Energiency : Données volumineuses, factures d’énergie allégées

Publié le 18/11/2015 à 00:01

Energiency : Données volumineuses, factures d’énergie allégées

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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Le fondateur d’Energiency, Arnaud Legrand.

SOMMAIRE DU DOSSIER

Par Daniel Finnan, Sparknews

EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE – Les visiteurs qui entrent dans le bureau d’Energiency, un préfabriqué situé dans un parc technologique du nord de la France, ont en face d’eux plusieurs grands écrans avec des informaticiens assis derrière abattant des lignes de code. Ils ajustent les rouages d’une technologie qui permet aux usines d’optimiser leur performance énergétique. Dans la pièce on ne trouve pas de tables de baby-foot ou un divan multicolore, des accessoires de bureau typiques des start-up technologiques. Au lieu de cela, le jeune fondateur, Arnaud Legrand, est entouré de boîtes de compteurs intelligents, de cartes réseau et de moteurs couramment utilisés dans l’équipement industriel.

L’objectif d’Energiency est de réduire l’énorme consommation énergétique de l’industrie (et son l’impact sur l’environnement) grâce à la collecte de données et à l’analytique, par l’intégration des mégadonnées, de l’infonuagique (cloud computing) et de ce qu’on appelle l’Internet des objets. Le logiciel, qui a reçu de nombreux prix, est déjà disponible sur les appareils mobiles et les ordinateurs de bureau. Mais l’innovation la plus séduisante de cette entreprise vieille de deux ans arrivera sur le marché en 2016 : Energiency Augmented, des lunettes intelligentes qui reconnaissent les machines dans une usine en utilisant des codes QR, les code-barres à matrice de forme carrée.

Les lunettes font penser aux affichages informatifs des films Terminator, dans lesquels des écrans transparents montrent des informations sur une image du monde réel. Les données en temps réel provenant des machines industrielles sont introduites dans le système et traitées par des algorithmes. L’analyse prend la forme de diagrammes en couleurs, de graphiques et de notifications qui fournissent des informations précieuses sur l’énergie telles que la consommation d’électricité à la personne qui porte les lunettes. Si on augmente la cadence de la machine, les lunettes réagissent immédiatement en indiquant aux opérateurs le point où la production est optimale ou si il y a une perte d’efficacité.

À l’ère des mégadonnées

Avant de fonder Energiency, Arnaud Legrand a travaillé comme consultant en performance énergétique industrielle, analysant l’équipement des usines par le biais de la collecte de données, de la compilation de statistiques et de recommandations. « Et c’est là que les méga données sont arrivées », dit-il. Alors qu’avant les rapports fournis devenaient rapidement obsolètes et n’étaient pas très flexibles, les gisements d’économies d’énergie peuvent désormais être identifiés immédiatement.

Après avoir lancé son idée à un hub pour entrepreneurs dans le domaine des technologies, Legrand a conclu un accord de licence de brevets avec un institut de recherche public. Ces brevets forment le noyau dur des algorithmes de modélisation statistique du logiciel Energiency basé dans le cloud. Ils lisent et interprètent de vastes quantités de données, un processus décrit comme le machine learning ou apprentissage automatique. Le logiciel identifie les tendances et fournit pour tous les processus au sein d’une usine des notifications, affichées sur l’application mobile, et bientôt sur les lunettes intelligentes.

Le financement d’Energiency est d’abord venu de la banque publique d’investissement française Bpifrance et de l’agence régionale de développement de Bretagne, qui ont apporté un demi-million d’euros (560 000 US $). La société, qui vend son service par abonnement, a connu une croissance rapide au cours des deux dernières années et emploie 10 personnes, dont beaucoup viennent de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique. En 2014, deux incubateurs de nouvelles entreprises se sont impliqués avec un supplément de 150 000 € de financement en contrepartie de parts de capital.

Le premier client d’Energiency a été Triballat Noyal, une entreprise du secteur agroalimentaire dont le siège est en Bretagne et qui fabrique du fromage, des produits à base de soja et des produits biologiques. Lucas Le Provost, chef de projet énergie de Triballat Noyal, a déclaré que l’un des principaux moteurs pour leur entreprise était le gain de compétitivité. L’entreprise compte maintenant quelque 1 000 compteurs intelligents fournissant des données analytiques pour toutes leurs lignes de production.

Après avoir appliqué sa technologie à la transformation des aliments, la nouvelle entreprise s’est tournée vers d’autres secteurs de l’économie, y compris celui des services postaux. Elle a conclu des partenariats avec le Commissariat à l’énergie atomique en France et le synchrotron SOLEIL, un accélérateur de particules situé près de Paris.

Mais la coopération avec le producteur de papier Norske Skog est le plus important défi de l’entreprise jusqu’à présent. Les opérations de la société norvégienne en France utilisent environ 1 térawattheures (1 000 gigawatts-heures) d’électricité par an, ce qui équivaut à 0,2 % de l’approvisionnement total du pays (Pour donner un ordre de grandeur, la France a généré un total de 541 térawattheures d’électricité en 2014.) Grâce à la technologie d’Energiency, Norske Skog cherche à réaliser 3 % d’économies d’énergie, selon Sophie Granju, responsable de la performance énergétique.

Une centaine d’usines d’ici la fin de 2015

Energiency est actuellement présente dans des dizaines d’usines en France, et en ajoutant une nouvelle usine chaque semaine, elle espère atteindre 100 usines d’ici la fin de 2015. Des objectifs ambitieux certes, mais Legrand dit qu’il s’agit d’une course où il n’y aura qu’un seul vainqueur et pour cela le développement commercial est crucial. En remarquant que certains clients économisent déjà jusqu’à 15 % sur l’eau, le gaz et l’électricité, il met en avant un objectif ambitieux de 20 % d’économies pour les usines qui n’ont pas encore réalisé d’optimisation.

Energiency a bien sûr des concurrents. D’autres sociétés au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Irlande offrent divers niveaux de sophistication dans l’analyse de données énergétiques. Mais Legrand dit que la force d’Energiency est dans ses algorithmes et l’utilisation novatrice qu’elle fait de la technologie portable, et il pense que son entreprise sera bientôt rentable. Il a récemment conclu un accord de développement commercial informel avec la multinationale française de services au public Engie (anciennement GDF Suez) et a l’intention de se développer au niveau mondial.

Legrand a également l’intention de déménager ses bureaux cet automne du préfabriqué actuel vers des locaux permanents et plus grands. Peut-être les poufs poire feront ils également leur apparition ?

À voir sur le Web :
www.sparknews.com/en/video/control-your-energy-consumption-thanks-energiency

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