage à un modèle économique fondé sur la durabilité.


Apporter des idées au débat international


La plus ambitieuse d’entre elles est le Groupe espagnol pour la croissance verte (GECV), une plateforme soutenue par le ministère de l’Agriculture qui suit l’exemple d’une initiative similaire mise en place par le Cambridge Institute de Bruxelles, le Green Growth Group. Le GECV rassemble plus de 40 entreprises, dont nombre de multinationales comme Ferrovial, Iberdrola, Telefónica et Santander, cotées à la Bourse de Madrid, mais aussi des PME comme Ecoalf, Contazara et Factor Verde.


« Il s’agit d’un groupe ouvert auquel les entreprises adhèrent spontanément », explique Maria Luz Castilla, de PricewaterhouseCoopers, un cabinet-conseil qui assure la coordination et le secrétariat technique de la plateforme.


La raison d’être du GECV est d’apporter des idées au débat international sur la lutte aux changements climatiques et de promouvoir les conditions qui rendront possible le passage à un modèle de croissance économique compatible avec une gestion efficace des ressources naturelles.


C’est dans cette optique qu’il a publié en mai dernier la Déclaration de Barcelone, un document où il décrit les conditions à réunir pour que ce modèle voie le jour en Espagne. Parmi elles, il demande l’établissement d’un cadre réglementaire « stable, prévisible et transparent », de la simplification administrative, de soutiens à la recherche et à l’innovation et d’un accès simplifié des entreprises au financement compétitif.


Le GECV publiera sous peu une seconde déclaration dans laquelle il exprimera ses attentes vis-à-vis du Sommet de Paris, qui se tiendra en décembre prochain.


Soutien conseil aux entreprises


La Fondation Entreprise et Climat est une autre initiative du même type : elle propose des services de conseil, formation, assistance juridique, technique et de marketing sur ce sujet. Créée en 2008 sous l’égide de la Chambre de commerce de Barcelone, la Fondation est membre observateur des Nations Unies, ce qui lui permet d’envoyer des représentants à toutes les réunions et conférences organisées par l’ONU.


« Les entreprises et le monde en général attendent de Paris un accord juridique pour gagner en confiance et partager les informations, mais ils attendent essentiellement des règles et des principes clairs pour continuer à avancer de façon durable », dit Elvira Carles, directrice de la Fondation, qui rassemble plus de 45 organisations.


Forética, association d’entreprises et d’experts en responsabilité sociale des entreprises, est en train d’organiser la grappe du changement climatique, qui se constituera fin novembre avec l’objectif de transférer aux entreprises des outils variés et de la formation pratique dans ce domaine.


Les entreprises espagnoles s’impliquent


En parallèle de toutes ces initiatives, de nombreuses entreprises espagnoles mènent leurs propres actions contre le changement climatique. Repsol, par exemple, s’est dotée d’un plan énergie et carbone dans lequel elle se propose de réduire ses émissions de CO2 de 1,9 million de tonnes entre 2014 et 2020. Repsol a déjà éliminé 3,1 millions de tonnes de 2006 à 2013.


Endesa dispose d’un plan de durabilité et a réduit ses émissions de 35 % depuis 1990, année zéro dans le cadre du Protocole de Kyoto, tandis qu’Iberdrola s’est engagée à réduire l’intensité de ses émissions de 50 % d’ici 2030, par rapport à ses émissions de 2007. Elle s’est en outre fixé l’objectif de la neutralité carbone pour 2050. L’entreprise souligne que son niveau d’émissions actuel exprimé en kilowattheures est déjà inférieur de 30 % à la moyenne du secteur de l’électricité européen.


Sont-elles sincères ?


Dans un monde scandalisé par des affaires comme celle de Volkswagen, la question est de savoir jusqu’à quel point l’intérêt de ces grandes multinationales est sincère et où s’arrête la stratégie marketing.


Castilla, du GECV, soutient à ce sujet que la meilleure façon d’évaluer le degré d’implication des entreprises espagnoles est de se fier à la position qu’elles occupent dans des classements comme le Dow Jones Sustainability Index et le Driving Sustainable Economies (CDP).


Selon le dernier rapport du CDP, qui analyse les performances environnementales des plus grandes sociétés espagnoles et portugaises, 94 % d’entre elles ont intégré la lutte contre le changement climatique à leur stratégie d’entreprise. Au total, les 125 sociétés interrogées (85 espagnoles et 40 portugaises) ont investi plus de 14,5 milliards d’euros (20,7 G$ CA) dans la réduction des gaz polluants.


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